Chauf­feur qui fume : bus in­ter­dit

Le Parisien (Paris) - - TRANSPORTS - C.BA.

IL FAIT BIEN CHAUD dans le bus en hi­ver. Alors quand j’ai un bon bou­quin, je re­doute par­fois de lire sur le ban­deau dé­fi­lant que le dé­part du ter­mi­nus est « im­mi­nent ». Et j’es­père que les mi­nutes vont s’al­lon­ger pour que dure un peu plus cette pa­ren­thèse douillette, entre la course des pré­pa­ra­tifs à la mai­son et le dé­but de la jour­née de tra­vail. Mais ce ma­tin-là, le bus n’est pas de­vant son point de dé­part, porte de Cli­gnan­court. Les (as­pi­rants) pas­sa­gers at­tendent au­tour d’un pi­quet, comme pu­nis. A quelques mètres de là, pour­tant, le bus est sta­tion­né et un chauf­feur pré­sent au vo­lant. Pleine de l’as­su­rance de celle qui connaît les règles du jeu, je m’ap­proche du vé­hi­cule et grimpe à son bord. Le conduc­teur m’ac­cueille avec un large sou­rire, puis lève son bras gauche pour me mon­trer… la ci­ga­rette qu’il fume. « Ce n’est pas l’ar­rêt, Ma­dame, il faut que vous at­ten­diez de­vant le po­teau », me lance-t-il, très ai­mable. « Oui, je sais, mais je vou­drais juste m’ins­tal­ler pour lire au chaud », ré­pli­quai-je. « Ah, mais ce n’est pas pos­sible ; là, je fume », as­sure-t-il tou­jours en sou­riant. Les fe­nêtres sont ou­vertes, l’odeur - lé­gère - de ci­ga­rette ne me gêne pas et le bus est pro­fond, mais je re­cule ma­chi­na­le­ment. Le chauf­feur est chez lui et l’heure d’ou­vrir au pu­blic son es­pace pri­vé n’a pas en­core son­né. On n’entre pas par ef­frac­tion chez les gens. Et on ne per­turbe pas la tranquillité du chauf­feur fu­meur.

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