En Paca, Es­tro­si pour­rait ga­gner…

Mal­gré ses dé­ra­pages droi­tiers, Ch­ris­tian Es­tro­si bé­né­fi­cie­rait de bons re­ports de voix des élec­teurs de gauche, se­lon notre en­quête Odoxa. Ce qui lui per­met­trait de battre, de peu, sa ri­vale Ma­rion Maréchal-Le Pen.

Le Parisien (Paris) - - POLITIQUE - DI­DIER MICOINE

LA GAUCHE, qui n’a plus de can­di­dat en Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur, s’ap­prê­te­rait à vo­ter lar­ge­ment pour… Ch­ris­tian Es­tro­si. Le son­dage Odoxa réa­li­sé pour BFMTV et notre jour­nal pro­nos­tique que le can­di­dat de droite l’em­por­te­rait de jus­tesse di­manche avec 52 % des voix face à Ma­rion Maréchal-Le Pen (48 %). Il faut bien sûr te­nir compte de la marge d’er­reur, tant l’écart reste ser­ré. La can­di­date du FN par­tait pour­tant ul­tra­fa­vo­rite à l’is­sue du pre­mier tour des ré­gio­nales, avec 14 points d’avance sur son ad­ver­saire.

Le pro­fil droi­tier et sé­cu­ri­taire du maire de Nice sus­cite certes de fortes ré­serves — pour ne pas dire une franche hos­ti­li­té — à gauche. Mais la pers­pec­tive d’une vic­toire de l’ex­trême droite sus­cite ma­ni­fes­te­ment un sur­saut de mo­bi­li­sa­tion pour lui bar­rer la route. Se­lon notre en­quête, près de six élec­teurs sur dix (57 %) ayant vo­té pour la liste PS de Ch­ris­tophe Cas­ta­ner au pre­mier tour s’ap­prêtent à mettre dans l’urne un bul­le­tin Es­tro­si. Plus sur­pre­nant en­core, c’est aus­si le cas de plus d’un tiers (34 %) de l’élec­to­rat de la gauche du PS (éco­lo­gistes et Front de gauche). Il en va de même pour les abs­ten­tion­nistes du pre­mier tour : 38 % dé­clarent qu’ils iront vo­ter di­manche, dont 24 % pour Es­tro­si (contre 14 % pour Maréchal-Le Pen).

« C’est cette com­bi­nai­son de très bons re­ports de la gauche — pour un can­di­dat aus­si à droite ! — et d’une mo­bi­li­sa­tion ac­crue des abs­ten­tion­nistes qui per­met à Es­tro­si d’abor­der fi­na­le­ment l’élec­tion en si­tua­tion de fa­vo­ri », constate Gaël Sli­man, pré­sident d’Odoxa. Qui aver­tit : « Les res­sorts de cette mo­bi­li­sa­tion res­tent ex­trê­me­ment fra­giles. » De fait, les in­ten­tions de vote en sa fa­veur re­posent sur­tout (à 56 %) sur le re­jet de sa ri­vale. Tan­dis que la nièce de Ma­rine Le Pen, 26 ans hier, bé­né­fi­cie d’un vote d’adhé­sion : 55 % de ses élec­teurs jugent qu’elle « peut amé­lio­rer les choses ».

Di­manche, c’est donc seule­ment grâce à un ren­fort im­por­tant des voix de gauche que Ch­ris­tian Es­tro­si peut es­pé­rer l’em­por­ter. Or, ces élec­teurs peuvent en­core chan­ger d’avis et ne pas se dé­pla­cer pour s’évi­ter ce qu’ils consi­dèrent… comme un crève-coeur. Si le maire de Nice (Alpes-Ma­ri­times) met en avant de­puis le pre­mier tour son éti­quette gaul­liste et se pré­sente comme un « ré­sis­tant » face au FN, les élec­teurs de gauche n’ont pas ou­blié ses sor­ties chocs des der­niers mois. Comme lors­qu’il a par­lé de « cin­quième co­lonne », sous-en­ten­du ter­ro­riste, à pro­pos des mi­grants. Ou lors­qu’il a vi­li­pen­dé la « po­li­tique pé­nale de com­plai­sance et de laxisme » de Ch­ris­tiane Tau­bi­ra. Dans les trois jours qui le sé­parent du ver­dict des urnes, gare donc aux pro­vo­ca­tions et dé­ra­pages droi­tiers. Ce qui ex­plique sans doute que Ch­ris­tian Es­tro­si n’ait pas sou­hai­té que son ami Ni­co­las Sar­ko­zy, qui reste un repoussoir à gauche, se dé­place pour l’épau­ler…

(Reu­ters/J.-P. Pé­lis­sier.)

Ch­ris­tian Es­tro­si.

(Rea/Ian Han­ning.)

Ma­rion Maréchal-Le Pen.

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