L’an­cien re­prend de la vi­gueur

2015 s’an­nonce comme un bon mil­lé­sime. En douze mois, à fin sep­tembre, les ventes dans l’an­cien ont pro­gres­sé de 4 %.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - BÉRANGÈRE LEPETIT

LE MAR­CHÉ de l’im­mo­bi­lier com­mence à re­trou­ver le sou­rire. Dans l’an­cien, 2015 s’an­nonce comme une an­née plu­tôt bonne se­lon les No­taires de France qui ont pré­sen­té leur bi­lan hier. En douze mois, à fin sep­tembre, 753 000 tran­sac­tions ont été en­re­gis­trées, soit une hausse de 4 %. nDu mieux en Ile-de-France. En­fin une bonne nou­velle. Mais il ne s’agit que d’un « fré­mis­se­ment », aver­tissent les No­taires de France. De­puis avril, le mar­ché de l’im­mo­bi­lier an­cien re­part en Ile-de-France. Au 3e tri­mestre à Pa­ris, les ventes ont même connu une aug­men­ta­tion de 22 % par rap­port à la même pé­riode en 2014. Phé­no­mène si­mi­laire en pe­tite cou­ronne avec les ventes d’ap­par­te­ments dans les Hauts-de-Seine (+ 33 % par rap­port à 2014) et le Valde-Marne (+ 28 %). « C’est psy­cho­lo­gique, la fin de l’at­ten­tisme. Les gens se disent qu’il faut y al­ler ! » ana­lyse Thier­ry De­le­salle, no­taire à Pa­ris. Le re­bond s’ex­plique par une lé­gère aug­men­ta­tion des taux d’in­té­rêt au prin­temps mais aus­si, de­puis l’été, par l’ar­ri­vée sur le mar­ché pa­ri­sien de clients de la zone dol­lar, sou­hai­tant pro­fi­ter de l’eu­ro faible. Der­nier re­cord en date : l’été der­nier, un ap­par­te­ment de 196 m2 s’est ven­du dans le VIIe ar­ron­dis­se­ment de Pa­ris, près du mé­tro rue du Bac… à 30 000 € le mètre car­ré. n Les ga­gnantes : Bor­deaux, Lyon, Lille, Nice. La crise de l’im­mo­bi­lier ? Elles ne connaissent pas. Des villes de plus de 150 000 ha­bi­tants ont vu les prix des ap­par­te­ments an­ciens grim­per d’au moins 20 % de­puis 2005. Il s’agit de Bor­deaux, qui a connu une grande vague de tra­vaux de­puis l’ar­ri­vée de son tram­way en 2004 (+ 57 %), mais aus­si Lyon (+ 42 %), Lille (+ 36 %) et en­core Nice (+ 31 %). « Elles ont vé­cu la crise à contre-cou­rant et at­tirent de jeunes ac­qué­reurs », dé­crypte Thier­ry Tho­mas, pré­sident de l’Ins­ti­tut no­ta­rial de droit im­mo­bi­lier. nLes per­dantes : Saint-Etienne, Di­jon, Tou­lon. Cer­taines su­bissent de plein fouet la crise de l’im­mo­bi­lier et ne s’en re­lèvent pas. Il s’agit de villes moyennes comme SaintE­tienne (- 10,4 % du mètre car­ré dans l’an­cien de­puis 2014) qui pâ­tit de la proxi­mi­té de Lyon, Tou­lon (- 7 %) et Di­jon (- 7,2 %) où la si­tua­tion est ju­gée « très in­quié­tante » par les No­taires de France. Ces villes payent les pots cas­sés d’une po­li­tique consis­tant à « ur­ba­ni­ser de fa­çon mas­sive les grandes villes dy­na­miques de pro­vin­ceet à lais­ser de cô­té le reste du ter­ri­toire », es­timent-ils. nDes « zones ou­bliées » dans les cam­pagnes. La Nièvre est l’un des dé­par­te­ments qui at­tirent le plus d’ac­qué­reurs âgés de 60 ans et plus. « Ça cache un phé­no­mène : le dé­part des jeunes. Seuls les an­ciens pro­prié­taires d’ex­ploi­ta­tions agri­coles dé­cident de res­ter », dé­plore Thier­ry Tho­mas. A Ne­vers, la pré­fec­ture, le prix mé­dian du mètre car­ré est à 800 € quand à Pa­ris, il fran­chis­sait à nou­veau les 8 000 € cette an­née.

(Pho­toPQR/«Sud Ouest »/Sté­phane Lar­tigue.)

Bor­deaux (Gi­ronde). Les prix des ap­par­te­ments an­ciens ont aug­men­té de 57 % de­puis 2005.

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