Au FN, à tous les coups on gagne

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Ni­co­las Bay, se­cré­taire gé­né­ral du FN VA­LÉ­RIE HACOT

« NOTRE SEULE CER­TI­TUDE, c’est que ce­la va être très ser­ré dans les ré­gions où on est en si­tua­tion de l’em­por­ter », ré­sume Ni­co­las Bay, le se­cré­taire gé­né­ral du FN où on se garde de jouer au pe­tit jeu des pro­nos­tics. Après le ré­sul­tat his­to­rique du 6 dé­cembre — où le par­ti d’ex­trême droite a en­gran­gé 27,9 % des suf­frages et est ar­ri­vé en tête dans six ré­gions — le par­ti fron­tiste par­vien­dra-t-il à trans­for­mer l’es­sai ? L’heure est au doute. Le re­trait des can­di­dats so­cia­listes en Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die et en Paca a brouillé les cartes. Mal­gré leurs scores ca­nons (40,6 % cha­cune) di­manche der­nier, Ma­rion Maréchal-Le Pen et Ma­rine Le Pen sont lé­gè­re­ment dis­tan­cées dans les son­dages par leurs ri­vaux res­pec­tifs, Ch­ris­tian Es­tro­si et Xa­vier Ber­trand.

Même confi­gu­ra­tion pour Florian Philippot en Al­sace - Lor­raine - Cham­pagne-Ar­denne qui, même avec le main­tien de l’ex-can­di­dat PS Jean-Pierre Masseret, se­rait de­van­cé par le can­di­dat les Ré­pu­bli­cains Phi­lippe Ri­chert (41 % contre 43 % se­lon Elabe). « Tout dé­pen­dra de Masseret. S’il est à un ni­veau éle­vé, c’est ga­gnable, s’il s’ef­fondre, c’est mort », dé- crypte un cadre fron­tiste. La di­vine sur­prise pour le Front pour­rait ve­nir de Bour­gogne - Franche-Com­té, où So­phie Montel a ob­te­nu 31,5 % des voix, de­vant le cen­triste Fran­çois Sau­va­det (24 %). Sa concur­rente PS est tou­jours en lice et la tri­an­gu­laire pour­rait lui être fa­vo­rable. « C’est dans cette ré­gion que le FN a le plus de chance de pas­ser », re­doute un dé­pu­té LR.

Autre in­con­nue : la mo­bi­li­sa­tion. Elle s’an­nonce de plus grande am­pleur au se­cond tour. Ce­la pro­fi­te­ra-t-il au Front, qui, du­rant l’entre-deux­tours, a mul­ti­plié les ap­pels du pied aux abs­ten­tion­nistes ? Rien n’est moins sûr. Un sur­saut ré­pu­bli­cain pour­rait se dres­ser sur sa route. « Mais la hausse des pro­cu­ra­tions est aus­si forte en Bre­tagne, où le FN n’est pas en po­si­tion de ga­gner, qu’en Paca. Ce­la ne si­gni­fie pas qu’il y ait une mo­bi­li­sa­tion an­ti-Front », se ras­sure Amau­ry Na­var­ranne, tête de liste dans les Hautes-Alpes.

Au FN, on reste donc très pru­dent. « Si on gagne ne se­rait-ce qu’une ré­gion, ce se­ra un grand suc­cès. Mais dé­jà, rien que le pre­mier tour pour nous est une ex­tra­or­di­naire réus­site », re­prend Ni­co­las Bay. « En prime,

« Les ma­noeuvres du PS et de l’UMP pour nous bar­rer la voie ont été éta­lées

au grand jour. Il y a in­dé­nia­ble­ment un pe­tit

par­fum de vic­toire »

les ma­noeuvres du PS et de l’UMP pour nous bar­rer la voie ont été éta­lées au grand jour. Il y a in­dé­nia­ble­ment un pe­tit par­fum de vic­toire pour nous. » A croire qu’au FN à tous les coups on gagne. Car même s’il fait chou blanc ce soir, le par­ti voit dé­jà plus loin. Ce proche de Ma­rine Le Pen en est convain­cu : « Dès le len­de­main du scru­tin, et quelle qu’en soit l’is­sue, c’est la course pour 2017 qui s’en­clenche. »

@vha­cot1 LE MEILLEUR SCÉ­NA­RIO. La gauche pa­raît bien pla­cée dans au moins trois ré­gions (Mi­di-Py­ré­nées - Lan­gue­doc-Rous­sillon, Bre­tagne et Aqui­taine) et en es­père au moins deux de plus : le Centre et l’Ile-deF­rance. Elle vise aus­si la Nor­man­die, la Bour­gogne - Franche-Com­té et pour­quoi pas Rhône-Alpes - Au­vergne.

Trois ré­gions FN, voire plus : le sa­cri­fice du PS en Paca et Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die n’au­ra ser­vi à rien. Si, en plus, le can­di­dat LR Phi­lippe Ri­chert est élu en Al­sace - Cham­pagne-Ar­denne - Lor­raine, la stra­té­gie du main­tien de Masseret, cri­ti­quée par le PS, se­rait va­li­dée ! LE MEILLEUR SCÉ­NA­RIO. Le FN rem­porte jus­qu’à cinq ré­gions : Nord-Pasde-Ca­lais - Pi­car­die (Ma­rine Le Pen), Pro­vence-Alpes-Côte d’Azur (Ma­rion Maréchal-Le Pen), Al­sace - Lor­raine - Cham­pagne-Ar­denne (Florian Philippot), mais aus­si Bour­gogne - Franche-Com­té (So­phie Montel) et même la Nor­man­die avec Ni­co­las Bay. Il s’im­po­se­rait comme la pre­mière force po­li­tique du pays, et Ma­rine Le Pen se­rait en or­bite pour la conquête de l’Ely­sée en 2017. LE MAU­VAIS SCÉ­NA­RIO. Le front ré­pu­bli­cain per­met à Xa­vier Ber­trand et à Ch­ris­tian Es­tro­si de coif­fer au po­teau Ma­rine Le Pen et sa nièce dans leurs ré­gions. Le FN ne di­rige au­cun exé­cu­tif à l’ar­ri­vée, comme aux dé­par­te­men­tales de mars.

(MaxPPP/Ch­ris­tophe Pe­tit-Tes­son.)

Pa­ris (XVIIe), jeu­di. Pour Ma­rine Le Pen et ses proches, les scores du FN au 1er tour sont dé­jà une vic­toire. Et quel que soit le ré­sul­tat de ce soir, elle est dé­jà tour­née vers l’élec­tion pré­si­den­tielle de 2017.

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