Alerte aux pen­den­tifs ra­dio­ac­tifs

Ven­dus comme source d’éner­gie po­si­tive, ces bi­joux aug­mentent en fait le risque de can­cer de la peau.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - CH­RIS­TINE MATEUS C.M.

« VOUS POU­VEZ OB­TE­NIR une meilleure san­té et une plus grande vi­ta­li­té, en amé­lio­rant votre sou­plesse et en neu­tra­li­sant les éner­gies né­ga­tives. » Voi­là les pro­messes que vous trou­ve­rez en sur­fant sur des sites pro­po­sant à la vente des pen­den­tifs dits « éner­gé­tiques », « d’éner­gie sca­laire » ou « d’éner­gie quan­tique » (sic). Vous pour­riez même en­vi­sa­ger d’en of­frir pour Noël, pour des prix variant de 20 € à 50 €. Sauf que, d’après les ana­lyses de la Com­mis­sion de re­cherche et d’in­for­ma­tion in­dé­pen­dantes sur la ra­dio­ac­ti­vi­té (Crii­rad), la pro­messe qui peut être faite si l’on porte ces bi­joux est toute autre. L’as­so­cia­tion a en ef­fet poin­té hier un risque ac­cru de can­cer de la peau, un sar­come en par­ti­cu­lier, une tu­meur rare qui touche en­vi­ron 4 000 per­sonnes par an en France. Pour­quoi ? Le pen­den­tif contient une concen­tra­tion anor­ma­le­ment éle­vée de pro­duits ra­dio­ac­tifs, dé­pas­sant lar­ge­ment les li­mites ré­gle­men­taires.

Ils étaient re­com­man­dés pour les en­fants

« Il ne s’agit pas de faire pa­ni­quer les gens. Nous ne di­sons pas que toutes les per­sonnes qui le portent vont avoir un can­cer, mais, de fait, elles aug­mentent ce risque en le por­tant. Il nous sem­blait donc urgent de pré­ve­nir les consom­ma­teurs, sur­tout avant les fêtes », ex­plique Co­rinne Cas­ta­nier, res­pon­sable de la ré­gle­men­ta­tion et de la ra­dio­pro­tec­tion à la Crii­rad. D’au­tant que, sur les no­tices, on conseille de l’ar­bo­rer à son cou nuit et jour. Ces pen­den­tifs, de forme ronde et de cou­leur grise, por­tant l’ins­crip­tion gra­vée « Quan­tum science », étaient même re­com­man­dés pour les en­fants afin d’amé­lio­rer leurs ca­pa­ci­tés de concen­tra­tion et, donc, leurs résultats sco­laires.

« Je n’ai vu ces ni­veaux de ra­dio­ac­ti­vi­té qu’une seule fois et ils pro­ve­naient de mi­ne­rais is­sus de mines d’ura­nium fran­çaise ! Cinq mo­dèles ont été contrô­lés. Ma­jo­ri­tai­re­ment fa­bri­qués en Chine, ils sont ven­dus comme étant de la ro- che vol­ca­nique ja­po­naise. D’autres sites pré­fèrent dire qu’il s’agit de lave is­lan­daise. Après Fu­ku­shi­ma, le Ja­pon n’est peut-être plus aus­si ven­deur… Dans tous les cas, il s’agit de ra­dio­ac­ti­vi­té na­tu­relle, Fu­ku­shi­ma n’a donc rien à voir là-de­dans », pré­cise la spé­cia­liste.

La Crii­rad a donc sai­si la Di­rec­tion gé­né­rale de la concur­rence, de la consom­ma­tion et de la ré­pres­sion des fraudes (DGCCRF) afin que toutes les me­sures soient prises pour stop­per l’im­por­ta­tion et la com­mer­cia­li­sa­tion de ces ob­jets, et ré­clame la re­prise des exem­plaires dé­jà ven­dus.

eu­ros de dons ont dé­jà été ré­col­tés, mais c’est en­core très loin de la somme né­ces­saire pour soi­gner Ma­téo, 16 ans, at­teint d’une leu­cé­mie par­ti­cu­liè­re­ment agres­sive. L’ado­les­cent se trouve au­jourd’hui en soins pal­lia­tifs. Hier, sur les ondes de la ra­dio Eu­rope 1, dans « le Grand Di­rect de la san­té », sa mère a lan­cé un ap­pel à la gé­né­ro­si­té pu­blique pour pou­voir ras­sem­bler 172 000 €, le prix d’un trai­te­ment de la der­nière chance qui n’existe qu’aux Etats-Unis. Un trai­te­ment tou­jours au stade d’es­sai cli­nique, mais pro­met­teur : sur 22 cas trai­tés, 20 sont en­trés en ré­mis­sion grâce à la mo­di­fi­ca­tion gé­né­tique des lym­pho­cytes im­pli­qués dans la leu­cé­mie. Les mé­de­cins du CHU de Gre­noble (Isère), où était soi­gné Ma­téo, ont ju­gé que l’ado­les­cent était éli­gible à ce pro­to­cole. Les Amé­ri­cains sont éga­le­ment par­tants, à condi­tion… de ras­sem­bler la somme en une seule fois.

Un trai­te­ment sur dix se­maines

« Le comp­teur est lan­cé. On es­père pou­voir y al­ler dé­but jan­vier car le trai­te­ment est long, sur dix se­maines. Mais on ne sait même pas si Ma­téo au­ra en­core dix se­maines à vivre », té­moigne Eve­lyne, la ma­man à la voix com­ba­tive.

Le diag­nos­tic a été po­sé il y a deux ans. L’ado­les­cent a par la suite bé­né­fi­cié d’une chi­mio­thé­ra­pie, d’une ra­dio­thé­ra­pie et même d’une greffe de moelle os­seuse pour faire face à la ma­la­die. Après un es­poir de ré­mis­sion, le can­cer a res­sur­gi en juillet. « Oui, j’ai en­vie d’y al­ler, pour­suit Ma­téo à l’an­tenne. Ça me fait un peu peur parce que c’est l’in­con­nu, je ne sais pas trop ce qui va se pas­ser, mais j’ai en­vie de me battre pour y al­ler parce que c’est la seule so­lu­tion. » Pour faire un don, il est pos­sible de pas­ser par un vi­re­ment PayPal (http://le­pe­tit­ma­teo.over­blog.com/2015/12/vous-pou­vez­faire-un-don.html) ou d’en­voyer un chèque, li­bel­lé à Ma­téo Lepetit, à l’adresse sui­vante : Mai­rie de Saint-Pierre-de-Char­treuse, place de la Mai­rie, 38380 SaintPierre-de-Char­treuse.

(DR.)

Ma­téo, 16 ans, est au­jourd’hui en soins pal­lia­tifs. Sa mère a lan­cé un ap­pel à la gé­né­ro­si­té pu­blique pour réunir le prix d’un trai­te­ment aux Etats-Unis.

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