L’en­tê­té Masseret em­bar­rasse Valls

Pres­sé par le Pre­mier mi­nistre de se re­ti­rer pour faire bar­rage au FN, le chef de file du PS dans le Grand Est a quand même main­te­nu sa liste.

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - ÉRIC HACQUEMAND ET PAU­LINE THE­VE­NIAUD

LE CONTACT a été éta­bli mais il n’a fi­na­le­ment pas ser­vi à grand-chose. Hier ma­tin, le Pre­mier mi­nistre Ma­nuel Valls et Jean-Pierre Masseret se sont (en­fin) par­lé au té­lé­phone. En vain : la tête de liste PS en Al­sace - Lor­raine - Cham­pagne-Ar­denne a dé­ci­dé de main­te­nir sa can­di­da­ture quel que soit le prix à payer.

La ré­gion Grand Est, si sym­bo­lique avec la pré­sence à Stras­bourg du Par­le­ment eu­ro­péen, est of­ferte sur un pla­teau à Florian Philippot. Hier, le can­di­dat FN, qui avait vi­ré en tête lors du 1er tour (36 %), ne ca­chait pas sa sa­tis­fac­tion en sa­luant « le cou­rage » de Masseret (16,1 %). Voi­là le Pre­mier mi­nistre bien em­bê­té, qui a fait du com­bat contre le FN sa prio­ri­té. « Il y a de l’in­com­pré­hen­sion, car fa­vo­ri­ser l’ac­cès aux res­pon­sa­bi­li­tés de l’ex­trême droite, c’est plus grave que de ne pas avoir de re­pré­sen­tants », es­time son en­tou­rage.

Tout a été ten­té pour faire cra­quer le ba­ron lor­rain

En Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur et Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die, les so­cia­listes ont ac­cep­té dans la dou­leur « le coût du sa­cri­fice » en s’ef­fa­çant au pro­fit des can­di­dats LR. Masseret, lui, brouille le mes­sage du « bar­rage ré­pu­bli­cain » vou­lu par Hol­lande et Valls. Si di­manche le FN conquiert deux, voire trois ré­gions, il se­ra dif­fi­cile de bot­ter en touche et de ren­voyer toute la faute à Ni­co­las Sar­ko­zy et à son « ni re­trait ni fu­sion »…

L’au­to­ri­té du pré­sident et celle de son Pre­mier mi­nistre sont, de sur­croît, mises en cause. Hier, tout a été pour­tant ten­té pour faire cra­quer le ba­ron lor­rain. Ob­jec­tif : ob­te­nir le dé­sis­te­ment d’une ma­jo­ri­té des 189 co­lis­tiers de Masseret, ce qui au­rait abou­ti à l’in­va­li­da­tion de la liste. Des for­mu­laires types de dé­mis­sion sont donc im­pri­més en ur­gence Rue de Sol­fé­ri­no, le siège du PS, où une pe­tite équipe au­tour de Ch­ris­tophe Bor­gel, le Mon­sieur Elec­tions, or­ga­nise le si­phon­nage au té­lé­phone.

Mais une grosse par­tie de la Mo­selle, le fief de Masseret, ré­siste. Au fi­nal, seule­ment 71 can­di­da­tures PS ont été in­va­li­dées par la pré­fec­ture vers 19 heures, le tout sous l’oeil d’un huis­sier man­da­té par… le FN. « Nous sommes de­bout », fan­fa­ronne Masseret qui di­rige dé­sor­mais une liste de can­di­dats… mal­gré eux ! Et qui ne bé­né­fi­cie plus de l’in­ves­ti­ture du PS.

Lo­ca­le­ment, c’est la conster­na­tion et la co­lère. « Il a dé­ci­dé, de­puis di­manche soir, que la ré­gion pas­se­rait à l’ex­trême droite », s’in­surge Per­nelle Ri­char­dot, la chef de file du PS dans le Bas-Rhin. « Il n’a rien à voir avec un quel­conque héros ou ré­sis­tant, c’est une honte », ren­ché­rit la dé­pu­tée de Mo­selle Au­ré­lie Fi­lip­pet­ti. Reste à sa­voir dé­sor­mais si, en l’ex­cluant de ses rangs, le PS dé­cide d’en faire… un mar­tyr. @eri­chac­que­mand

@Pau­li­ne_Th

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