La so­li­tude de Ch­ris­tian, PS, qui tracte pour la droite

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Si­miane-Col­longue (Bouches-du-Rhône) De notre cor­res­pon­dant Ch­ris­tian Ar­naud, mi­li­tant so­cia­liste MARC LERAS

« BON­JOUR, c’est pour les élec­tions di­manche, la gauche qui ap­pelle à vo­ter pour la droite ! » De­vant la poste de Si­miane-Col­longue, vil­lage si­tué entre Aix-en-Pro­vence et Mar­seille, le mi­li­tant so­cia­liste Ch­ris­tian Ar­naud dis­tri­bue les tracts, de cou­leur noire, du PS ap­pe­lant à vo­ter pour Ch­ris­tian Es­tro­si. En Pro­ven­ceAlpes-Côte d’Azur (Paca), le can­di­dat so­cia­liste Ch­ris­tophe Cas­ta­ner, ar­ri­vé troi­sième à l’is­sue du pre­mier tour, s’est re­ti­ré de la course pour faire bar­rage au FN. Du coup, la gauche, qui di­ri­geait la ré­gion de­puis 1998 n’au­ra au­cun élu au con­seil ré­gio­nal.

A quelques heures de la fin de la cam­pagne of­fi­cielle pour le se­cond tour, hier soir, Ch­ris­tian Ar­naud a écou­lé dans l’après-mi­di 800 tracts, don­nés de la main à la main ou sur­tout glis­sés dans les boîtes aux lettres. Cet in­gé­nieur à la re­traite de 67 ans, adhé­rent du PS de­puis la fin des an­nées 1990, se sent un peu seul. « On manque de vo­lon­taires, re­con­naît-il. Si l’idée de vo­ter Es­tro­si fait peu à peu son che­min chez les militants, ce n’est pas la même chose de faire cam­pagne pour lui. Les plus an­ciens ont connu le deuxième tour de 2002 et trouvent qu’ils n’ont pas été payés en re­tour par Chi­rac. » Lui n’a pas d’états d’âme : « Je ne veux pas que le FN di­rige la ré­gion et le pre­mier en­jeu di­manche, c’est le re­port des voix de gauche. C’est pour ça que je mouille ma che­mise, même si j’au­rais pré­fé­ré le faire pour mon can­di­dat. »

Dans cette com­mune qui a pla­cé lar­ge­ment en tête Ma­rion Ma­ré­chalLe Pen di­manche der­nier, les élec­teurs de gauche sont loin de tous ap­prou­ver la dé­ci­sion de re­trait prise par Sol­fé­ri­no. « J’ai jus­qu’à di­manche pour ré­flé­chir et me dé­ci­der, mais pour le mo­ment, Es­tro­si, ça a du mal à pas­ser », confirme Ma­rie-Odile en pre­nant son tract. « J’at­tends qu’il donne des signes, mais le ni-ni de Sar­ko­zy ne l’a pas ai­dé. » Une adhé­rente de la sec­tion lo­cale du PS avoue qu’elle vo­te­ra blanc de­main. « Je suis très loin d’être convain­cue, pour moi, Es­tro­si et Ma­ré­chalLe Pen, c’est la même chose, es­time-t-elle. Et comme dit mon fils, il vaut peut-être en­core mieux avoir l’ori­gi­nal. »

Le PS des Bouches-du-Rhône a ef­fec­tué plu­sieurs dis­tri­bu­tions de tracts à Mar­seille et dans les alen­tours de­puis le dé­but de la se­maine et il mul­ti­plie les ap­pels à vo­ter Es­tro­si sur les ré­seaux so­ciaux. « On veut ex­pli­quer que s’abs­te­nir, c’est vo­ter FN, sou­ligne Jean-Da­vid Ciot, le se­cré­taire fé­dé­ral du PS. C’est un mes­sage à des­ti­na­tion de nos adhé­rents et des militants qui ont du mal à fran­chir le pas. »

« Le pre­mier en­jeu di­manche, c’est le re­port

des voix de gauche »

Si­miane-Col­longue (Bouches-du-Rhône), hier. Ch­ris­tian Ar­naud a écou­lé dans l’après-mi­di 800 tracts, de cou­leur noire, du PS ap­pe­lant à vo­ter pour Ch­ris­tian Es­tro­si.

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