Les dé­pas­se­ments coûtent en­core plus cher

Mis en place en 2012, les contrats d’ac­cès aux soins ont per­mis de ré­duire le nombre de dé­pas­se­ments d’ho­no­raires. Sauf que la fac­ture glo­bale a grim­pé. Ex­pli­ca­tions.

Le Parisien (Paris) - - ÉCONOMIE - DA­NIEL ROSENWEG ER­WAN BE­NE­ZET

UN SUC­CÈS… seule­ment en ap­pa­rence. Pour la pre­mière fois de­puis leur créa­tion en 2012, l’As­su­rance ma­la­die vient de pu­blier un bi­lan des contrats d’ac­cès aux soins (CAS) dont l’ob­jec­tif était de ré­duire les dé­pas­se­ments d’ho­no­raires des mé­de­cins au­to­ri­sés à en pra­ti­quer, ceux du sec­teur 2 (lire ci-des­sous). Le point po­si­tif : le nombre d’actes sou­mis à dé­pas­se­ment a bais­sé de 1 % contre + 2 % avant 2012. Mais ce bi­lan cache une mau­vaise sur­prise. Car la mise en place de ces contrats a per­mis dans le même temps à des mé­de­cins in­ter­dits de dé­pas­se­ments (ceux du sec­teur 1) d’en pra­ti­quer. Ils sont 3 407 dans ce cas, sur les 11 441 mé­de­cins ayant adhé­ré aux CAS au 30 sep­tembre. Consé­quence : le mon­tant glo­bal des dé­pas­se­ments a grim­pé, pas­sant de 2,6 Mds€ en 2012 à 2,8 Mds€ en 2014. 200 M€ pris en charge par les com­plé­men­taires san­té ou ré­glés par le pa­tient.

Tour de passe-passe

De quoi faire hur­ler l’UFC-Que choi­sir qui parle de « tour de passe-passe sur la baisse an­non­cée des dé­pas­se­ments » et dé­nonce « l’im­passe du contrat d’ac­cès aux soins qui n’est pas une so­lu­tion ». Chi­rur­gien or­tho- pé­diste à Bor­deaux, Xa­vier Gouyou Beau­champ as­sume sa sor­tie du sec­teur 1, et donc le dé­pas­se­ment d’ho­no­raires : « Je m’y était ins­crit en 1990, car je vou­lais me sim­pli­fier les ho­no­raires. Ce choix était alors ré­ver­sible et on nous avait pro­mis une hausse des ta­rifs de rem­bour­se­ment en chi­rur­gie. Un an plus tard, la sor­tie du sec­teur 1 était in­ter­dite, et il a fal­lu at­tendre 2005 pour voir la pre­mière et seule hausse des ta­rifs ! »

Chi­rur­gien à Li­moges en sec­teur 2, Da­niel Set­ton, lui, re­fuse d’adhé­rer au CAS : « C’est une pri­son, en cas de fortes hausses des charges, comme c’est ar­ri­vé avec le RSI en 2012 (NDLR : ré­gime so­cial des in­dé­pen­dants). On n’a pas moyen de les ré­per­cu­ter. Et les hausses des ta­rifs de rem­bour­se­ments par la Sé­cu de­vront être com­pen­sées par des baisses d’ho­no­raires. » C’est sans doute pour cette rai­son que peu de mé­de­cins quittent le sec­teur 2. Le CAS sé­duit sur­tout les nou­veaux mé­de­cins. La baisse réelle des ho­no­raires pren­dra du temps. Consé­quences di­rectes de cette dis­pa­ri­tion : les co­ta­tions des titres de Fo­sun et de ses fi­liales ont été sus­pen­dues, hier ma­tin, aux Bourses de Shan­ghai et de Hongkong. Une nLES ÉLUS DU CCE D’EDF (co­mi­té cen­tral d’en­tre­prise) ont dé­clen­ché « pour la pre­mière fois » un droit d’alerte de­vant la si­tua­tion « éco­no­mique et so­ciale pré­oc­cu­pante » du groupe. Ils de­mandent no­tam­ment à EDF de leur four­nir des « ex­pli­ca­tions cir­cons­tan­ciées » sur la baisse de 40 % du cours de l’ac­tion de­puis le dé­but de l’an­née, les pertes de parts de mar­ché, l’avan­ce­ment du chan­tier du ré­ac­teur EPR de Fla­man­ville, et la construc­tion des deux EPR en Angleterre. hy­po­thèse se­rait que Guo Guang­chan a été ar­rê­té dans le cadre de la lutte an­ti­cor­rup­tion lan­cée par le pré­sident de la Ré­pu­blique, Xi Jin­ping. Le pa­tron de Fo­sun est en ef­fet un proche de Jiang Ze­min, l’an­cien homme fort de la Chine, et de son « clan de Shan­ghai ». Pas vrai­ment dans les pe­tits pa­piers de l’ac­tuel gou­ver­ne­ment, donc.

Cette af­faire étrange en rap­pelle une autre : la dis­pa­ri­tion, en juin, d’un autre bu­si­ness­man chi­nois, qui lui aus­si avait des in­té­rêts en France. Mis en cause dans une en­quête sur la com­pa­gnie aé­rienne Chi­na Sou­thern Air­lines, Mike Poon, à l’époque aux ma­nettes du consor­tium ges­tion­naire de l’aé­ro­port de Tou­louse, s’était lui aus­si vo­la­ti­li­sé. Les seules nou­velles qu’il a don­nées, de­puis, se ré­sument à une lettre de dé­mis­sion, en sep­tembre. Pour ce qui est de M. Guo, le pro­prié­taire du Club Med, sa so­cié­té Fo­sun a fi­na­le­ment fait sa­voir hier soir que ce­lui-ci ap­por­tait son aide « à cer­taines in­ves­ti­ga­tions me­nées par les au­to­ri­tés ju­di­ciaires ».

HUIT MOIS DE CRISE, le construc­teur au­to­mo­bile ja­po­nais Nis­san et le gou­ver­ne­ment fran­çais sont par­ve­nus à un « ac­cord de sta­bi­li­sa­tion » en­ca­drant l’in­fluence de l’Etat au sein du groupe au lo­sange. Cet ac­cord entre les deux plus im­por­tants ac­tion­naires de l’en­tre­prise fran­çaise main­tient les droits de vote double de l’Etat (l’une des pommes de dis­corde), mais pré­voit aus­si leur pla­fon­ne­ment dans cer­tains cas.

La chi­rur­gie est une des spé­cia­li­tés où des mé­de­cins ont quit­té le sec­teur 1 pour le 2.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.