Du fret op­ti­mi­sé pour des dé­mé­na­ge­ments à prix cas­sés

Le Parisien (Paris) - - PARIS - JU­LIEN DUFFÉ

A L’HEURE où le co­voi­tu­rage ex­plo­sait en France, elle a in­ven­té le co­trans­por­tage. Fon­da­trice de la start-up Fret­bay, qui vient de mi­grer de Cré­teil (Val-de-Marne) à Pa­ris (XIIe), Aree­ba Reh­man a ré­vo­lu­tion­né le sec­teur un brin ron­ron­nant du dé­mé­na­ge­ment et du fret. Par­tant du constat que 25 % des ca­mions roulent à vide chaque jour en France et 50 % sont à moi­tié pleins, elle a eu l’idée de mettre en re­la­tion trans­por­teurs et clients via une plate-forme In­ter­net. Et du coup de pro­po­ser des dé­mé­na­ge­ments à prix cas­sés : jus­qu’à 75 % moins cher que ceux que pro­posent les grands noms du sec­teur.

Com­ment est-ce pos­sible ? « C’est sim­ple­ment l’op­ti­mi­sa­tion qui per­met ça, ex­plique la jeune femme de 35 ans, mul­ti­ré­com­pen­sée pour son concept in­édit. Quand un trans­por­teur fait un Pa­ris-Mar­seille, jus­qu’ici il ren­trait à vide. Mais nous, on est au cou­rant de ce vide et aus­si du be­soin d’un par­ti­cu­lier qui veut dé­mé­na­ger sur Pa­ris. On pro­pose la course au trans­por­teur qui, à 99 % ac­cepte car il s’y re­trouve fi­nan­ciè­re­ment.On est un peu l’Uber du dé­mé­na­ge­ment et du trans­port. » Presque huit ans après s’être lan­cée, sa pe­tite en­tre­prise em­ploie 17 per­sonnes, compte 500 000 uti­li­sa­teurs et col­la­bore avec 8 000 trans­por­teurs qui ont dé­jà par­cou­ru 150 mil­lions de km et per­mis d’évi­ter l’émis­sion de 3 mil­lions de ton- nes de CO2. Une belle aven­ture née d’un… Dé­mé­na­ge­ment com­pli­qué. En 2006, Aree­ba Reh­man est une jeune prof d’an­glais qui s’ap­prête à quit­ter Mon­tar­gis (Loi­ret) pour l’Ile-de-France. « J’ai alors vou­lu vendre mes ob­jets vo­lu­mi- neux sur Ebay. Mais pour les li­vrer, ce n’était vrai­ment pas simple et j’ai dû sou­vent re­non­cer » ra­conte-t-elle. L’idée de Fret­bay a alors ger­mé. Il lui a fal­lu ren­con­trer un à un des trans­por­teurs très ré­ti­cents. « J’ai ba­taillé pour les convaincre que je créais un ou­til pour eux mis à dis­po­si­tion gra­tui­te­ment puis­qu’ils versent une com­mis­sion une fois le de­vis concré­ti­sé, dé­taille-t-elle. Au­jourd’hui, je re­çois des mails de re­mer­cie­ment ». Les par­ti­cu­liers, eux, de­mandent des de­vis gra­tui­te­ment et choi­sissent leur trans­por­teur en fonc­tion de son prix ou de sa note at­tri­buée par les pré­cé­dents uti­li­sa­teurs. Leur taux de sa­tis­fac­tion flirte avec les 95 %.

Au­jourd’hui, Fret­bay voit loin. Im­plan­tée en Espagne, en Al­le­mangne, au Be­ne­lux, la so­cié­té opère dans toute l’Eu­rope pour trans­por­ter des car­tons mais aus­si des che­vaux, des ba­teaux, des mo­tos… Et veut au­jourd’hui sé­duire les e-com­mer­çants. De quoi don­ner des ailes à sa pa­tronne. « On veut que Fret­bay de­vienne le ré­flexe de tous les Fran­çais » ex­plique-t-elle.

(LP/Fré­dé­ric Du­git.)

Ins­tal­lée de­puis peu à Pa­ris (XIIe), Fret­bay met en re­la­tion les can­di­dats au dé­mé­na­ge­ment et les trans­por­teurs dis­po­nibles qui roulent à vide ou à moi­tié plein. En huit ans, 500 000 clients et 8 000 pro­fes­sion­nels ont été sé­duits.

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