Bouygues et TF 1, le mec­ca­no d’Orange ?

Le groupe Bouygues pour­rait vendre sa branche té­lé­coms et TF 1 au groupe Orange. Non confir­mée, cette ces­sion obli­ge­rait la chaîne à re­mettre en jeu son au­to­ri­sa­tion de dif­fu­sion.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - BO­RIS CAS­SEL ER­WAN BE­NE­ZET

BIS RE­PE­TI­TA. Les pro­jets de vente d’une par­tie du groupe Bouygues ont de nou­veau fait l’ob­jet hier de nom­breuses af­fir­ma­tions, sup­pu­ta­tions et dé­men­tis. Moins de six mois après la ten­ta­tive de ra­chat par le groupe Al­tice (Nu­me­ri­cable-SFR), c’est, cette fois-ci, Orange qui sou­hai­te­rait s’of­frir l’opé­ra­teur de té­lé­pho­nie Bouygues Té­lé­com. Grosse sur­prise, Orange pren­drait aus­si, au pas­sage, le contrôle de la chaîne de té­lé­vi­sion TF 1. C’est, en tout cas, ce qu’a af­fir­mé hier l’agence de presse Bloom­berg.

Si l’ac­cord se concré­ti­sait, Bouygues gar­de­rait une pré­sence (par­ti­ci­pa­tion mi­no­ri­taire) dans les ac­ti­vi­tés cé­dées. Une in­for­ma­tion non confir­mée hier par les deux pro­ta­go­nistes. Alors qu’Orange se re­fu­sait à « com­men­ter des ru­meurs de presse », Bouygues as­su­rait n’avoir « au­cun pro­jet de sor­tie des sec­teurs des té­lé­coms et de la té­lé­vi­sion ». Sans se pro­non­cer of­fi­ciel­le­ment sur une ces­sion par­tielle de ces ac­ti­vi­tés… Alors, qui croire ? « Il y a dix­huit mois, une ru­meur di­sait dé­jà Orange in­té­res­sé par Bouygues Té­lé­com. Et le dos­sier avait été re­fer­mé, car ju­gé trop coû­teux », rap­pelle une source proche des deux opé­ra­teurs. Autre dif­fi­cul­té, « il y au­rait de très lourds obs­tacles à sur­mon­ter en termes de droit de la concur­rence », nuance un bon connais­seur du dos­sier qui, du coup, « n’y croit pas ».

Un opé­ra­teur de trop

Il n’em­pêche. La si­tua­tion du sec­teur est connue. La France compte quatre opé­ra­teurs té­lé­pho­niques (Free, SFR, Bouygues et Orange). Soit, aux yeux des spé­cia­listes, un de trop ! L’heure est donc aux rap­pro­che­ments. Et c’est Bouygues Té­lé­com, le plus pe­tit d’entre eux, qui fait fi­gure de proie la plus fa­cile. Reste l’éton­nante pré­sence du groupe TF 1 au coeur de ces dis­cus­sions pré­li­mi­naires qu’au­rait en­ta­mées Orange pour ra­che­ter les ac­ti­vi­tés té­lé­coms et mé­dias de Bouygues. Là en­core, pour Orange, le choix ne se­rait pas sans risque. En ef­fet, en France, pour pou­voir dif­fu­ser, les pro­prié­taires de chaîne de té­lé­vi­sion doivent pas­ser une « conven­tion » — sorte de contrat — avec l’or­ga­nisme de sur­veillance, le CSA. « Une prise de contrôle par un autre groupe im­pli­que­rait pour TF 1 une re­né­go­cia­tion de la conven­tion, avec la mise en place d’une étude d’im­pact », in­dique-t-on au CSA. Des dé­marches ad­mi­nis­tra­tives qui pour­raient prendre des mois. Avec le risque — hy­po­thé­tique, il est vrai — de ne pas voir re­nou­ve­lé le droit de TF 1 à dif­fu­ser…

nBouygues

Té­lé­com ré­cla­me­rait 2 Mds€ de dé­dom­ma­ge­ment à l’Etat, se­lon le jour­nal « les Echos », pour le pré­ju­dice qu’elle as­sure avoir su­bi lors de l’au­to­ri­sa­tion don­née en 2012 à Free (Iliad) d’uti­li­ser les in­fra­struc­tures d’Orange pour lan­cer son ré­seau té­lé­pho­nique. + 1%! C’est l’aug­men­ta­tion moyenne des prix des mé­di­ca­ments ven­dus sans or­don­nance en un an. Et + 4 % en cinq ans. De­puis 2010, l’as­so­cia­tion de consom­ma­teurs Fa­milles ru­rales pu­blie chaque an­née son ob­ser­va­toire des prix des mé­di­ca­ments, qui me­sure l’évo­lu­tion des prix dans les phar­ma­cies et sur In­ter­net. « Le plus pré­oc­cu­pant, ce sont les écarts de prix consta­tés entre les of­fi­cines », constate Do­mi­nique Mar­mier, pré­sident de Fa­milles ru­rales. Des écarts de 1 à 4 ont été en ef­fet ré­gu­liè­re­ment consta­tés. Et même, dans quelques cas, de 1 à 8 !

« Ce­la peut s’ex­pli­quer sur des mé­di­ca­ments bien par­ti­cu­liers, ana­lyse Do­mi­nique Mar­mier. Quand ils ne sont pas en stock, il faut les com­man­der et les ache­mi­ner. Or, dans des zones ru­rales, les coûts du trans­port peuvent faire ex­plo­ser les prix. » Autre consta­ta­tion : les mé­di­ca­ments pla­cés en ac­cès libre connaissent en gé­né­ral une hausse des prix plus mo­dé­rée. « Un dé­cret de 2008 a, en ef­fet, per­mis la com­mer­cia­li­sa­tion de cer­tains mé­di­ca­ments en ac­cès libre, re­prend Do­mi­nique Mar­mier. L’ache­teur choi­sit di­rec­te­ment. D’autres sont der­rière le comp­toir et d’autres en­core ne sont pas vi­sibles. Mais, glo­ba­le­ment, le consom­ma­teur a pu en bé­né­fi­cier puisque ces mé­di­ca­ments sont glo­ba­le­ment moins chers que les autres. »

In­ter­net pas plus in­té­res­sant

Autre point qui a aus­si per­mis de jouer sur les prix : les grou­pe­ments d’achat. 75 % des phar­ma­cies sont en ef­fet do­ré­na­vant grou­pées pour com­man­der. En jouant sur les vo­lumes, elles peuvent ain­si né­go­cier à la baisse. En­fin, der­nier élé­ment : In­ter­net. Si les re­le­vés sur quelque 53 sites agréés laissent mi­roi­ter des prix glo­ba­le­ment in­fé­rieurs aux of­fi­cines, l’ajout des frais de port ne les rend pas plus in­té­res­sants au fi­nal. D’au­tant que le Web ne rem­pla­ce­ra ja­mais les conseils d’un phar­ma­cien.

(LP/Oli­vier Boi­tet.)

Bouygues a as­su­ré hier n’avoir « au­cun pro­jet de sor­tie des sec­teurs des té­lé­coms et de la té­lé­vi­sion ».

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