« On peut en consom­mer sans crainte »

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - Pro­pos recueillis par ALINE GÉ­RARD

« UNE VRAIE EN­QUÊTE po­li­cière » est en cours, se­lon ce pro­fes­seur de pa­tho­lo­gie à l’Ecole na­tio­nale vé­té­ri­naire de Tou­louse (Haute-Ga­ronne). La grippe aviaire qui sé­vit dans le Sud-Ouest est-elle trans­mis­sible à l’homme ? JEAN-LUC GUÉ­RIN. D’après les élé­ments scien­ti­fiques dont on dis­pose, la ré­ponse est non. On peut par­fai­te­ment consom­mer sans crainte du foie gras ou des vo­lailles sans contrac­ter la grippe. Toutes celles qui sont si­tuées dans la zone de pro­tec­tion et de sur­veillance si­tuée au­tour d’un foyer (3 km et 10 km) font d’ailleurs l’ob­jet d’un test de dé­pis­tage sys­té­ma­tique avant l’abat­tage. Et, s’il est po­si­tif, le lot est re­ti­ré du mar­ché. Pour­quoi est-on aus­si cer­tain que ce vi­rus n’est pas conta­gieux ? Ce que l’on a dé­cou­vert, c’est que plu­sieurs vi­rus cir­culent en même temps : du H5N1, du H5N2, du H5N9. Mais ce qui im­porte, c’est que tous sont de type H5 et pas de type H1 (NDLR : nou­veau vi­rus mor­tel pour l’homme re­pé­ré no­tam­ment en 2009 au Mexique) et que, par ailleurs, tous ces H5 sont in­féo­dés à des souches eu­ro­péennes. En clair, ces vi­rus n’ont au­cun rap­port avec la li­gnée du vi­rus de 2006 qui, elle, était d’ori­gine asia­tique et pré­sen­tait des risques de trans­mis­sions à l’homme. Le mi­nis­tère de l’Agri­cul­ture parle pour­tant de vi­rus « hau­te­ment pa­tho­gènes »… Les trois souches trou­vées pour l’ins­tant le sont toutes, mais uni­que­ment pour les vo­lailles. Pour­quoi sont-elles si vi­ru­lentes ? C’est ce que cherchent à com­prendre les ex­perts de l’Agence na­tio­nale de sécurité sa­ni­taire. Pour ce­la, chaque cas fait l’ob­jet d’une en­quête épi­dé­mio­lo­gique ap­pro­fon­die. On ra­tisse la zone. On fait un re­cen­se­ment de tous les vo­la­tiles, y com­pris des oiseaux mi­gra­teurs. C’est une vraie en­quête po­li­cière… On re­cen­sait 3 foyers sa­me­di, on en est à 12 de­puis hier. L’épi­dé­mie va-t-elle s’étendre en­core ? Là en­core, c’est le mys­tère. Tant qu’on ne sait tou­jours pas d’où elle est par­tie, on n’y ver­ra pas clair. L’autre dif­fi­cul­té est que les pal­mi­pèdes (oies, ca­nards), contrai­re­ment aux pou­lets, dindes et pin­tades, expriment très peu le vi­rus. Ils peuvent être des por­teurs sains, ils n’en res­tent pas moins des ré­ser­voirs à vi­rus. Les risques de dif­fu­sion de­meurent donc grands.

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