« Les pos­si­bi­li­tés semblent in­fi­nies »

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Pro­pos recueillis par A.R.

BEN­JA­MIN VINCENT a fon­dé et di­rige Ouatch TV, chaîne dé­diée au high-tech. Com­ment ju­gez-vous l’usage de plus en plus in­ten­sif du nu­mé­rique dans les pro­duc­tions té­lé­vi­sées ? BEN­JA­MIN VINCENT. C’est une vraie ré­vo­lu­tion. Le nu­mé­rique per­met de faire des choses ex­tra­or­di­naires et in­ima­gi­nables il y a seule­ment cinq ans. Ce que par­vient à faire la production de « Danse avec les stars », par exemple, avec des dé­cors vir­tuels pro­je­tés en 3D, est très im­pres­sion­nant ! Ce­la reste-t-il ré­ser­vé à de grosses pro­duc­tions ? Pas du tout, car le plus si­dé­rant dans cette ten­dance est la vi­tesse à la­quelle les tech­niques évo­luent en deve- nant de plus en plus abordables. On peut par exemple tour­ner une émis­sion dans un stu­dio pas plus grand qu’un pla­card à ba­lais et don­ner l’illu­sion, à l’an­tenne, d’être sur un pla­teau de la taille d’un ter­rain de football. C’est de la ma­gie, et les pos­si­bi­li­tés semblent in­fi­nies dans l’ave­nir. Ne risque-t-on pas de fri­ser l’over­dose d’ef­fets spé­ciaux ? Il faut faire at­ten­tion à ne pas tom­ber dans le piège de la tech­nique pour la tech­nique en ou­bliant l’es­sen­tiel, c’est-à-dire ra­con­ter des his­toires, faire de l’in­fo ou don­ner des émo­tions aux té­lé­spec­ta­teurs. Je me sou­viens de la pre­mière émis­sion en 3D dif­fu­sée à la té­lé­vi­sion. Cer­tains ma­ga­zines avaient dis­tri­bué des lu­net- tes spé­ciales car­ton­nées et on s’était re­trou­vés de­vant un do­cu­men­taire sur les di­no­saures. Il était très mau­vais en termes de conte­nu et seul son cô­té 3D lui don­nait un sem­blant d’in­té­rêt. Quelles sont les tech­no­lo­gies qui fe­ront mouche à l’ave­nir ? Je crois beau­coup à la com­plé­men­ta­ri­té entre té­lé­vi­sion et écrans de ta­blette ou de smart­phone. Elle per­met de don­ner le pou­voir au té­lé­spec­ta­teur, de lui of­frir des angles de vue dif­fé­rents. Ce dont il est très de­man­deur s’il a le sen­ti­ment d’avoir le pou­voir de choi­sir ce qu’il re­garde quand et si ce­la lui chante. Ce­la marche très bien quand on pro­pose, en dé­ca­lé, des images sur les cou­lisses et les à-cô­tés d’une émis­sion.

(DR.)

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