Co­lis sus­pects : les conduc­teurs du RER A en grève

Le Parisien (Paris) - - TRANSPORTS - THO­MAS POUPEAU

LE TRA­FIC se­ra «for­te­ment per­tur­bé», se­lon l’ex­pres­sion consa­crée. A la suite d’un pré­avis dé­po­sé par les syn­di­cats CGT, FO, Sud et Unsa, 233 conduc­teurs de la ligne A du RER sont en grève au­jourd’hui. Aux heures de pointe, un train sur deux cir­cu­le­ra, et seule­ment un sur quatre aux heures creuses. Sur la par­tie du ré­seau gé­rée par la SNCF, l’in­ter­con­nexion des trains au dé­part ou à des­ti­na­tion de Cer­gy (Val-d’Oise) se­ra main­te­nue, avec un train toutes les dix mi­nutes aux heures de pointe. Ils au­ront pour ori­gine ou des­ti­na­tion La Dé­fense. Quant à la gare de Pois­sy (Yve­lines), elle se­ra des­ser­vie par les trains de la ligne J de la SNCF ayant pour ori­gine la gare Saint-La­zare.

Ils dé­noncent l’at­ti­tude de la RATP de­puis les at­ten­tats

Les re­ven­di­ca­tions des mé­con­tents portent sur « la ges­tion des co­lis sus­pects ». « Notre di­rec­tion ne tient pas compte de l’état d’ur­gence dé­cré­té dans le pays après les at­ten­tats de Pa­ris », ré­sume Phil­lippe, 51 ans, dont trente-deux à la RATP. « On nous oblige pas­ser dans des gares où des co­lis sus­pects sont dé­cou­verts, alors qu’ils n’ont pas en­core été pris en charge par la po­lice », pour­suit cet em­ployé non syn­di­qué. Qui a en­core en tête le sou­ve­nir des at­ten­tats du RER B, en 1995, à la sta­tion Saint-Mi­chel : « J’ai vu des bras ar­ra­chés. Pas en­vie de prendre le moindre risque que ce­la re­com­mence ! » Alain*, Ri­chard et Ber­nard, conduc­teurs eux aus­si, l’as­surent : «On ne fait pas grève pour em­bê­ter les usa­gers. Mais pour ga­ran­tir leur sécurité... »

De son cô­té, la di­rec­tion de la RATP rap­pelle que de­puis jan­vier et la tue­rie de « Char­lie Heb­do », « le si­gna­le­ment de pa­quets aban­don­nés a été mul­ti­plié par quatre, et s’est en­core ac­cé­lé­ré de­puis la mi-no­vembre et les at­ten­tats ». En moyenne, il y a 15 si­gna­le­ments par jour sur tout le ré­seau ! « Quand il y a un co­lis dé­cla­ré sus­pect par la po­lice, c’est elle qui dé­cide du di­men­sion­ne­ment des me­sures à mettre en place », pour­suit un porte-pa­role de la Ré­gie.

Une pro­cé­dure que ne confirme pas la pré­fec­ture de po­lice de Pa­ris... qui ren­voie la balle à la RATP : « On éta­blit un pé­ri­mètre de sécurité, puis on ex­pose la si­tua­tion à la di­rec­tion de la RATP, qui dé­cide en­suite des me­sures de sécurité, no­tam­ment l’ar­rêt ou non des trains. »

Au­jourd’hui, en fin de ma­ti­née, les conduc­teurs doivent te­nir une as­sem­blée gé­né­rale pour dé­ci­der du main­tien de leur mou­ve­ment.

* Le pré­nom a été mo­di­fié.

(LP/Oli­vier Le­jeune.)

Au­jourd’hui, un train sur deux cir­cu­le­ra aux heures de pointe et seule­ment un sur quatre aux heures creuses.

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