Be­noît La­vigne joue la carte de l’éclec­tisme au Lu­cer­naire

Le Parisien (Paris) - - PARIS - PHI­LIPPE BAVEREL

A DEUX PAS du jar­din du Luxem­bourg, le Lu­cer­naire (VIe) est sans conteste le théâtre le plus pro­téi­forme de Pa­ris ! A telle en­seigne que l’ap­pel­la­tion « centre cultu­rel » convien­drait peut-être mieux à l’es­prit des lieux que le nom théâtre. Avec ses trois salles de ci­né­ma art et es­sai, ses trois salles de théâtre (deux de 120 places et une d’une cin­quan­taine), son école d’art dra­ma­tique di­ri­gée par Phi­lippe Per­son, sa li­brai­rie spé­cia­li­sée en théâtre et ci­né­ma, son bar et son res­tau­rant (soit 1 300 m2 au to­tal), le Lu­cer­naire est d’abord un lieu de ren­contres entre les ar­tistes et avec le pu­blic.

36 sa­la­riés et un bud­get an­nuel d’un mil­lion d’eu­ros

En fé­vrier 2015, les édi­tions L’Har­mat­tan, pro­prié­taire des lieux, ont nom­mé Be­noît La­vigne à la tête de l’éta­blis­se­ment. Si ce met­teur en scène connu qui a no­tam­ment « ac­com­pa­gné », comme il dit avec élé­gance, Gé­rard De­par­dieu et Anouk Ai­mée dans « Love Let­ters » au théâtre An­toine en 2014, a ac­cep­té de re­le­ver le dé­fi, c’est parce que « j’ai en­vie de me battre pour ce que ce lieu de culture ne dis­pa­raisse pas », confie-t-il. La par­tie n’est pas ga­gnée d’avance. Le Lu­cer­naire, qui em­ploie 36 per­sonnes et tourne avec un bud­get an­nuel d’un mil­lion d’eu­ros, fait face à d’im­por­tantes dif­fi­cul­tés éco­no­miques. Théâtre pri­vé ne bé­né­fi­ciant pas de sub­ven­tion pu­blique (mis à part 15 000 € ac­cor­dés par la mu­ni­ci­pa­li­té pour le ci­né­ma d’art et es­sai), il a re­joint en sep­tembre l’as­so­cia­tion de sou­tien pour le théâtre pri­vé (ASTP) qui lui per­met no­tam­ment de fi­nan­cer des ta­rifs jeunes à 11 € la place (le plein ta­rif est à 26 €). « Le Lu­cer­naire qui pro­gram- me une cin­quan­taine de spec­tacles par an, doit res­ter le lieu de tous les théâtres, clas­sique ou contem­po­rain, sans fron­tière entre pri­vé et pu­blic », mar­tèle Be­noît La­vigne, bien dé­ci­dé à jouer la carte de l’éclec­tisme. A l’af­fiche en ce mo­ment, « Le neveu de Ra­meau » de Di­de­rot cô­toie « Ta­bou », un texte de Lau­rence Fé­vrier sur le viol écrit à par­tir de la plai­doi­rie de Gi­sèle Ha­li­mi à la cour d’as­sises d’Aix en Pro­vence, le 3 mai 1978. Sans ou­blier le seul en scène de l’hu- 1968. Les co­mé­diens, au­teurs et met­teurs en scène Ch­ris­tian Le Guillo­chet et Luce Ber­thom­mé créent, rue d’Odes­sa (XIVe), le Lu­cer­naire, « lieu ou­vert à toutes les formes d’ex­pres­sion ar­tis­tique », avec le sou­tien du co­mé­dien Laurent Ter­zieff. 1976. Le Lu­cer­naire s’ins­talle à son adresse ac­tuelle, au 53, rue No­treDame-des-Champs (VIe). 1984. Il re­çoit le titre de centre na­tio­nal d’art et es­sai. 2004. Les édi­tions L’Har­mat­tan ra­chètent le Lu­cer­naire. De nom­breux co­mé­diens ont fait leurs pre­miers pas au Lu­cer­naire : Gé­rard De­par­dieu, Mi­chael Lons­dale, Jacques Hi­ge­lin, Da­ny Boon, Laurent Ter­zieff… « Lu­cer­naire » vient du mot la­tin « Lu­cer­na­rium » qui dé­signe le mo­ment où la nuit tombe et où l’on al­lume les lampes. mo­riste Ben, in­ti­tu­lé « Ben, éco-res­pon­sable » qui connaît un grand suc­cès. 53, rue Notre-Dame des Champs (VIe). 01.45.44.57.34 ou www.lu­cer­naire.fr.

(LP/Ph.B.)

Rue Notre-Dame-des-Champs (VIe). Be­noît La­vigne avoue : « J’ai en­vie de me battre pour que ce lieu de culture ne dis­pa­raisse pas ».

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