L’heure de vé­ri­té pour Mi­chel Pla­ti­ni

UEFA.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS -

VOI­LÀ DES SE­MAINES que Mi­chel Pla­ti­ni rêve d’être en­ten­du par un tri­bu­nal « in­dé­pen­dant ». Plus in­dé­pen­dant en tout cas que ne peut l’être à ses yeux le co­mi­té d’éthique de la Fifa. Ce jour est en­fin ar­ri­vé. Comme an­non­cé hier sur Le­pa­ri­sien.fr, le pré­sident de l’UEFA, sus­pen­du de ses fonc­tions de­puis dé­but oc­tobre et sous la me­nace d’u ban­nis­se­ment à vie, se pré­sen­te­ra cet après-mi­di à Lau­sanne (Suisse) de­vant le Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport (TAS), la ju­ri­dic­tion su­prême du sport. En com­pa­gnie de ses avo­cats, il se­ra au­di­tion­né par un trio d’ar­bitres spé­cia­listes du droit du sport. Il s’agit se­lon nos in­for­ma­tions du Por­tu­gais Rui Bo­ti­ca San­tos, du Suisse-Al­le­mand Ul­rich Haas et du Fran­co-Amé­ri­cain Clif­ford J. Hen­del, dé­si­gné pré­sident de cette chambre ar­bi­trale.

En jeu, le main­tien ou l’an­nu­la­tion de la sus­pen­sion de 90 jours (plus 45, « si né­ces­saire ») dé­ci­dée le 8 oc­tobre par la chambre de ju­ge­ment du co­mi­té d’éthique de la Fifa. Avant de tran­cher, les ar­bitres du TAS tâ­che­ront de ré­pondre à trois ques­tions fon­da­men­tales pour l’ave­nir de l’an­cien me­neur de jeu de l’équipe de France.

D’abord, le main­tien de la sus­pen­sion pré­sen­te­rait-il « des dom­mages ir­ré­pa­rables » pour Mi­chel Pla­ti­ni ? La ré­ponse coule de source, du moins pour les dé­fen­seurs du Lor­rain. C’est oui. La sus­pen­sion dont il fait l’ob­jet l’em­pêche en ef­fet de me­ner cam­pagne pour la pré­si­dence de la Fifa jus­qu’au 5 jan­vier alors que l’élec­tion est pro­gram­mée le 26 fé­vrier.

En­suite, les re­proches de man­que­ments au code éthique de la Fifa ayant en­traî­né la sus­pen­sion de Mi­chel Pla­ti­ni étaient-ils fon­dés ? Cet as­pect de la pro­cé­dure pous­se­ra les dé­bats vers les ques­tions cen­trales : quelle est la contre­par­tie du ver­se­ment de 1,8 M€ dé­ci­dé par Sepp Blat­ter au bé­né­fice de Pla­ti­ni en fé­vrier 2011 ? La note de l’UEFA, da­tée de no­vembre 1998, dans la­quelle est évo­quée la ru­meur d’un sa­laire an­nuel de 1 mil­lion de francs suisses pour le tra­vail du Fran­çais en tant que conseiller de Blat­ter, ne se­ra pas exa­mi­née au­jourd’hui. Elle pour­rait pour­tant in­duire un doute fa­vo­rable à Pla­ti­ni dans l’es­prit des ar­bitres.

En­fin, dans quel sens « la ba­lance des in­té­rêts » penche-t-elle ? Pour ré­su­mer : le be­soin de Mi­chel Pla­ti­ni de voir cette sus­pen­sion le­vée est-il plus fort que le be­soin de la Fifa de voir cette sus­pen­sion main­te­nue ?

Si le trio ar­bi­tral se po­si­tionne sur ces trois points en fa­veur de Pla­ti­ni, sa sus­pen­sion de 90 jours se­ra alors im­mé­dia­te­ment le­vée. A l’in­verse, si l’un des points fait obs­tacle, elle se­ra main­te­nue.

La dé­ci­sion du TAS se­ra an­non­cée entre de­main et ven­dre­di, au plus tard. Si elle est po­si­tive pour l’ex-no 10 des Bleus, il re­de­vien­dra im­mé­dia­te­ment pré­sident de l’UEFA de plein droit, au moins pour quelques jours. Sym­bo­li­que­ment, il pour­rait alors as­sis­ter à ce titre au ti­rage au sort de l’Eu­ro 2016, sa­me­di à Pa­ris, dans le cos­tume d’un homme « blan­chi » par la jus­tice. En at­ten­dant en­suite une nou­velle dé­ci­sion de la chambre de ju­ge­ment de la Fifa, pré­vue avant Noël.

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