NAu­cun

Des règles très strictes

Le Parisien (Paris) - - HISTOIRE - C.D.S AVEC SÉ­BAS­TIAN COM­PA­GNON

dé­cret ne fixe les cou­leurs du dra­peau na­tio­nal, mais pas ques­tion de prendre trop de li­ber­té. Sous la pré­si­dence de Va­lé­ry Gis­card d’Es­taing (1974-1981), l’an­cien bleu de Prusse, plus sombre, est rem­pla­cé par l’ac­tuel co­rail (dans le jar­gon, le pan­tone Re­flexB­lue), cri­ti­qué à l’époque par cer­tains car moins guer­rier. Les di­men­sions sont stric­te­ment dé­fi­nies : le dra­peau na­tio­nal est 50 % plus long que haut, et les trois bandes de lar­geur égale… sauf sur les pa­villons de ma­rine, où la bande blanche est plus large que la rouge, la bleue étant la plus étroite. Ob­jec­tif : ob­te­nir un ef­fet de bandes égales quand il flotte au vent. A sa­voir aus­si : les éten­dards de cé­ré­mo­nie sont, eux, car­rés. Ja­mais le dra­peau ne doit être fixé à la hampe en son mi­lieu. Pour­quoi ? Mys­tère ! La liste des in­ter­dits est in­fi­nie : il ne doit ni tou­cher l’eau, ni le sol, ni ser­vir de nappe ou de vê­te­ment, ni être si­tué sur la droite d’un autre dra­peau quand il est his­sé… Dans une ran­gée de trois, il est pla­cé au centre. Et de cinq ? Alors, il en faut deux, à chaque ex­tré­mi­té ! LE DRA­PEAU EU­RO­PÉEN, ban­nière bleu azur constel­lée de douze étoiles d’or, vient de fê­ter ses 60 ans. Pour­quoi douze étoiles ? Contrai­re­ment à une idée re­çue, il ne s’agit pas du nombre d’Etats fon­da­teurs, puis­qu’ils étaient six, et sont au­jourd’hui 28 ! Le chiffre 12 est un sym­bole de per­fec­tion et de plé­ni­tude : il y a 12 mois dans l’an­née, 12 signes du Zo­diaque, etc. Ces étoiles « sym­bo­lisent les idéaux d’uni­té, de so­li­da­ri­té et d’har­mo­nie entre les peuples d’Eu­rope », pré­cise l’UE sur son site. Har­mo­nie, vrai­ment ? Car avant que le Con­seil de l’Eu­rope n’adopte cet éten­dard le 8 dé­cembre 1955, il au­ra fal­lu des cen­taines de pro­jets sans len­de­main, comme ce cercle jaune frap­pé d’une croix rouge sur fond bleu, ces étoiles vertes sur fond beige… Ou ce « E » vert sur fond blanc, dont l’ex-pré­sident du Con­seil Paul Rey­naud di­ra : « On di­rait un ca­le­çon sé­chant sur un pré. »

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