« Un ac­cord par­fait, ça n’existe pas »

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - É.T.

En pleine jour­née des éner­gies re­nou­ve­lables, le mi­nistre égyp­tien était hier au Bourget pour an­non­cer le pas­sage de l’Afrique à une élec­tri­ci­té propre. A la COP21, il se fait le por­te­pa­role du conti­nent, car son pays pi­lote la confé­rence mi­nis­té­rielle africaine sur l’en­vi­ron­ne­ment. KHA­LED FAH­MY. « En Egypte, le so­laire, l’éolien ou la bio­masse comptent pour moins de 3 % de notre élec­tri­ci­té. Nous pas­se­rons à 20 % en 2022, c’est-à-dire de­main ! A l’échelle de l’Afrique, l’ob­jec­tif est d’at­teindre 22 % de re­nou­ve­lable d’ici à 2030. » Pas langue de bois, Kha­led Fah­my évoque dé­jà les pro­blèmes à ve­nir : « Nous en sommes à la concep­tion, la phase la plus simple. C’est en­suite qu’on en­tre­ra dans le dur. Nous au­rons no­tam­ment be­soin de par­tage de com­pé­tences, un point dé­bat­tu en ce mo­ment ici. » Les né­go­cia­teurs cli­mat s’em­poignent en fait sur les trans­ferts de tech­no­lo­gies de­puis vingt ans. « La ques­tion est : qui paie­ra pour les bre­vets ? C’est fa­cile pour la com­mu­nau­té in­ter­na­tio­nale de ré­pondre : nous n’y pou­vons rien, les bre­vets sont entre les mains de grandes mul­ti­na­tio­nales. Eh bien, créons un fonds spé­cial pour payer ces droits et par­ta­ger les tech­no­lo­gies propres. » En ce qui concerne les né­go­cia­tions de la COP, il af­firme : « Un ac­cord par­fait, ça n’existe pas. Il y au­ra for­cé­ment des mé­con­tents, mais il faut ab­so­lu­ment te­nir compte des émis­sions et des impacts sur chaque pays. » In fine, es­time-t-il, tout est ques­tion de gros sous : « Je ne ren­tre­rai pas dire aux pay­sans égyp­tiens que, dans dix ans, ils per­dront leurs terres à cause des dé­rè­gle­ments, qu’ils n’y sont pour rien mais qu’ils n’au­ront au­cune com­pen­sa­tion. »

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