« Même les ma­rins en ont peur »

Le Parisien (Paris) - - LES SORTIES AU CINÉMA - Pro­pos recueillis par H.L.

de « Da Vin­ci Code » nous ra­conte ce tour­nage dan­tesque. Aviez-vous des sou­ve­nirs d’en­fance liés aux aven­tures de na­vi­ga­teurs ? RON HO­WARD. J’avais vu le film de John Hus­ton « Mo­by Dick » à la té­lé­vi­sion, c’est pro­ba­ble­ment mon pre­mier sou­ve­nir, mais je n’étais pas tant cap­ti­vé que ça par ce genre de ci­né­ma. Ma re­la­tion avec l’océan vient da­van­tage des livres. Ado­les­cent, j’ai lu les ré­cits de Jo­seph Con­rad, le roman « Mo­by Dick » d’Her­man Mel­ville, et la di­men­sion hu­maine de ces ré­cits me fas­ci­nait. Quand j’ai dé­cou­vert que l’his­toire du nau­frage de l’« Es­sex » s’était réel­le­ment pro­duite, j’ai été épous­tou­flé. Je te­nais mon his­toire, vio­lente et in­tense, spec­ta­cu­laire et au­da­cieuse. Dans la vie, êtes-vous at­ti­ré par l’océan et les élé­ments aqua­tiques ? A titre per­son­nel, je n’aime pas tel­le­ment la mer, je ne m’y sens pas très à l’aise. Je n’ai pas la pho­bie du Grand Bleu mais, pour avoir sou­vent fil­mé sous l’eau, j’ai ap­pris à m’en mé­fier. Com­ment avez-vous choi­si les ac­teurs ? Ch­ris Hem­sworth s’est im­po­sé, non seule­ment parce que c’est lui qui m’a ap­por­té le scé­na­rio et qu’il vou­lait à tout prix le tour­ner, mais aus­si parce que je sa­vais, après notre col­la­bo­ra­tion sur « Rush » (NDLR : l’his­toire du pi­lote de F 1 James Hunt), qu’il se­rait par­fait pour le rôle du se­cond de l’« Es­sex ». Un type droit, cou­ra­geux et té­mé­raire. Il fal­lait des ac­teurs prêts à re­le­ver le dé­fi phy­sique (voir page ci-contre). C’est une per­for­mance fan­tas­tique que je leur ai de­man­dée. Ils ont as­su­mé leur rôle avec une grande in­té­gri­té. Ma frayeur, c’était que cer­tains se mettent à fu­mer pour com­battre la faim. (Rires.) Je peux com­prendre les fu­meurs, mais je le leur ai in­ter­dit. Les scènes de chasse à la ba­leine ap­pa­raissent au­jourd’hui très cruelles. A l’époque, on fai­sait peu de cas de l’ani­mal, re­cher­ché pour son huile uti­li­sée pour l’éclai­rage… Le film ne fait pas l’apo­lo­gie de la chasse aux ca­cha­lots, il en montre au contraire toute la bru­ta­li­té. Mais il y a aus­si dans cette his­toire l’idée d’une ex­trême so­li­tude des hommes : il existe dans la na­ture des ani­maux si puis­sants que même les ma­rins ex­pé­ri­men­tés en ont peur et peuvent éprou­ver un ver­tige in­croyable face à eux. Quand ils se re­trouvent nau­fra­gés, ces ma­rins pré­fèrent mou­rir en mer plu­tôt que d’at­tendre sur la terre ferme. C’est éton­nant… C’est parce qu’ils com­prennent l’océan et qu’ils se sentent da­van­tage en sécurité en étant ac­tifs sur l’eau qu’en at­ten­dant un hy­po­thé­tique sau­ve­tage sur la terre ferme.

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