Danse avec les ef­fets spé­ciaux

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Ch­ris Marques, ju­ré de « Danse avec les stars » HÉ­LÈNE BRY (AVEC A.R.)

C’EST EN SE BA­LA­DANT dans les rues de New York que Ch­ris Marques, ju­ré mais aus­si di­rec­teur ar­tis­tique de « Danse avec les stars », a eu sa ré­vé­la­tion. « Un jour, j’ai vu un homme qui des­si­nait à la craie un faux re­lief sur les trot­toirs. J’ai tout de suite ap­pe­lé Fré­dé­ric Pe­dra­za (NDLR : di­rec­teur des di­ver­tis­se­ments de TF 1) et on s’est dit qu’au lieu de pro­je­ter des images plates sur la piste on al­lait pro­je­ter des faux re­liefs, avec une im­pres­sion de pro­fon­deur, de ver­tige, comme une cre­vasse. » Comme si le pla­teau se dé­ro­bait sous les pas des dan­seurs. L’idée, ex­plique le dan­seur à la ba­nane, est de « prendre les té­lé­spec­ta­teurs par sur­prise », de les bluf­fer avec des illu­sions d’op­tique.

A la ma­noeuvre de l’im­pres­sion­nante ma­chi­ne­rie in­for­ma­tique dé­ployée pour ob­te­nir des dé­cors plus vrais que na­ture, Ju­lian Gu­tier­rez, 30 ans, au­to­di­dacte en ef­fets vi­déo et tru­quiste de l’émis­sion. « Avant chaque soi­rée, je pro­gramme les ef­fets vi­suels pour que tout soit par­fai­te­ment d’équerre, ex­plique le jeune homme, ins­tal­lé dans le car ré­gie, sa­me­di der­nier, alors que les ré­pé­ti­tions pour l’émis­sion du soir vont bon train. J’uti­lise les élé­ments gra­phiques que l’équipe ar­tis­tique me four­nit et fais en sorte qu’ils de­vien- nent, grâce à des lignes de codes informatiques, des dé­cors à l’écran pen­dant le di­rect. »

La tech­nique met en oeuvre trois pro­jec­teurs ul­tra­puis­sants qui su­per­posent sur la piste des images de syn­thèse de fa­çon tel­le­ment pré­cise que tout le monde n’y voit que du feu à l’écran. Grâce à des images pré­en­re­gis­trées, les dan­seurs semblent évo­luer dans un uni­vers com­plè­te­ment réel, mais fa­bri­qué de toutes pièces, avant de sor­tir et as­su­rer sans tran­si­tion leur per­for­mance dans le dé­cor cette fois-ci bien réel du pla­teau. « Là, par exemple, je su­per­pose un flip­per géant sur la piste, avec la boule qui part au bon mo­ment, au-des­sus du vrai dé­cor du pla­teau », ex­plique Ju­lian. Ch­ris Marques pour­suit : « On se de­mande : y a-t-il un dé­cor qui pour­rait mettre en scène la per­for­mance dans un uni­vers plus fort ? Ce dé­cor peut-il être créé en réel, en 3D, en réa­li­té aug­men­tée ? »

Concrè­te­ment, ça donne quoi ? Marques prend l’exemple de Brian Jou­bert et Ka­tri­na Pat­chett dans une sé­quence sur Stro­mae l’an der­nier, avec une scène de mé­nage dans un couple. « On a créé un vrai élé­ment de dé­cor : un pe­tit ap­par­te­ment où a lieu l’en­gueu­lade. Tout d’un coup, la sé­quence passe en freeze to­tal : tout le monde s’im­mo­bi­lise, comme pé­tri­fié. Un mé­lange d’images de syn­thèse est ra­jou­té, no­tam­ment une as­siette bri­sée en plein vol. On a l’im- pres­sion qu’elle est réelle, mais pas du tout : c’est une as­siette qu’on a créée en 3D. Il y avait aus­si des fleurs qui vi­re­vol­taient par­tout. Cer­taines étaient réelles, d’autres vir­tuelles. Le mé­lange de réel et de faux contri­bue à l’ef­fet d’illu­sion. Et tout de suite après cette scène, le dé­cor s’ouvre et on est sur le pla­teau de Danse avec les stars. » Fier­té ul­time pour le roi de l’illu­sion, les Amé­ri­cains, bluf­fés par cette sé­quence, les ont pres­sé de ques­tions pour sa­voir com­ment ils ont fait ce coup-là…

« Le mé­lange de réel et de faux contri­bue

à l’illu­sion »

Ce ta­bleau de « Danse avec les stars » de l’an der­nier mêle ob­jets vir­tuels et réels. En ré­gie, Ju­lian Gu­tier­rez donne vie aux idées de l’équipe ar­tis­tique grâce à des codes informatiques.

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