« J’adore l’opé­ra de­puis mes 8 ans »

Anne Sin­clair, pré­sente « Fau­teuils d’or­chestre », ce soir à 20 h 50 sur France 3. De l’opé­ra en prime, un dé­fi pour son re­tour à la té­lé­vi­sion.

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - Pro­pos recueillis par HÉ­LÈNE BRY

LE TEMPS D’UNE SOI­RÉE, et après dix-huit ans d’abs­ti­nence ca­tho­dique, Anne Sin­clair re­vient à la té­lé. Elle y pré­sente — sa­cré dé­fi ! — un prime time sur la mu­sique clas­sique, avec la su­pers­tar de l’opé­ra Ruggero Raimondi comme in­vi­té prin­ci­pal. Mais la star de la soi­rée, c’est aus­si la di­rec­trice édi­to­riale du « Huf­fing­ton Post » fran­çais, et in­ter­vie­weuse à Eu­rope 1, dont les jo­lis yeux bleus prennent tou­jours aus­si bien la lu­mière. Com­ment vous êtes-vous re­trou­vée aux com­mandes de cette émis­sion ? ANNE SIN­CLAIR. C’est France 3 et Mor­gane Production qui sont ve­nus me cher­cher. J’ai com­men­cé par dire « Ah non moi, la té­lé, je n’ai plus très en­vie. » Puis en re­gar­dant de plus près le pro­jet, je me suis dit : « Si, ça m’amuse ! » Le clas­sique, et l’opé­ra, sont des pas­sions qui re­montent à l’en­fance. Or ils cher­chaient non pas un spé­cia­liste, mais un ama­teur qui fasse par­ta­ger son en­thou­siasme. Une pas­sion qui re­monte à l’en­fance ? Oui. J’avais un père très mé­lo­mane, qui m’em­me­nait dès l’âge de 8 ans aux fa­meux Concerts Co­lonne (pour les en­fants et les per­sonnes âgées) le di­manche ma­tin au Châ­te­let. Et ma grand-mère, ma­ter­nelle cette fois, ado­rait l’opé­ra. Elle avait une jo­lie voix, et m’a em­me­née très tôt voir « Faust » ou « la Bo­hême ». J’ai été em­bal­lée ! J’avais des 33 tours et j’écou­tais de l’opé­ra en boucle, au point que ma mère me de­man­dait de fer­mer les portes quand elle n’en pou­vait plus. « Anges purs, anges ra- dieux, por­tez mon âme au fond des cieux », par­fois elle sa­tu­rait (elle rit). Et pour les opé­ras ita­liens, comme je ne com­pre­nais pas, je sui­vais sur le li­vret les pa­roles tra­duites en fran­çais. Donc je connais « la Bo­hême » en fran­çais, ce qui ne se chante ab­so­lu­ment ja­mais… (elle s’amuse à l’en­ton­ner d’une voix en­fan­tine). Ça ne vous a pas don­né en­vie de chan­ter ou de jouer d’un ins­tru­ment ? Si ! Mais je n’étais pas douée (elle rit en­core). J’ai fait du pia­no, mais j’ai vite ar­rê­té. Avec un ar­gu­ment hy­po­crite mais ef­fi­cace. Dire à mes pa­rents : « J’aime trop la mu­sique pour mal l’in­ter­pré­ter », une belle ex­cuse de pa­resse… Pour moi la mu­sique est un re­fuge, un be­soin. Quand je tra­vaille sur un dos­sier, je mets de l’opé­ra, Ver­di, Puc­ci­ni, Mo­zart, ou du pia­no, Cho­pin ou Schu­bert. Et sur mon iPod, quand je marche, j’écoute Léo Fer­ré, Bar­ba­ra ou Adèle. L’émis­sion est cen­trée sur Raimondi. Il est in­croyable… C’est un type for­mi­dable, et quelle voix ! Il in­ter­prète trois airs bou­le­ver­sants : l’air de Phi­lippe II dans « Don Car­lo » de Ver­di, le mo­no­logue de Ia­go dans « Othel­lo », et l’air de la ca­lom­nie dans « le Bar­bier de Sé­ville ». C’est à la fois un très grand chan­teur et un très grand co­mé­dien. A l’époque, c’était même un « sexe -sym­bole » dans le film « Don Gio­van­ni » de Lo­sey. Cet homme sym­pa­thique, in­tel­li­gent et heu­reux de vivre rend l’opé­ra ac­ces­sible.

« Il y a un pas­sage très char­mant avec un Bruel très ad­mi­ra­tif, très pe­tit gar­çon de­vant Raimondi »

Par­mi les sur­prises de ce soir, il y a aus­si Bruel… Il adore l’opé­ra, il s’y es­saye, et là il chante « Vienne » de Bar­ba­ra avec l’Or­chestre sym­pho­nique de Pa­ris. Il y a un pas­sage très char­mant avec un Bruel très ad­mi­ra­tif, très pe­tit gar­çon de­vant Raimondi. Ce­la fait dix-huit ans que vous n’aviez pas fait de té­lé. C’est comme le vé­lo ? Com­plè­te­ment ! Mais ce genre de pro­gramme, je ne m’y étais ja­mais es­sayée. J’ai fait tel­le­ment d’in­ter­views in­ti­mistes et d’in­ter­views po­li­tiques. Mais une émis­sion avec 75 mu­si­ciens, 15 in­vi­tés, du pu­blic, 32 pla­teaux, c’est une très grosse ma­chine. Je n’étais pas sûre d’y ar­ri­ver, mais on a tout tour­né en une fois. J’ai éprou­vé beau­coup de plai­sir à la faire et j’es­père que ça se sent.

(Jean-Phi­lippe Baltel.)

Après dix-huit ans d’ab­sence à la té­lé­vi­sion, Anne Sin­clair se­ra aux com­mandes d’une émis­sion consa­crée à la mu­sique clas­sique, une de ses grandes pas­sions. Elle re­ce­vra une cé­lé­bri­té de l’opé­ra : Ruggero Raimondi.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.