Les Bleus ser­vis comme des rois ?

Ti­rage au sort. A 181 jours du dé­but de l’Eu­ro 2016 or­ga­ni­sé sur son sol, la France se­ra fixée ce soir sur l’iden­ti­té de ses ad­ver­saires. Son sta­tut de tête de sé­rie est sus­cep­tible de lui évi­ter un pre­mier tour dé­li­cat.

Le Parisien (Paris) - - EURO 2016 - BEIN SPORTS 1 ET TF 1, 18 H 30 DO­MI­NIQUE SÉ­VÉ­RAC

L’ÉQUIPE DE FRANCE, ce n’est pas qu’une af­faire de sex-tape ou de pré­sident qui fait res­sem­bler une confé­rence de presse à un spec­tacle de chan­son­nier. C’est aus­si ou par­fois du football et, ce soir, elle entre de plain-pied dans la com­pé­ti­tion avec le ti­rage au sort de l’Eu­ro 2016 or­ga­ni­sé à Pa­ris.

D’ha­bi­tude, c’est le dé­but de la fête. Les cir­cons­tances du mo­ment rendent le mo­ment étrange. Dans l’ac­tua­li­té brû­lante des Bleus qui ne re­joue­ront pas avant le mois de mars et un en­chaî­ne­ment Pays-Bas et Rus­sie en ami­cal, c’est au mi­ni­mum une pa­ren­thèse, au mieux l’oc­ca­sion de dé­battre d’autre chose pen­dant quelques jours. L’équipe de France va donc sa­voir et Di- dier Desc­hamps et son staff com­men­cer leur tra­vail d’ana­lyse des ad­ver­saires. Compte te­nu de sa fra­gi­li­té spor­tive, même si ça va mieux, et de son af­fai­blis­se­ment mo­ral, il existe des ti­rages presque pires qu’une mise en exa­men.

Avec l’Ita­lie de Ver­rat­ti, la Suède d’Ibra­hi­mo­vic et la Tur­quie de Tu­ran, bien­tôt joueur du FC Bar­ce­lone, les Bleus se di­raient vrai­ment que l’an­née 2015 n’était pas la leur et qu’il est temps qu’elle se ter­mine. Dans un tel scé­na­rio, les par­te­naires de Llo­ris ne se­raient pas for­cé­ment fa­vo­ris, mais une telle ad­ver­si­té au­rait le mé­rite de les pla­cer d’em­blée dos au mur pour abor­der l’épreuve sans re­lâ­che­ment. L’Ita­lie est vrai­ment l’épou­van­tail du cha- peau 2 que les ca­dors réunis dans le 1 (outre la France, l’Al­le­magne, l’Espagne, l’Angleterre, le Por­tu­gal et la Bel­gique) vou­dront tous évi­ter. Une sélection n’y échap­pe­ra pas et il ne fau­dra pas cher­cher plus loin le fa­meux « groupe de la mort », ré­cur­rence consub­stan­tielle à tout ti­rage au sort de bal­lon rond.

Mais c’est ou­blier que Desc­hamps à lui seul est un rem­part à la si­nis­trose, un bou­clier an­ti­stress, un fai­seur de rêves. On le dit es­cor­té par la chance dans sa car­rière.

Ce n’est, en fait, que son ta­lent qui l’a me­né là où il est et c’est le mo­ment de le prou­ver. Sa bonne étoile avait dé­jà opé­ré à la Coupe du monde 2014 avec un groupe très abor­dable pour les Bleus (Suisse, Hon­du­ras, Equa­teur) qui avaient en­fin rem­por­té leur pre­mier match cou­pe­ret contre le Ni­ge­ria, Mon­dial + Eu­ro confon­dus, de­puis 2006. Pour ça, il faut sor­tir de la poule et un groupe qui réuni­rait l’Au­triche, la Hon­grie et l’Is­lande leur don­ne­rait des al­lures de fa­vo­ri et confor­te­rait leur élan.

Le pays or­ga­ni­sa­teur, de fac­to, voit tou­jours ses pro­ba­bi­li­tés de ga­gner aug­men­ter et la France est bien pla­cée pour la sa­voir avec deux de ses trois tro­phées ma­jeurs rem­por­tés sur son sol (Eu­ro 1984, Mon­dial 1998). En 2012, lors de l’Eu­ro ukrai­no-po­lo­nais les Bleus de Laurent Blanc avaient at­teint les quarts de fi­nale (cette fois-ci, ce se­ra les hui­tièmes de fi­nale car la com­pé­ti­tion compte dé­sor­mais 24 sélections en­ga­gées au lieu de 16 au­pa­ra­vant) avec quatre points (nul contre l’Angleterre, vic­toire face à l’Ukraine, dé­faite de­vant la Suède), dans un groupe ho­mo­gène.

Voi­là pour le pire et le meilleur ti­rage pos­sible, mais la réa­li­té est tou­jours plus contras­tée. Ce ne se­ra peut-être pas l’Ita­lie, mais la Croa­tie, pour­quoi pas la Po­logne et le Pays de Galles. Se confron­ter à Mo­dric ou Ra­ki­tic, Le­wan­dows­ki ou Bale, des poin­tures du Real, de Bar­ce­lone ou du Bayern, re­lè­ve­rait d’au­tant plus la dif­fi­cul­té à l’heure où l’on sait (qui en doute en­core ?) que Ka­rim Ben­ze­ma ne se­ra pas avec les Bleus en juin pro­chain, ce qui spor­ti­ve­ment est for­cé­ment une mau­vaise nou­velle au re­gard de ses 81 sélections as­sor­ties de 27 buts et de 17 passes dé­ci­sives.

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