« Un su­per en­traî­neur qui a su me gé­rer »

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Gré­go­ry Be­na­rib, en­traî­neur de l’ACBB LAURENT PRUNETA

GRÉ­GO­RY BE­NA­RIB n’au­rait pas ai­mé di­ri­ger le joueur qu’il était. « Je suis un for­ma­teur dans l’âme : ma plus grande frus­tra­tion, c’est de ne pas ar­ri­ver à faire pro­gres­ser un gar­çon dont je per­çois le po­ten­tiel », ex­plique l’en­traî­neur de l’ACBB. En 15 ans Na­tio­naux, lui évo­luait avec Thier­ry Hen­ry et Jé­rôme Ro­then à Ver­sailles. « En fin de sai­son, Thier­ry, qui par­tait à Mo­na­co, me de­mande : Et toi tu signes où ?

« Ça l’avait éton­né que je ré­ponde : Ver­sailles. » Plus tard, alors qu’il doit re­joindre la ré­serve de Cré­teil (CFA 2) en com­pa­gnie de son ami, Ben­ja­min Gen­ton (fu­tur pro à Lo­rient, au Havre), Be­na­rib est vic­time d’une rup­ture des li­ga­ments croi­sés d’un ge­nou. « Je dis­pu­tais un tour­noi noc­turne en pro­vince, ça s’est pas­sé à 2 heures du ma­tin, se sou­vient-il. Ça dé­note bien de ma men­ta­li­té à l’époque. J’étais in­sou­ciant, fêtard. Il me man­quait la ré­gu­la­ri­té. J’ai aus­si tou­jours été terre à terre, je n’ai ja­mais écou­té les beaux par­leurs. Avec le re­cul, je n’ai au­cune frus­tra­tion. Je ne pense pas que j’au­rais pu m’épa­nouir dans le mi­lieu pro, je me se­rais vite sen­ti à l’étroit. » Le plus mé­con­nu des en­traî­neurs fran­ci­liens de CFA, Be­na­rib (38 ans) est aus­si le seul qui tra­vaille à plein temps en pa­ral­lèle. Ce père de deux en­fants (11 et 9 ans) est di­rec­teur spor­tif foot et… ten­nis au spor­té­tudes de Verneuil (Yve­lines).

« J’aime bien pas­ser d’un uni­vers à un autre, ex­plique ce ti­tu­laire d’une li­cence Staps. La jour­née, je fais de la for­ma­tion et le soir de la com­pé­ti­tion. J’adore échan­ger et me confron­ter à des gens pro­ve­nant d’autres dis­ci­plines. J’y pioche des pistes de ma­na­ge­ment. Le point com­mun, c’est qu’on doit tou­cher l’hu­main, le cer­veau. Je suis un au­to­di­dacte, mais j’ai tou­jours eu une grosse soif d’ap­prendre. »

Ce touche-à-tout pra­tique de nom­breux sports, dont la mo­to. Il y a trois se­maines, il s’est cas­sé une cla­vi­cule en chu­tant d’une mo­to de cross. « Bâ­tis­seur et homme de pro­jets » comme il se dé­fi­nit, Be­na­rib a trou­vé un en­vi­ron­ne­ment idéal à l’ACBB où il est ar­ri­vé comme joueur en DSR et res­pon­sable des 15 ans en 2007.

« Je me suis bri­sé le ten­don d’Achille et les di­ri­geants m’ont pro­po­sé l’équipe alors qu’il ne res­tait presque plus per­sonne suite au dé­part de Karl Olive ( NDLR : alors pré­sident dé­lé­gué) », ex­plique le coach aux trois mon­tées. Celle en CFA, dé­cro­chée le 23 mai der­nier à Chartres, res­te­ra comme « sa plus grande émo­tion après la nais­sance de (ses) en­fants ». « J’aime bien dé­cou­per un match en sé­quences, comme pour un film. Ce jour-là, on a réus­si à maî­tri­ser le scé­na­rio. Ce que j’avais ima­gi­né s’est pro­duit. Je suis tou­jours dans la re­cherche de l’émo­tion et là, on a tou­ché une forme d’apo­théose. »

Sa méthode est ba­sée sur le dia­logue et la ré­flexion. « Avec moi, les joueurs sont aus­si fa­ti­gués men­ta­le­ment que phy­si­que­ment. Je leur de­mande de beau­coup ré­flé­chir. J’aime bien qu’ils aient une ac­ti­vi­té à cô­té du foot ( NDLR : c’est le cas pour 16 d’entre eux cette sai­son). Si tu n’as rien fait de ta jour­née, tu ne com­pren­dras rien à mes mes­sages… » Yacine Bam­mou (FC Nantes) s’est frot­té à la méthode Be­na­rib ( lire ci-contre). « A l’ins­tant T, il ne com­pre­nait pas for­cé­ment mes choix mais ça lui a per­mis de s’en­dur­cir. » Prag­ma­tique, Be­na­rib l’aty­pique ne se pro­jette pas. « Un jour peut-être que j’es­saye­rai de me consa­crer uni­que­ment au foot. Mais je n’ai ja­mais en­voyé de CV et je n’ai pas l’âme d’un voyageur. Je suis fi­dèle. Et je n’at­tends rien du foot car je sais que tout y est éphé­mère… » Au­jourd’hui (18 heures), stade Bra­bant. Ar­bitre : M. Ga­touillat. ACBB : Ba­qué - Nsim­ba, Men­dy, L. Konte (cap.), Pau­pin - Pe­rez, Al­led­ji, Vau­geois, Ndi­nou (ou Ca­ma­ra) - Po­tier, Bouyer. En­tr. : Be­na­rib.

Ya­ci­neBam­mou,

« Avec moi, les joueurs sont aus­si fa­ti­gués men­ta­le­ment que phy­si­que­ment »

Au­jourd’hui, 15 heures

PSG (b) - Lens (b) (camp des Loges, St-Ger­main) 16 heures

AU­BER­VIL­LIERS - Amiens AC (stade A.-Kar­man) 18 heures

EN­TENTE SSG - FC MAN­TOIS (stade M.-Hi­dal­go, St-Gra­tien) Ca­lais - Roye-Noyon, Was­que­hal - Que­villy, Dieppe - Troyes (b). POIS­SY - Croix (stade L.-La­grange) Ar­ras - ACBB

Was­que­hal, 35 pts ; Croix, 34 ; POIS­SY, 33 ; Que­villy (1 match), 31 ; Troyes, 31 ; Dieppe, 31 ; FC MAN­TOIS (- 1), 29 ; Amiens AC, 29 ; ENT. SSG (- 1), 29 ; Ar­ras, 28 ; ACBB, 24 ; PSG, 24 ; Ca­lais (- 1), 22 ; Lens, 20 ; AU­BER­VIL­LIERS, 20 ; Roye-Noyon, 16. Gre­noble - So­chaux (b) Chas­se­lay - Mont­ceau Lyon-Du­chère - Ville­franche 18 h 30 Yzeure - Mul­house

Gre­noble, 41 pts ; Lyon-Du­chère, 35 ; Chas­se­lay, 33 ; Mul­house, 32 ; Lyon, 30 ; Auxerre, 30 ; Ju­ra Sud, 30 ; Mou­lins, 27 ;

DRAN­CY, 27 ; Mont­ceau, 26 ; 11. StLouis-Neu­weg, 26 ; 12. So­chaux, 25 ; 13. Ville­franche, 25 ; 14. Sarre-Union, 24 ; 15. Yzeure, 23 ; 16. Le Puy, 18.

Con­car­neau, 40 pts ; Ber­ge­rac, 40 ; Lo­rient, 34 ; Ro­mo­ran­tin, 33 ; Tré­lis­sac, 32 ; FLEU­RY-MÉ­RO­GIS, 32 ;

Châ­teau­briant, 30 ; Cho­let, 29 ; SaintMa­lo, 28 ; Nantes, 26 ; Gir. Bor­deaux, 22 ; Vi­tré, 22 ; Pla­ben­nec, 22 ; Stade bor­de­lais, 21 ; Fon­te­nay, 20 ;

VI­RY, 19.

16.

15.

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