Une mise en cause tar­dive

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Ma­thieu Val­bue­na à la juge d’ins­truc­tion à pro­pos de sa conver­sa­tion avec Ben­ze­ma TI­MO­THÉE BOU­TRY

MÊME S’IL EN EST DE­VE­NU le per­son­nage le plus mé­dia­tique, Ka­rim Ben­ze­ma n’est pas à l’ori­gine de l’af­faire de la sex-tape. Pour Ma­thieu Val­bue­na, le chan­tage dé­bute le 3 juin der­nier : en stage à Clai­re­fon­taine, il re­çoit cinq ap­pels mas­qués aux­quels il ne donne pas suite avant de dé­cro­cher à la sixième ten­ta­tive. A l’autre bout de fil, un in­con­nu que les en­quê­teurs iden­ti­fie­ront comme étant un cer­tain You­nès H. La conver­sa­tion s’en­gage sur la sex-tape.

Le mi­lieu of­fen­sif de l’Olym­pique lyon­nais n’est pas to­ta­le­ment sur­pris puis­qu’un mois plus tôt, Dji­bril Cis­sé, lui même vic­time d’une pa­reille mésa­ven­ture par le pas­sé, lui a fait part de l’exis­tence de cette vi­déo in­time. Cinq jours après cet ap­pel, Ma­thieu Val­bue­na dé­pose plainte. Le pa­tron de la bri­gade de ré­pres­sion du ban­di­tisme de la po­lice ju­di­ciaire de Ver­sailles prend l’af­faire en main et dé­cide de se faire pas­ser pour un in­ter­mé­diaire.

Le ca­nal You­nès H. ne fonc­tion­nant pas, les dé­ten­teurs de la vi­déo — deux Mar­seillais qui ont l’ha­bi­tude de gra­vi­ter dans l’uni­vers des joueurs de foot pro­fes­sion­nel — dé­cident d’ac­tion­ner la piste Ben­ze­ma. Pour ce­la, ils passent par son plus vieil ami, Ka­rim Ze­na­ti. C’est alors qu’in­ter­vient le ras­sem­ble­ment de l’équipe de France dans la se­maine du 5 oc­tobre. La veille, en dé­but de soi­rée, le com­mis­saire de la PJ se rend à l’hô­tel de Ma­thieu Val­bue­na pour re­cueillir sa dé­po­si­tion. Le ti­ming est cu­rieux. Le joueur, comme en at­teste le pro­cès-ver­bal dont nous avons pris connais­sance, ré­itère ses dé­cla­ra­tions sur l’épi­sode du 3 juin. Ses ré­ponses ap­pa­raissent de ma­nière ma­nus­crite sur un do­cu­ment où les ques­tions ont été pré­rem­plies. Il confirme ses soup­çons por­tant sur l’homme sus­cep­tible de lui avoir dé­ro­bé la sex-tape et ex­plique que Dji­bril Cis­sé lui a conseillé de payer, mais qu’il a per­çu son in­ter­ven­tion comme « ami­cale ». Ce­la n’ap­pa­raît pas sur le PV mais, comme l’ex­pli­que­ra le joueur lyon­nais le 20 no­vembre de­vant la juge d’ins­truc­tion, le com­mis­saire le met en garde : « Il m’a dit : Ne soyez pas sur­pris si quel­qu’un vient vous voir di­rec­te­ment dans les pro­chains jours à Clai­re­fon­taine. » Le 5 oc­tobre, l’at­ta­quant du Real, Ka­rim Ben­ze­ma, pré­vient son co­équi­pier qu’il doit lui par­ler de quelque chose d’im­por­tant.

« J’étais loin d’ima­gi­ner que c’était en rap­port avec cette sex-tape », af­firme Val­bue­na qui, le len­de­main, frappe à la porte de son par­te­naire. C’est à ce mo­ment-là que la star ma­dri­lène in­vite l’an­cien joueur de l’OM à prendre contact avec Ze­na­ti pour ré­gler son pro­blème. Ma­thieu Val­bue­na est à nou­veau en­ten­du par le di­rec­teur d’en­quête le 28 oc­tobre à Pa­ris.

Or, de ma­nière sur­pre­nante, au­cune ques­tion ne lui est po­sée sur le conte­nu de cet échange avec Ka­rim Ben­ze­ma au coeur de l’en­quête. Le PV fait moins d’une page et de­mie. Les ques­tions portent es­sen­tiel­le­ment sur les maîtres chan­teurs in­ter­pel­lés quelques jours plus tôt.

Ce n’est que le 20 no­vembre que Ma­thieu Val­bue­na est in­vi­té par la juge d’ins­truc­tion à don­ner pour la pre­mière fois son avis sur l’in­ter­ven­tion de son par­te­naire. « Le but, c’était de ren­con­trer M. Ze­na­ti pour une contre­par­tie. Je sais qu’on ne fait pas les choses gra­tui­te­ment et que ce n’était pas pour des places de foot […]. Il y avait un peu d’in­sis­tance », ex­plique-t-il, ap­puyant ain­si les ac­cu­sa­tions de com­pli­ci­té de chan­tage. La juge lui sou­met éga­le­ment les écoutes ac­ca­blantes entre Ben­ze­ma et Ze­na­ti qui ont dé­jà fui­té dans la presse

« Y avait un vrai dé­ca­lage entre la conver­sa­tion qu’on a eue, nous, et la re­trans­crip­tion té­lé­pho­nique avec son ami », ad­met Ma­thieu Val­bue­na. Ka­rim Ben­ze­ma, qui se dé­fend de toute pres­sion, est à ce jour mis en exa­men pour « com­pli­ci­té de ten­ta­tive de chan­tage » et « par­ti­ci­pa­tion à une as­so­cia­tion de mal­fai­teurs ».

« Je sais [...] que ce n’était pas pour des places de foot. Il y avait

un peu d’in­sis­tance. »

Le te­nant du titre et le lau­réat 2013 se sont tel­le­ment ba­la­dés qu’ils étaient dé­jà qua­li­fiés avant même l’ul­time jour­née, hier soir. Il vau­drait mieux donc ne pas croi­ser Mes­si et ses amis, ni la bande de Ri­bé­ry, dé­sor­mais re­mis sur pied et très ac­tif à Za­greb en dé­but de ren­contre (vic­toire 2-0 du Bayern). D’ailleurs l’en­traî­neur pa­ri­sien l’a si­gni­fié juste après la vic­toire contre le Sha­kh­tar Do­netsk mar­di soir (2-0). « Le ti­rage est un mo­ment im­por­tant, a-t-il dit, et, comme tous les deuxièmes de groupe, on veut évi­ter les deux fa­vo­ris de la com­pé­ti­tion. »

Après, les rap­ports de forces s’équi­librent et peuvent même vite s’in­ver­ser. Que pen­ser, si­non, des dé­cla­ra­tions de Joe Hart, le gar­dien de Man­ches­ter Ci­ty, pre­mier de sa classe de­vant la Ju­ven­tus Tu­rin ? AS Rome - Bate Bo­ri­sov.............................0-0 Le­ver­ku­sen - FC Bar­ce­lone .......................... 1-1 Chel­sea - FC Por­to ....................................... 2-0 Dy­na­mo Kiev - Mac­ca­bi Tel-Aviv..............1-0 Olym­pia­kos - Ar­se­nal...................................0-3 Di­na­mo Za­greb - Bayern Mu­nich.............0-2 Va­lence - LYON..............................................0-2 La Gan­toise - Zé­nith St-Pé­ters­bourg ..... 2-1

Le PSG ne peut pas ren­con­trer le Real Ma­drid en 8es car ces deux équipes sont is­sues du même groupe lors de la phase pré­li­mi­naire.

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