« On nous a fait croire que c’était pour la tem­pête ! »

Hier, des col­lé­giens pa­ri­siens ont fait un exer­cice de confi­ne­ment. Tous les éta­blis­se­ments doivent or­ga­ni­ser des si­mu­la­tions de ce plan, re­lan­cé après les at­ten­tats.

Le Parisien (Paris) - - SOCIÉTÉ - Oli­vier Morges, com­mis­saire di­vi­sion­naire CÉ­LINE CAREZ

« TOUS SOUS LES TABLES, uti­li­sées en bou­clier ! », « Loin des fe­nêtres ! », « Por­tables éteints­pour gar­der de la bat­te­rie ! ». Hier ma­tin, les élèves du col­lège pa­ri­sien Ma­da­mede-Staël (XVe) ont exé­cu­té ces ordres lan­cés à l’oc­ca­sion d’un exer­cice de confi­ne­ment. Une pre­mière dans ce col­lège du quar­tier Pas­teur, où les 500 élèves n’avaient vé­cu jusque-là que des éva­cua­tions in­cen­die.

« A la suite des at­ten­tats, on a ré­ac­ti­vé le PPMS a pas sou­vent ! Et vu qu’il y avait eu tous ces at­ten­tats, on s’est dit que c’était peut-être lié à ça », confie-t-il à la sor­tie du col­lège.

« Nous, on nous a pré­ve­nus mer­cre­di, in­dique Lau­rence*, élève de 3e. Un prof nous a dit que c’était pour les ca­tas­trophes na­tu­relles, genre tem­pête, avant qu’un autre ne nous lâche : Ils ne disent pas les mots. Mais c’est pour les at­ten­tats. »

De 11 heures à mi­di, toutes les classes de la 6e à la 3e ont été mo­bi­li­sées, dans dif­fé­rents en­droits du col­lège, dans les classes comme à la can­tine en sous-sol. « Les sur­veillants ont uti­li­sé les mé­ga­phones, ra­conte Ma­thias, élève de 6e. Ils di­saient : Eloi­gnez-vous des fe­nêtres ! » « Nous, pré­cise Ra­phaëlle, élève de 3e, on nous avait pré­ve­nus une se­maine à l’avance. On était dans un scé­na­rio où, lors d’une tem­pête, un arbre fra­cas­sait les vitres de la classe. On avait un bles­sé. D’abord, on de­vait dé­pla­cer les tables, s’en ser­vir comme pro­tec­tion. Puis on nous a fait sor­tir par ran­gées dans le cou­loir. On s’est as­sis en tailleur contre le mur et on a at­ten­du. L’in­fir­mière est ve­nue cher­cher le bles­sé. » « Nous, on nous a fait des­cendre dans la can­tine. On était 80. C’était un peu le ba­zar. Le prof de sport uti­li­sait son sif­flet. Heu­reu­se­ment, la veille, on nous avait dit d’ame­ner des jeux de cartes. On a joué au Uno, ça a du­ré une heure. »

« Il faut sanc­tua­ri­ser les éta­blis­se­ments, rap­pelle Oli­vier Morges, com­mis­saire di­vi­sion­naire, chef du ser­vice de la pré­ven­tion de po­lice ad­mi- nis­tra­tive et de do­cu­men­ta­tion. Cette opé­ra­tion est une col­la­bo­ra­tion entre l’éta­blis­se­ment, la pré­fec­ture de po­lice et les pom­piers. » « Tem­pête ou at­ten­tat, il n’y a pas de su­jet ta­bou. Il ne faut pas faire peur aux en­fants mais les res­pon­sa­bi­li­ser », ajoute-t-il. « Moi, concluait en fin de ma­ti­née un pe­tit 6e sous sa ca­puche d’ano­rak, j’ai trou­vé ça bien. On a eu une heure de cours en moins. Et ils nous ont don­né des gâ­teaux ! »

« Il ne faut pas faire peur aux en­fants mais les res­pon­sa­bi­li­ser »

* Les pré­noms ont été chan­gés.

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