A Per­pi­gnan, per­sonne ne l’a ou­blié

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Jacques Bru­nel, an­cien ma­na­geur de l’Usap O. F.

MAL­GRÉ son pas­sage éclair à Per­pi­gnan, la trace qu’il a lais­sée sur les bords de la Mé­di­ter­ra­née n’est pas près de s’ef­fa­cer. En six mois à peine, et en­core, avec seule­ment cinq matchs au comp­teur, Dan Car­ter a trans­for­mé l’Usap il y a sept ans. Ar­ri­vé en dé­cembre 2008, bles­sé le 31 jan­vier 2009 à un ten­don d’Achille, il est res­té conva­les­cent au­près du club ca­ta­lan et a sou­le­vé le bou­clier de Bren­nus le 6 juin avant de re­par­tir en Nou­velle-Zé­lande. Per­sonne, dans les Py­ré­nées-Orien­tales, n’a ou­blié, ni le joueur, le meilleur du monde dé­jà à l’époque, ni l’homme, simple, at­ta­chant et exem­plaire.

« D’ailleurs, s’il avait op­té pour Per­pi­gnan alors qu’il y avait une offre plus consé­quente de Tou­lon, ce n’était pas ano­din, ex­plique Be­noît Bra­zès, di­rec­teur com­mer­cial de l’Usap à ce mo­ment-là. Il avait choi­si de se fondre par­mi une bande de co­pains, sans stars. Il me di­sait tou­jours : Les paillettes, je m’en fous !»

Be­noît Bra­zès n’a pas seule­ment cô­toyé Car­ter, il a pra­ti­que­ment vé­cu avec lui. « Je me suis oc­cu­pé de lui, pour qu’il ne manque de rien, ajou­tet-il. Ce­la n’a pas été très dif­fi­cile, car c’est quel­qu’un de fon­ciè­re­ment gen­til. Le plus dur pour moi, c’était de suivre le rythme, car il n’a ja­mais re­fu­sé un au­to­graphe ou une pho­to pour les sup­por­teurs, alors qu’il était sans ar­rêt sol­li­ci­té. Au bout de la jour­née, il conti­nuait à avoir le sou­rire, alors que j’étais épui­sé. »

L’ar­ri­vée de Dan Car­ter, son ins­tal­la­tion dans une mai­son de Ca­net-enRous­sillon, ses dé­buts avec le club, sa bles­sure puis le titre, tout est pas­sé très vite. « Il a beau­coup ap­pré­cié la ré­gion, ajoute Bra­zès. Quand il était bles­sé, nous al­lions prendre le pe­tit­dé­jeu­ner face à la mer, puis je l’em­me­nais à la cli­nique pour sa ré­édu­ca­tion. Dès qu’il a pu, il a vi­si­té le coin, il est al­lé à Bar­ce­lone. Il a ado­ré. Il a tou­jours pris soin des gens à cô­té de lui. Quand mon épouse a ac­cou­ché, il m’a dit : Laisse-moi, file la re­joindre ! Mon fils est né à 5 heures du ma­tin et deux heures plus tard il y avait un bou­quet de fleurs de sa part à la ma­ter­ni­té. »

Amis, co­équi­piers, tous sont tom­bés sous le charme. « Il était tel­le­ment bien avec nous qu’il a fê­té le titre comme il se doit, pré­cise l’an­cien di­rec­teur. Pen­dant trois jours. Un ma­tin, à 8 heures, on m’a ap­pe­lé, car il fai­sait la cir­cu­la­tion avec le gi­let jaune d’un em­ployé mu­ni­ci­pal dans un vil­lage du coin, à Tor­reilles. » « Avoir Car­ter dans notre équipe, on n’en re­ve­nait pas, ra­conte son ami Ju­lien Can­de­lon, l’ai­lier de l’Usap dé­sor­mais in­ter­na­tio­nal à 7. On vou­lait qu’il soit fier de nous, en match comme à l’en­traî­ne­ment. Alors, on don­nait le maxi­mum, tout le temps. Quand on a ap­pris qu’il te­nait à res­ter par­mi nous jus­qu’au bout de son contrat mal­gré sa bles­sure, mal­gré le for­cing des All Blacks pour le ré­cu­pé­rer, ça a dé­cu­plé nos forces. »

Jacques Bru­nel, le sé­lec­tion­neur de l’Ita­lie qui était le ma­na­geur de Per­pi­gnan, ne ta­rit pas d’éloges. « Dans le rug­by comme dans la vie, il fait tout sim­ple­ment. Rien n’est for­cé chez lui. Sur son vi­sage, on voit qu’il rayonne. Il est sou­riant, po­si­tif, conti­nuel­le­ment. Comme joueur, c’est fa­cile, il fait le bon choix 95 fois sur 100. C’est ce qui le rend à part. Quand on est son en­traî­neur, il n’y a rien à faire, rien à dire. Que vou­lez-vous lui ap­prendre ? Il y a juste à re­gar­der et à se ré­ga­ler. » Muns­ter - Lei­ces­ter

Lei­ces­ter (2 matchs), 10 pts ; Muns­ter (1 m), 5 ; STADE FRAN­ÇAIS (1 m), 0 ; Tré­vise (2 m), 0.

« Sur son vi­sage, on voit qu’il rayonne »

(LP/Guy Gios.)

CLAS­SE­MENT : 1.

4.

3. Stade de France (Saint-De­nis), le 6 juin 2009. Dan Car­ter avec le bou­clier de Bren­nus quand Per­pi­gnan

a été sa­cré cham­pion de

France.

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