Re­fou­lés d’un bow­ling, les agents ERDF coupent le jus

Le gé­rant du bow­ling de Mau­re­pas (Yve­lines) a por­té plainte après cet acte de mal­veillance qui a pro­vo­qué la pa­nique.

Le Parisien (Paris) - - FAITS DIVERS - Mau­re­pas (Yve­lines) FRAN­ÇOIS-XA­VIER CHAU­VET

IL N’EN RE­VIENT tou­jours pas. « En quinze ans de vie pro­fes­sion­nelle, je n’avais ja­mais vu ça. C’est scan­da­leux », lance Joao To­ma­sio, le gé­rant du bow­ling de la zone de loi­sirs de Mau­re­pas (Yve­lines). Jeu­di soir, des agents d’ERDF, mé­con­tents d’avoir été re­fou­lés à l’en­trée de l’éta­blis­se­ment, ont pu­re­ment et sim­ple­ment cou­pé le cou­rant du bow­ling. « Une ven­geance » qui a plon­gé tous les com­merces de la zone de loi­sirs dans le noir en pleine heure de pointe.

Il était 20 h 30, lors­qu’un groupe d’une ving­taine de per­sonnes, dont cer­tains ar­ri­vés dans un four­gon sé­ri­gra­phié ERDF, s’est pré­sen­té de­vant l’éta­blis­se­ment. Pas­sa­ble­ment émé­chés pour une par­tie d’entre eux se­lon le vi­gile, ils sou­hai­taient pour­suivre un apé­ro fes­tif com­men­cé un peu plus tôt au­tour d’une par­tie de bow­ling. « Le vi­gile a des consignes et il a donc dit à ceux qui étaient ivres qu’ils ne pour­raient pas ren­trer », ra­conte le gé­rant. Mé­con­tent, l’un des pro­ta­go­nistes au­rait lan­cé : « On ne peut pas ren­trer, on va te cou­per le jus. » Le groupe quitte en­suite les lieux. Mais une di­zaine de mi­nutes plus tard, c’est la cou­pure gé­né­rale.

Une plon­gée dans le noir qui en­traîne le dé­clen­che­ment des alarmes et pro­voque un dé­but de pa­nique par­mi la cen­taine de clients pré­sents. « J’avais le dî­ner d’un co­mi­té d’en­tre­prise réunis­sant 30 per­sonnes et tout un groupe de ly­céens, sans comp­ter les autres clients », peste Joao To­ma­sio, qui es­time son pré­ju­dice à près de 20 000 €.

Des bou­teilles dans le four­gon

Ap­pe­lée en ren­fort, l’équipe d’as­treinte d’ERDF s’est pré­sen­tée quelques mi­nutes plus tard. « Le vi­gile en a re­con­nu un qui fi­gu­rait par­mi le groupe », as­sure le gé­rant. Après avoir ré­ta­bli le cou­rant, les trois agents ont été conduits au com­mis­sa­riat où ils ont su­bi un contrôle d’al­coo­lé­mie qui « s’est avé­ré po­si­tif pour l’un d’entre eux » in­dique une source po­li­cière. Des bou­teilles au­raient éga­le­ment été re­trou­vées dans le four­gon d’ERDF.

Le trio se­ra re­con­vo­qué ul­té­rieu­re­ment. « Nous al­lons es­sayer de sa­voir qui a fait quoi », ajoute la même source. Seule cer­ti­tude à ce stade, la cou­pure réa­li­sée au ni­veau d’un trans­for­ma­teur haute ten­sion n’a pu être faite que par des pro­fes­sion­nels. « Il fal­lait une clé spé­ciale pour l’ou­vrir », confirme la po­lice.

Le ou les au­teurs n’en­courent a prio­ri qu’une simple contra­ven­tion (1 500 € au maxi­mum), sauf si les faits sont re­qua­li­fiés en dé­lit par la suite. Mais les consé­quences pro­fes­sion­nelles pour­raient être plus graves. « Nous avons dé­po­sé plainte contre X et lan­cé une en­quête in­terne. Nous pren­drons les me­sures adap­tées », as­sure Ber­nard Cos­ta­glio­la, di­rec­teur ré­gio­nal d’ERDF, qui a pré­sen­té ses ex­cuses aux com­mer­çants pour la gêne oc­ca­sion­née.

Car la très mau­vaise ini­tia­tive des fê­tards n’a pas tou­ché que le bow­ling : la tren­taine de clients at­ta­blés au Bis­trot du Bou­cher voi­sin en a été quitte pour ren­trer le ventre vide. L’un des fours de l’éta­blis­se­ment n’a pas sur­vé­cu à la brusque cou­pure d’élec­tri­ci­té. Le res­tau­ra­teur va por­ter plainte lui aus­si. Tout comme son ho­mo­logue de Just’ Play, un com­plexe de football in­door, où la soi­rée a aus­si tour­né court. « C’est plus bête que méchant », glisse le gé­rant, Loïc Lamotte, phi­lo­sophe.

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