Le der­nier ka­mi­kaze du Ba­ta­clan a été iden­ti­fié

Les en­quê­teurs ont mis un nom sur le troi­sième ter­ro­riste qui a se­mé la mort dans la salle de spec­tacle. Ori­gi­naire de Stras­bourg, il fai­sait par­tie d’un groupe de jeunes par­tis en Syrie fin 2013.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - ÉRIC PEL­LE­TIER ET STÉ­PHANE SEL­LA­MI

LE TROI­SIÈME ka­mi­kaze du Ba­ta­clan a été iden­ti­fié. Se­lon des sources concor­dantes, il s’agit d’un jeune ji­ha­diste ori­gi­naire de Stras­bourg (Bas-Rhin), de re­tour de Syrie. Des in­ves­ti­ga­tions de po­lice tech­nique et scien­ti­fique, cou­plées aux té­moi­gnages de proches, ont per­mis cette ac­cé­lé­ra­tion de l’en­quête à la fin de la se­maine der­nière. Mais l’in­for­ma­tion était res­tée confi­den­tielle jus­qu’à pré­sent.

Les en­quê­teurs connaissent dé­sor­mais le nom du trio qui a mi­traillé à coups de ka­lach­ni­kov la foule réunie pour un concert du groupe Eagles of Death Me­tal, le ven­dre­di 13 no­vembre, à par­tir de 21 h 40, fai­sant 90 morts et des di­zaines de bles­sés. Les as­saillants, agis­sant au nom de Daech, ont tous été tués par des tirs po­li­ciers ou par le souffle de l’explosion de leur gi­let rem­pli de bou­lons. Leurs corps, dé­mem­brés, étaient dif­fi­ci­le­ment re­con­nais­sables.

Ils se di­saient en va­cances

Le pre­mier ter­ro­riste, Is­maël Omar Mos­te­faï, 29 ans, fi­ché dès 2010 pour ra­di­ca­li­sa­tion, a été iden­ti­fié grâce à ses em­preintes di­gi­tales re­le­vées sur un doigt sec­tion­né. Le Fi­chier na­tio­nal des em­preintes di­gi­tales a ra­pi­de­ment per­mis de le confir­mer : ori­gi­naire de l’Es­sonne, il était fi­ché pour de mul­tiples faits de dé­lin­quance. Le deuxième, Sa­my Ami­mour, un Fran­çais de 28 ans, a été re­con­nu par un spé­cia­liste du ren­sei­gne­ment grâce à la pho­to de son vi­sage. Ses em­preintes di­gi­tales ont, là en­core, prou­vé qu’il s’agis­sait bien de l’homme dé- cé­dé. Ami­mour, un jeune de Dran­cy (Seine-Saint-De­nis), avait un temps en­vi­sa­gé de re­joindre l’Af­gha­nis­tan, puis le Yé­men, mais sans y par­ve­nir. In­ter­pel­lé et mis en exa­men à la fin de l’an­née 2012, il avait été lais­sé en li­ber­té. Il s’était en­suite sous­trait à son contrôle ju­di­ciaire, ga­gnant la Tur­quie en sep­tembre 2013, puis la Syrie.

Il au­ra fal­lu at­tendre plus long­temps avant de mettre un nom sur le troi­sième ter­ro­riste membre de l’équipe du Ba­ta­clan. Ce jeune homme est donc ori­gi­naire de l’Est de la France. Lui aus­si a fait le voyage vers les terres de ji­had en Syrie. Se­lon nos in­for­ma­tions, il fai­sait par­tie d’un groupe d’une di­zaine de jeunes gens ra­di­ca­li­sés ayant pour la plu­part quit­té le quar­tier de la Mei­nau, à Stras­bourg (Bas-Rhin), en dé­cembre 2013. Cer­tains d’entre eux avaient an­non­cé à leurs pa­rents qu’ils par­taient « en va­cances » à Du­baï. Deux frères, gran­dis dans ce même quar­tier, sont morts en Syrie. Sept autres jeunes avaient fi­na­le­ment dé­ci­dé de ren­trer en France au prin­temps 2014. Après une sur­veillance d’un mois par les ser­vices de ren­sei­gne­ment, ils avaient été in­ter­pel­lés en mai et in­car­cé­rés. « Le der­nier est mort au Ba­ta­clan », ex­plique une source proche du dos­sier.

(LP/M. de Mar­ti­gnac.)

De­vant le Ba­ta­clan (Pa­ris-XIe), le 14 no­vembre. La veille, trois ter­ro­ristes avaient cau­sé la mort de 90 per­sonnes.

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