Com­ment l’école fait face à la ra­di­ca­li­sa­tion

857 cas de sus­pi­cion de dé­rive re­li­gieuse ont été re­cen­sés de­puis un an par l’Edu­ca­tion na­tio­nale.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - Mi­nis­tère de l’Edu­ca­tion na­tio­nale CH­RIS­TEL BRIGAUDEAU

MÊME RAP­POR­TÉ aux 6 mil­lions d’élèves de l’en­sei­gne­ment se­con­daire, le chiffre in­ter­pelle : 857 sus­pi­cions de ra­di­ca­li­sa­tion de col­lé­giens ou ly­céens ont été re­cen­sées de­puis un an par l’Edu­ca­tion na­tio­nale et trans­mises aux mis­sions spé­cia­li­sées des pré­fec­tures. Alors que les moins de 21 ans re­pré­sentent au­jourd’hui 7 000 cas trans­mis au nu­mé­ro vert Stop dji­ha­disme, se­lon les chiffres de la Mi­vi­ludes (la mis­sion de lutte contre les dé­rives sec­taires), les salles de classe semblent en pre­mière ligne dans la dé­tec­tion des jeunes à la dé­rive, hap­pés par la pro­pa­gande mas­sive dif­fu­sée par Daech sur les ré­seaux so­ciaux.

La son­nette d’alarme a été ti­rée sur le su­jet avant les at­ten­tats de jan­vier, même si « les ré­ac­tions de cer­tains élèves au su­jet de Char­lie Heb­do ont per­mis d’ou­vrir les yeux sur le fos­sé creu­sé entre une par­tie de la jeunesse et une autre par­tie de la so­cié­té, et ont pro­vo­qué une prise de conscience », ob­serve Serge Blis­ko, le pré­sident de la Mi­vi­ludes. A l’Edu­ca­tion na­tio­nale, le pre­mier plan de pré­ven­tion de la ra­di­ca­li­sa­tion date d’avril 2014. Le dé­compte des cas in­quié­tants a été ins­tau­ré dans la fou­lée, en no­vembre.

Tous les en­sei­gnants, conseillers d’édu­ca­tion et chefs d’éta­blis­se­ment sont in­ci­tés à faire part à leur hié­rar­chie, dans les rec­to­rats, des in­dices lais­sant craindre une dé­rive ji­ha­diste d’un élève, comme ils le font dé­jà de­puis long­temps dans d’autres do­maines, en si­gna­lant les cas de vio­lences, de har­cè­le­ment ou de ra­cket par exemple. Il peut s’agir de « dis­cours de re­jet de la so­cié­té oc­ci­den­tale », d’un sou­dain re­pli sur soi ou d’une rup­ture avec les amis, l’école et la famille, pré­cise un li­vret ex­pli­ca­tif trans­mis aux éta­blis­se­ments.

« Les don­nées qui nous re­montent sont ano­ny­mi­sées, nous n’avons pas de fi­chier no­mi­na­tif, pré­cise-t-on Rue de Gre­nelle. Il ne s’agit pas de dé­la­tion, et les en­sei­gnants l’ont com­pris : en si­gna- lant ces si­tua­tions, ils sont dans leur rôle de pro­tec­tion de l’en­fance. Les jeunes qui se ra­di­ca­lisent sont sous em­prise, et en dan­ger. » Les ins­pec­teurs d’aca­dé­mie, quand ils sont sai­sis d’un cas pré­oc­cu­pant, « en font part aux cel­lules spé­cia­li­sées de la pré­fec­ture, en lien avec le mi­nis­tère de l’In­té­rieur, pour un éven­tuel sui­vi », pour­suit-on au mi­nis­tère.

De­puis un an se dé­ve­loppent des for­ma­tions des cadres de l’Edu­ca­tion na­tio­nale cen­sées les ai­der à dé­tec­ter les signes in­quié­tants. « Il ne faut pas se trom­per : les dis­cours ta­pa­geurs de cer­tains ados sur la re­li­gion ne veulent pas dire grand-chose, ob­serve ce pro­vi­seur de ly­cée. Ce sont sur­tout les mo­di­fi­ca­tions bru­tales de com­por­te­ment qui doivent in­quié­ter. » Pour Serge Blis­ko, il faut por­ter at­ten­tion « à l’ef­fon­dre­ment bru­tal des notes, à l’ab­sen­téisme et au re­fus sou­dain de faire du sport, d’écou­ter de la mu­sique, de fré­quen­ter des ca­ma­rades du sexe op­po­sé. La ra­di­ca­li­sa­tion n’est pas une ré­volte, c’est une sorte de dé­pres­sion, ci­vique et sco­laire. » Pour les dé­çus qui n’ont pu se pro­cu­rer leur ca­len­drier de l’avent en rup­ture de stock moins de dix jours après sa mise en vente, le site Une­pe­ti­te­mousse.fr a ain­si conçu… le ca­len­drier de l’après (69,90 €) ! Le concept est simple : les cases, avec une bière à l’in­té­rieur, s’ouvrent du 1er au 24 jan­vier. « C’est en­core la fête après les fêtes », s’en­thou­siasme-t-on dans l’en­tre­prise. « Face à la de­mande pour son pre­mier ca­len­drier de l’avent, la marque a dé­ci­dé de dou­bler le nombre de ca­len­driers de l’après, re­prend-elle. C’est aus­si le ca­deau par­fait à of­frir le 25 dé­cembre pour un père ou un

« Nous n’avons pas de fi­chier no­mi­na­tif. Il ne s’agit pas de dé­la­tion »

nUN AP­PEL À TROIS CENTS VO­LON­TAIRES pour tes­ter un vac­cin contre Ebo­la est lan­cé dans sept hô­pi­taux en France par l’Ins­ti­tut na­tio­nal de la san­té et de la re­cherche mé­di­cale (In­serm). La moi­tié re­ce­vra un pla­ce­bo, l’autre deux vac­cins tes­tés en Angleterre de­puis cet été et qui ont mon­tré leur in­no­cui­té. Un nu­mé­ro vert (0800.156.156) et le site nLA SO­CIÉ­TÉ PÉ­TRO­LIÈRE AMÉ­RI­CAINE SCHUEP­BACH,

(DR.)

La marque Lut­ti mise à son tour sur le ca­len­drier de l’après.

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