Quand le Red Star en­tre­voyait dé­jà la D 1

Le Parisien (Paris) - - SPORTS ILE-DE-FRANCE - Pierre Re­pel­li­ni, ex-en­traî­neur au­do­nien STÉ­PHANE CORBY

À L’ÉPOQUE, la Ligue 1 s’ap­pe­lait Division 1. Le Red Star jouait dans une D 2 à 22 clubs, et dans un stade Bauer ho­mo­lo­gué et ga­zon­né na­tu­rel­le­ment. C’était la sai­son 19951996, il y a juste vingt ans et le club de Saint-Ouen jouait dé­jà les pre­miers rôles. Vingt ans plus tard, l’his­toire semble bé­gayer pour le club fon­dé en 1897 par Jules Ri­met. Au même stade de la sai­son, le Red Star était 4e en 1995, il est 5e au­jourd’hui. Toute res­sem­blance avec des faits ou des per­sonnes ayant dé­jà exis­té ne se­rait donc pas pure coïn­ci­dence ?

Un homme fait le lien entre ces époques. Il s’agit de Steve Mar­let, au­jourd’hui di­rec­teur spor­tif du club et meilleur bu­teur en 1996 (16 réa­li­sa­tions). Le fu­tur at­ta­quant des Bleus n’avait que 23 ans et pas en­core pris son en­vol pour Auxerre, Lyon, Ful­ham, Mar­seille ou Wolf­sburg. « On était une bande de potes, avec six joueurs du centre de for­ma­tion », se sou­vient Fa­bien Va­lé­ri, ex-mi­lieu dé­fen­sif du Red Star au­jourd’hui en­traî­neur à l’UJA Mac­ca­bi (CFA 2).

Du point de vue comptable, la sai­son avait dé­bu­té par une in­vin­ci­bi­li­té de neuf matchs dé­bou­chant même sur un fau­teuil de lea­deur à l’is­sue de la 6e jour­née. Fin jan­vier, le Red Star était tou­jours dans les billes (2e) au soir de son car­ton (0-4) à Cui­seaux-Lou­hans. Mais un mois de fé­vrier ra­té (1 nul, 2 dé­faites) ruine en par­tie les es­poirs de mon­tée. Avant la dé­faite de trop contre La­val (0-1), le 13 mars. « C’est sur­tout ce soir-là qu’on a fi­ni d’y croire, confirme Va­lé­ri. On ve­nait de battre (2-0) le Tou­louse des Cal­de­ra­ro et Bat­tles à la mai­son et on est tom­bés de haut. » Ha­sard de l’his­toire, ce match s’était dé­rou­lé à Beau­vais, lieu d’exil ac­tuel du Red Star, en rai­son de la sus­pen­sion de Bauer.

Contre La­val, la com­po­si­tion d’équipe avait aus­si trou­blé les ob­ser­va­teurs. Blon­deau, ab­sent de­puis six mois, était ti­tu­laire… De quoi je­ter la sus­pi­cion sur un sa­bor­dage sciem- ment or­ga­ni­sé sa­chant que l’équipe ne ga­gne­ra que trois de ses onze der­niers matchs. Pour ache­ver la sai­son au 7e rang, à 15 points du trio de tête Caen - Mar­seille - Nan­cy. « Le pré­sident ( Jean-Claude Bras) gé­rait ses af­faires de Hon­grie et une mon­tée l’au­rait contraint à ren­trer plus sou­vent à Pa­ris », per­sifle un sui­veur de l’équipe. « Il y a eu des in­trigues in­ternes et on n’est pas mon­tés… » re­con­naît Pierre Re­pel­li­ni, ex-en­traî­neur au­do­nien.

Vingt ans plus tard, quelle at­ti­tude adop­te­ront les di­ri­geants si l’oc­ca­sion se pré­sente ? Eux n’évoquent que le main­tien, mais le par­cours ir­ré­sis­tible de leur équipe pour­rait les in­ci­ter à re­voir leurs plans.

INTERACTIF

« Il y a eu des in­trigues in­ternes et on n’est pas mon­tés… »

le­pa­ri­sien.fr Sai­sons 1995-1996 et 2015-2016 : le com­pa­ra­tif des par­cours

(LP/Oli­vier Boi­tet.)

Stade Bauer (Saint-Ouen), le 1er jan­vier 1996. Steve Mar­let avait ins­crit 16 buts lors de la sai­son 1995-1996.

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