Êtes-vous fa­vo­rable à la baisse de TVA sur les pro­duits hy­gié­niques fé­mi­nins ?

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - B.L. ET B.C.

Mat­thieu Cop­pe­jans

26 ans, in­for­ma­ti­cien Reims (51) « Oui. Le com­bat des femmes pour l’ob­te­nir est lé­gi­time, car elles ont des be­soins spé­ci­fiques. Les ser­viettes hy­gié­niques et les tam­pons sont comme des pro­duits vi­taux. Ce se­rait bien d’avoir la mousse à ra­ser à taux ré­duit, mais c’est moins im­por­tant. Je fais peu at­ten­tion à la TVA, mais si elle était mar­quée sur les pro­duits avec un code cou­leur, au moins, je sau­rais où va mon ar­gent. »

Ch­ris­tine Pierre

57 ans, char­gée d’af­faires Fon­te­nay-Tré­si­gny (77) « Plu­tôt, car je suis fa­vo­rable à toutes les baisses de TVA. Ce se­rait bien pour les femmes, mais pour ne pas faire de ja­loux, il faut aus­si bais­ser celle des pro­duits de pre­mière né­ces­si­té pour les hommes. Je ne m’y re­trouve pas dans les dif­fé­rentes TVA ; je trouve anor­mal que le taux ré­duit ne soit pas ap­pli­qué à tous les pro­duits cou­rants, dont ceux d’hy­giène, comme les sa­vons et sham­pooings. »

Sel­da Ka­ra

37 ans, res­pon­sable d’agence Stras­bourg (67) « C’est dé­ri­soire ! Il y a beau­coup de su­jets plus graves à trai­ter concer­nant les femmes sur les­quels il fau­drait agir. Les pro­blèmes prio­ri­taires sont les in­éga­li­tés sa­la­riales et d’ob­ten­tion de postes à res­pon­sa­bi­li­té, le har­cè­le­ment et toutes les vio­lences qu’elles su­bissent. Les prix des pro­tec­tions fé­mi­nines ne sont pas exu­bé­rants et l’éco­no­mie ne se joue­ra qu’à quelques cen­times. »

Phi­lippe Priac

48 ans, tech­ni­cien Troyes (10) « Oui, car les femmes ne peuvent se pas­ser de tam­pons et de ser­viettes, donc ils entrent dans la ca­té­go­rie des pro­duits de pre­mière né­ces­si­té. Si les hommes font preuve de bon sens et d’in­tel­li­gence, ils re­con­naî­tront que, eux, au contraire, peuvent se pas­ser de se ra­ser sans en­tra­ver leur quo­ti­dien. Les couches pour bé­bés, toutes aus­si né­ces­saires, de­vraient aus­si avoir une TVA ré­duite. »

Bru­no Maitre

in­gé­nieur Ma­la­koff (92) « Evi­dem­ment. J’ai sui­vi les dé­bats sur cette

: les ar­gu­ments contre sont d’un autre âge, et manquent d’hu­ma­ni­té. J’ai en­ten­du à la ra­dio des com­pa­rai­sons ma­chistes de TVA pour les vi­sites de parcs d’at­trac­tions et de grottes ! Il s’agit d’un pro­duit né­ces­saire à cause du­quel les femmes su­bissent une sorte de dis­cri­mi­na­tion, car cet achat obli­ga­toire aug­mente le coût de leur vie. »

Le su­jet mo­bi­lise aus­si les membres du gou­ver­ne­ment de Da­vid Ca­me­ron dé­but no­vembre. Outre-Manche, on sou­haite sup­pri­mer la « tam­pon tax » — comme ce­la a été dé­jà fait en Ir­lande. Elle est au­jourd’hui fixée à 5,5 %, et ce de­puis quinze ans. En at­ten­dant le feu vert de Bruxelles, le très sé­rieux mi­nistre des Fi­nances George Osborne vient d’an­non­cer que les 21 M€ par an de re­cettes fis­cales qui tombent dans les caisses de Londres se­ront re­dis­tri­bués à des as­so­cia­tions ca­ri­ta­tives oeu­vrant en fa­veur des femmes, et no­tam­ment contre les vio­lences do­mes­tiques.

Au­jourd’hui, des « pé­ti­tions soeurs », se­lon le col­lec­tif Geor­gette Sand, sont en cours en Al­le­magne et en Ita­lie. Epau­lées par les An­glaises, les Fran­çaises ont écrit au pré­sident de la Com­mis­sion eu­ro­péenne, JeanC­laude Jun­cker, ain­si qu’au com­mis­saire eu­ro­péen Pierre Mos­co­vi­ci. Ob­jec­tif ? Har­mo­ni­ser le taux de TVA pour le faire bais­ser par­tout en Eu­rope. A en croire les fé­mi­nistes, l’an­cien mi­nistre au­rait prê­té une oreille très at­ten­tive au su­jet.

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