« Do­min­guez sau­ra par­ler aux

Son co­équi­pier au Stade Fran­çais entre 1997 et 2004

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - OLI­VIER FRAN­ÇOIS

IL NE VA PAS prendre tout de suite les clés du gros ca­mion. Pour le mo­ment, il va sim­ple­ment s’as­seoir à cô­té du conduc­teur et ob­ser­ver. Die­go Do­min­guez, l’an­cien ou­vreur du XV d’Ita­lie (74 sélections), qui ar­rive au­jourd’hui à Tou­lon, ne suc­cé­de­ra à Ber­nard La­porte, le ma­na­geur des Va­rois, qu’en juin pro­chain. Mais en at­ten­dant, ce­lui qui a fait les beaux jours du Stade Fran­çais entre 1997 et 2004 (4 bou­cliers de Bren­nus en 1998, 2000, 2003 et 2004), va s’at­te­ler à ap­prendre son mé­tier d’en­traî­neur au sein du staff du triple cham­pion d’Eu­rope en titre. Ar­ri­vé d’Ar­gen­tine où il était de­ve­nu homme d’af­faires, Do­min­guez re­plonge tout en­tier dans le rug­by, à 49 ans. Un nou­veau dé­fi qui n’étonne pas ses an­ciens co­équi­piers, en­core mar­qués par le ca­rac­tère et la dis­ci­pline que ce ga­ba­rit de poche (1,72 m) a mon­trés tout au long de sa car­rière.

« Nous sommes ar­ri­vés la même an­née, en 1997, au Stade Fran­çais, ra­conte Tho­mas Lom­bard, l’an­cien trois-quarts in­ter­na­tio­nal dé­sor­mais consul­tant pour Ca­nal + et RMC. Die­go ve­nait de Mi­lan, le rug­by com­men­çait à être pro­fes­sion­nel et lui, il l’avait dé­jà in­té­gré. Il nous a don­né des le­çons dans tous les do­maines. Il était d’une exi­gence folle en­vers lui-même. Que ce soit à l’en­traî­ne­ment où il s’im­po­sait des séances sup­plé­men­taires de tirs au but tous les jours, sous n’im­porte quel temps, ou alors au ni­veau de la dié­té­tique ou de la ré­cu­pé­ra- tion. Il ne lais­sait rien au ha­sard. » Au­cun re­lâ­che­ment. Ja­mais. Le joueur montre l’exemple et tire la troupe vers l’ex­cel­lence. « Il dé­tes­tait perdre, au rug­by, mais aus­si aux cartes ou à n’im­porte quel autre jeu, ajoute Lom­bard. D’ailleurs, par cer­tains cô­tés, il res­semble à Jon­ny Wil­kin­son. Il y a chez eux une dif­fi­cul­té à ap­pré­cier les bons mo­ments, même les suc­cès, car ils sont tel­le­ment exi­geants qu’ils ne sont ja­mais vrai­ment sa­tis­faits. »

« C’est sûr, il sau­ra par­ler aux Tou­lon­nais, en­chaîne Ch­ris­tophe Do­mi­ni­ci, qui l’a éga­le­ment cô­toyé au sein du club pa­ri­sien de 1997 à 2004. Il au­ra le dis­cours de très haut ni­veau pour s’adres­ser à des cham­pions. Mais la dif­fi­cul­té, c’est de suc­cé­der à Ber­nard La­porte. Il va prendre des coups, for­cé­ment, et ce se­ront les résultats qui dé­ci­de­ront. Dans le rug­by mo­derne, tout va très vite et à Tou­lon plus en­core qu’ailleurs. Il n’y a pas be­soin de beau­coup de dé­faites pour que tout aille très mal. »

Tho­mas Lom­bard voit des rai­sons d’être op­ti­miste : « Il va avoir du temps pour ob­ser­ver et ap­prendre avant de di­ri­ger vrai­ment. Et puis, il vient de voya­ger au­tour du monde, en Nou­velle-Zé­lande no­tam­ment, pour se pré­pa­rer. » « Je ne sais pas s’il réus­si­ra ou non, mais il a la trempe pour ça », conclut le ca­pi­taine de l’Ita­lie et du Stade Fran­çais Ser­gio Pa­risse, qui le connaît bien.

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