« Nous sommes sous le choc »

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - JEAN-MARC DUCOS

SON GI­LET pare-balles ré­gle­men­taire n’au­rait ja­mais pu ar­rê­ter des balles de fu­sil au­to­ma­tique ou de chasse ti­rées à courte por­tée, des pro­jec­tiles à haute vé­lo­ci­té que rien n’ar­rête. Ch­ris­tophe Bouis­sou, 43 ans, po­li­cier mu­ni­ci­pal à Cavalaire (Var), a été tou­ché de trois tirs dont un mor­tel à l’ab­do­men, ef­fec­tués par Elie Verbasco au moyen d’une arme char­gée de mu­ni­tions de guerre.

C’est en fuyant en quad à tra­vers les che­mins sur les hau­teurs de Cavalaire qu’Elie Verbasco a croi­sé une pa­trouille de la po­lice mu­ni­ci­pale, ve­nue à son do­mi­cile pour un pro­blème de vio­lence conju­gale. Il a fait feu d’em­blée « sans som­ma­tion » sur l’équi­page des trois hommes, dont Ch­ris­tophe Bouis­sou, se­lon Ivan Au­riel, le pro­cu­reur de Dra­gui­gnan. Les po­li­ciers mu­ni­ci­paux po­si­tion­nés en re­trait des gen­darmes, à 400 m des lieux, blo­quaient un ac­cès et at­ten­daient, tout comme les mi­li­taires, l’ar­ri­vée des ren­forts du pe­lo­ton de sur­veillance et d’in­ter­ven­tion de la gen­dar­me­rie, « en rai­son de la dan­ge­ro­si­té » du sus­pect. Pour­quoi a t-il ti­ré sur ces hommes qu’il connais­sait et tu­toyait ? Il a em­por­té les rai­sons de son geste fou en se don­nant la mort.

Trois-quarts centre re­dou­té

Ma­rié de­puis trois ans à Na­tha­lie, une jeune Belge ren­con­trée à Cavalaire, sans en­fants, Ch­ris­tophe Bouis­sou était né au Vi­gean (Can­tal). « Il était droit et cou­ra­geux et tou­jours pré­sent pour les siens. Un gar­çon gé­né­reux. Mais il était sur­tout mon pe­tit frère… Nous avions juste un an d’écart. Nous étions trois et sommes tous nés en mars », souffle, la gorge nouée par le cha­grin, Isa­belle, 44 ans, sa soeur, pré­pa­ra­trice en phar­ma­cie à Mau­riac, un bourg proche du Vi­gean. Son frère, Eric, vit en ré­gion pa­ri­sienne.

« Ch­ris­tophe était ve­nu pas­ser des va­cances à la Tous­saint en famille. Et pour Noël, il était d’as­treinte cette an­née. Il de­vait en­suite al­ler en Bel­gique dans sa belle-famille. Il se par­ta­geait. C’est nor­mal », confie Isa­belle, ac­cou­rue au che­vet de ses pa­rents ac­ca­blés. « Mes pa­rents et moi sommes sous le choc. Ch­ris­tophe ad­mi­rait sa nièce, ma fille. C’est ter­rible aus­si pour elle », glisse Isa­belle qui garde le sou­ve­nir d’un Ch­ris­tophe ai­mant « par-des­sus tout la jus­tice ».

An­cien trois-quarts centre re­dou­té de l’équipe pre­mière de rug­by du RCM de Mau­riac, Ch­ris­tophe Bouis­sou avait mon­té près de Cavalaire une école de rug­by pour les très jeunes. « Il avait le sens de la trans­mis­sion, un jeu so­lide et in­tel­li­gent sans ou­blier une ri­bam­belle de co­pains », se sou­vient Gé­rard Ley­mo­nie, le maire de Mau­riac, un an­cien du RCM lui aus­si. San Fran­cis­co-Pa­ris qui avait dé­col­lé hier en fin de ma­ti­née a été dé­rou­té vers Mon­tréal, où il s’est po­sé quelques heures en rai­son d’une me­nace ano­nyme par­ve­nue à l’équi­page. Après une vé­ri­fi­ca­tion com­plète des 231 pas­sa­gers et de leurs ba­gages, qui n’a rien don­né, le Boeing 777 a pu re­dé­col­ler quatre heures après vers Rois­sy-Charles-deGaulle. nACCUSÉE D’AVOIR CONGE­LÉ son bé­bé, une mère de famille belge de 32 ans, qui ne s’était pas pré­sen­tée lun­di aux as­sises de l’Aude pour y com­pa­raître libre, a été in­ter­pel­lée hier à son do­mi­cile de Li­moux et pla­cée en garde à vue. En fé­vrier 2011, elle avait ac­cou­ché seule chez elle puis, ter­ro­ri­sée par son an­cien com­pa­gnon, avait dé­po­sé son nou­veau-né dans le congé­la­teur fa­mi­lial. Elle avait été re­mise en li­ber­té après seize mois de dé­ten­tion pro­vi­soire.

(DR.)

Ch­ris­tophe Bouis­sou, mort sous les balles à 43 ans.

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