Pri­son ferme pour avoir ter­ro­ri­sé les pas­sa­gers d’un train

Trois jeunes qui avaient pro­fé­ré des me­naces, en lien avec les at­ten­tats de Pa­ris, dans le mi­cro d’un TER, ont été condam­nés hier à de lourdes peines à Per­pi­gnan.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - Per­pi­gnan (Py­ré­nées-Orien­tales) De notre cor­res­pon­dant CLAUDE MASSONNET

« J’AI CRU que ma der­nière heure était ar­ri­vée. Je m’at­ten­dais à voir dé­bar­quer des hommes ar­més. Lorsque la mu­sique et les cris se sont ar­rê­tés. Il y a eu un si­lence. Mon sang s’est gla­cé. » Trois se­maines après, cette jeune femme reste trau­ma­ti­sée. Le 18 no­vembre, elle était par­mi les pas­sa­gers du TER Bé­ziers-Per­pi­gnan, ter­ro­ri­sés par trois jeunes, ju­gés hier à Per­pi­gnan. Cinq jours après les at­ten­tats de Pa­ris, les trois dé­lin­quants s’étaient em­pa­rés du mi­cro du train pour dif­fu­ser des ap­pels à la prière, des cris de haine et des me­naces de mort.

Un dra­peau ji­ha­diste dans le té­lé­phone

« On va tous vous zi­gouiller » s’étaient-ils écriés, en­gen­drant une peur pa­nique dans la deuxième rame où se trou­vaient une quin­zaine de pas­sa­gers. De­vant le tri­bu­nal, la pas­sa­gère pour­suit son ré­cit, dit la peur de mou­rir qui lui est ve­nue, sans sa­voir qui la me­na­çait à dis­tance. « Il fal­lait lais­ser les por­tables en sor­tant du train, si­non c’était la mort » ajoute-t-elle. Une autre voya­geuse en- chaîne : « Je me suis re­cro­que­villée sur mon siège. Je me suis vue dans des scènes d’égor­ge­ment et dans les at­ten­tats de Pa­ris. Plus ja­mais je ne pour­rai mon­ter dans un train. De­puis, je ne dors plus. » Tous ont dis­tinc­te­ment en­ten­du « Al­la­hou Ak- bar » pro­fé­ré à plu­sieurs re­prises dans le mi­cro. Sur la vi­déo, on en­tend les cris. On voit l’agi­ta­tion.

Dans le box, les pré­ve­nus, dont deux conver­tis à l’is­lam ori­gi­naires de Bé­ziers, tentent de mi­ni­mi­ser. Ils sont pour­sui­vis pour apo­lo­gie d’un acte ter­ro­riste et pour ten­ta­tive d’ex­tor­sion de té­lé­phones por­tables. « On ne vou­lait pas faire peur aux gens. C’était juste une plai­san­te­rie », sou­tient Guillaume, 20 ans, ex-mi­li­taire, dé­jà condam­nés pour vols dont le conte­nu du té­lé­phone in­ter­roge : l’ap­pel à la prière, un dra­peau ji­ha­diste, le mes­sage d’une amie qui veut at­ta­quer toutes les épi­ce­ries ca­sher et les sy­na­gogues de Pa­ris. Les deux autres, Llo­ris et Gaël, en état de ré­ci­dive lé­gale pour vols, se font dis­crets.

« Le train de la ter­reur est là. C’est un piège, a mar­te­lé le pro­cu­reur Gaël Can­de­la. S’em­pa­rer d’un mi­cro pour faire peur, c’est re­mettre en scène les at­ten­tats de Pa­ris. Et pro­fi­ter de ce chaos pour ten­ter de s’em­pa­rer des té­lé­phones por­tables. » Les avo­cats plaident la « plai­san­te­rie qui a se­mé la zi­za­nie et la ter­reur, une bê­tise. Ils n’ont pas me­su­ré la por­tée de leurs actes ». Une plai­san­te­rie qui coûte cher : quatre ans de pri­son dont dix-huit mois avec sur­sis pour Guillaume, trois ans dont dix­huit mois avec sur­sis et deux ans dont un avec sur­sis pour les deux autres. nL’HOMME de 32 ans qui avait agres­sé quatre per­sonnes, dont trois de confes­sion juive, le 24 oc­tobre, près d’une sy­na­gogue à Mar­seille (Bouches-du-Rhône), a été condam­né hier à quatre ans de pri­son dont dix-huit mois avec sur­sis. Il a re­con­nu avoir pro­fé­ré des pro­pos an­ti­sé­mites. L’une des vic­times avait été sé­rieu­se­ment bles­sée par deux coups de cou­teau.

Trois jeunes avaient dif­fu­sé des cris de haine et dé­trous­sé les pas­sa­gers d’un TER Bé­ziers-Per­pi­gnan, cinq jours après les at­ten­tats de Pa­ris.

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