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Ils s’oc­cupent aus­si… des ma­lades d’Alz­hei­mer

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - C.M. CH­RIS­TINE MATEUS

Il est en­core trop sou­vent ré­duit à ces mis­sions : faire dis­pa­raître le che­veu sur la langue de votre en­fant, ain­si que les dif­fi­cul­tés pour ap­prendre à lire et à écrire. Pour­tant le champ d’in­ter­ven­tion de l’or­tho­pho­niste est bien plus vaste. Ce thé­ra­peute — re­con­nu de­puis 1964 — est un spé­cia­liste des pro­blèmes de la voix, de la pa­role et du lan­gage (re­tards, bé­gaie­ment, ce trouble de la lec­ture qu’est la dys­lexie, etc.). Certes, la plu­part des pa­tients sont des en­fants ayant ces dif­fi­cul­tés, mais aus­si des pro­blèmes d’écri­ture ou de cal­cul, d’au­tant que les éta­blis­se­ments sco­laires sont de plus en plus prompts à conseiller aux pa­rents un bi­lan or­tho­pho­nique lorsque l’échec sco­laire pointe le bout de son nez. Tou­te­fois, des per­sonnes beau­coup plus âgées font aus­si par­tie de leur pa­tien­tèle. C’est le cas des ma­lades d’Alz­hei­mer, at­teints no­tam­ment d’une al­té­ra­tion du lan­gage. L’ob­jec­tif des thé­ra­pies est ain­si de li­mi­ter la dé­gra­da­tion ou d’uti­li­ser au mieux les ca­pa­ci­tés ré­si­duelles pour pré­ser­ver le plus long­temps pos­sible une com­mu­ni­ca­tion. Leurs in­ter­ven­tions dans le do­maine de la sur­di­té sont aus­si nom­breuses. Lorsque le diag­nos­tic est confir­mé, l’or­tho­pho­niste entre en scène no­tam­ment pour ap­prendre à l’en­fant, ou à l’adulte de­ve­nu sourd, un autre moyen pour com­prendre son in­ter­lo­cu­teur, comme la lec­ture la­biale. Autre dif­fi­cul­té : le trouble de la dé­glu­ti­tion. Lorsque nous in­gé­rons des ali­ments, ils sont mas­ti­qués puis di­ri­gés vers l’es­to­mac sans que ce­la im­plique les voies res­pi­ra­toires. Or la perturbation de ce mé­ca­nisme peut en­ga­ger le pro­nos­tic vi­tal de la per­sonne at­teinte.

Deux cents or­tho­pho­nistes ont d’ailleurs pu tes­ter l’ap­pli­ca­tion avant son lan­ce­ment of­fi­ciel. Sixtine Pilz, qui exerce en Mo­selle de­puis 2014, fut l’une d’eux. Son test gran­deur na­ture a été son cou­sin, qui vit loin d’elle, et dont la ma­man ne réus­sis­sait pas à dé­cro­cher un ren­dez-vous au­près d’un or­tho­pho­niste dans sa ré­gion.

« Agé de 6 ans, il ren­contre des dif­fi­cul­tés pour pro­non­cer cer­tains sons. Il souffre aus­si d’un re­tard de lan­gage en rai­son d’otites à ré­pé­ti­tion. Cet ap­pren­tis­sage a été per­tur­bé parce qu’il en­ten­dait mal », ex­plique-t-elle. « Je lui ai donc pres­crit des exer­cices à faire à la mai­son. Pas trop quand même, car il ne s’agit pas non plus de col­ler les en­fants de­vant une ta­blette. Ce qui est in­té­res­sant avec cette ap­pli­ca­tion, c’est que les exer­cices touchent plu­sieurs do­maines. Cer­tains sites existent dé­jà mais n’abordent que les dif­fi­cul­tés au­tour du lan­gage oral par exemple », conclut cette spé­cia­liste qui, au vu des résultats ob­te­nus, va uti­li­ser l’ou­til pour ses pa­tients. nSANOFI PAS­TEUR, la division vac­cins de Sanofi, a dé­cro­ché hier au Mexique la pre­mière au­to­ri­sa­tion de mise sur le mar­ché pour son vac­cin pour la pré­ven­tion de la dengue, le Deng­vaxia, le pre­mier au monde et po­ten­tiel fu­tur « block­bus­ter » (c’est-à-dire un trai­te­ment très ven­du dans le monde en­tier). Sus­cep­tible d’en­traî­ner une forte fièvre in­ca­pa­ci­tante, la dengue en­gendre aus­si des dou­leurs os­seuses et ar­ti­cu­laires. La forme sé­vère de la ma­la­die, la dengue hé­mor­ra­gique, tue 22 000 per­sonnes par an, se­lon l’Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la san­té.

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