Pla­ti­ni abat sa der­nière carte

Fifa.

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - RO­NAN FOL­GOAS

C’EST LA PRO­CÉ­DURE de la der­nière chance pour Mi­chel Pla­ti­ni. Sus­pen­du de ses fonc­tions jus­qu’à dé­but jan­vier et sous la me­nace d’une sus­pen­sion à vie, le pré­sident de l’UEFA s’est pré­sen­té hier en dé­but d’après-mi­di à Lau­sanne (Suisse) au Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport. Avec sa propre voi­ture — il ha­bite à une qua­ran­taine de ki­lo­mètres de là —, ses avo­cats à bord, le sou­rire et l’hu­mour en ban­dou­lière. « Je ne di­rai rien de plus que ce que je vous ai dé­jà dit : je di­rai la vé­ri­té, toute la vé­ri­té, rien que la vé­ri­té, je le jure », lâche-t-il, face ca­mé­ra, en ar­ri­vant sur place.

Deux heures et de­mie plus tard, Pla­ti­ni res­sort du TAS, les traits lé­gè­re­ment ti­rés mais vi­si­ble­ment sou­la­gé, au moins en ap­pa­rence. « Vous sa­vez que je n’aime pas les in­jus­tices, ap­puie-t-il comme un slo­gan. J’es­père qu’on m’a bien en­ten­du. Mes avo­cats ont été très bons. Est-ce que je se­rai au ti­rage au sort de l’Eu­ro 2016 sa­me­di soir à Pa­ris ? Al­lez [leur] de­man­der (NDLR : aux juges du TAS). »

Deux jours pour no­ti­fier une dé­ci­sion

Au fond de lui, le bouillon­ne­ment est to­tal. Il sait à cet ins­tant que son ave­nir pro­fes­sion­nel n’est dé­jà plus entre ses mains. Mais bien entre celles des trois ar­bitres dé­si­gnés par le TAS pour dé­ci­der le main­tien ou l’an­nu­la­tion de sa sus­pen­sion de 90 jours. Le Por­tu­gais Rui Bo­ti­ca San­tos, le Suisse-Al­le­mand Ul­rich Haas et le Fran­co-Amé­ri­cain Clif­ford J. Hen­del ont dé­sor­mais deux jours pour no­ti­fier une dé­ci­sion. D’ici là, ils doivent dé­ter­mi­ner si la sus­pen­sion dé­ci­dée le 8 oc­tobre par le co­mi­té d’éthique de la Fifa a res­pec­té toutes les règles de pro­cé­du- re. « A ce stade, les ar­bitres du TAS ne vont pas se pro­non­cer sur le fond de l’af­faire, souffle un connais­seur du dos­sier. Ils vont sim­ple­ment éva­luer si le co­mi­té d’éthique de la Fifa avait de bonnes rai­sons, ou pas, de pen­ser que Mi­chel Pla­ti­ni avait ap­pa­rem­ment en­freint les règles. »

Au­tre­ment dit : le trio ar­bi­tral du TAS doit éva­luer si les ap­pa­rences étaient ef­fec­ti­ve­ment en dé­fa­veur de Pla­ti­ni. Une ap­proche très sub­tile qui au­to­rise toutes les pos­si­bi­li­tés. Le Lor­rain peut ain­si voir sa de­mande dé­bou­tée cette se­maine. Et ob­te­nir gain de cause dans un deuxième temps, d’ici quelques se­maines, quand le TAS se pen­che­ra en­fin sur le fond de l’af­faire. Lors­qu’il se­ra ques­tion d’éta­blir dans quelles condi­tions Mi­chel Pla­ti­ni a per­çu 1,8 M€ en fé­vrier 2011. Jacques Lam­bert, pré­sident du Co­mi­té d’or­ga­ni­sa­tion de l’Eu­ro 2016 et ami de Pla­ti­ni. nFRANCK RI­BÉ­RY de­vrait re­jouer avec le Bayern Mu­nich (dé­jà qua­li­fié) en Ligue des cham­pions, ce soir à Za­greb, neuf mois après avoir quit­té la scène eu­ro­péenne sur bles­sure. Quatre jours après son re­tour réus­si — un but face à M’Glad­bach sa­me­di — en cham­pion­nat, l’at­ta­quant fran­çais a par­ti­ci­pé, hier, à l’ul­time séance d’en­traî­ne­ment. nL’ESTAC TROYES, la lan­terne rouge de Ligue 1, a un nou­vel en­traî­neur. Il s’agit de Claude Ro­bin, 54 ans, jus­qu’ici di­rec­teur de la for­ma­tion. Ro­bin rem­place Jean-Marc Fur­lan, li­mo­gé le 3 dé­cembre. Claude Ro­bin se­ra ac­com­pa­gné de trois ad­joints, Mi­chel Pa­do­va­ni, Mo­ha­med Brad­ja et Oli­vier Tin­gry. nLES AR­BITRES DE LIGUE 1 ET DE LIGUE 2, re­pré­sen­tés par le Syn­di­cat des ar­bitres de football d’élite (SAFE), de­mandent à ce que leurs re­ve­nus soient mul­ti­pliés par 2,5 en 2016, se­lon une in­for­ma­tion de « l’Equipe ». Jus­qu’ici, ils per­çoivent une ré­mu­né­ra­tion men­suelle de 2 900 € et 2 617 € par match de L 1. Sommes qu’ils veulent voir por­tées à 7 250 € et 6542 €. Pour jus­ti­fier ces re­ven­di­ca­tions, le SAFE met en avant le sta­tut d’in­dé­pen­dant des ar­bitres et une pré­pa­ra­tion plus poin­tue.

(AP/Laurent Gillie­ron.)

Lau­sanne (Suisse), hier. « Je ne di­rai rien de plus que ce que je vous ai dé­jà dit : je di­rai la vé­ri­té, toute la vé­ri­té, rien que la vé­ri­té, je le jure », a lâ­ché Mi­chel Pla­ti­ni aux jour­na­listes en ar­ri­vant au Tri­bu­nal ar­bi­tral du sport.

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