Hol­lande et Valls re­tiennent leur souffle

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - ÉRIC HACQUEMAND

ÇA PASSE OU ÇA CASSE pour l’exé­cu­tif. Ces ré­gio­nales au­ront un im­pact sur le duo Hol­lande-Valls à la ma­noeuvre de­puis une se­maine pour évi­ter le scé­na­rio du pire. Hier, les mi­nistres re­gar­daient de près la hausse du nombre de pro­cu­ra­tions, es­sayant déses­pé­ré­ment de lire dans le marc de ca­fé. « C’est l’élec­to­rat jeune qui a pris une baffe et n’en peut plus des com­men­taires. Les jeunes votent FN, ça peut jouer pour nous », croit sa­voir un mi­nistre. « C’est le ré­veil des ha­bi­tués, c’est plu­tôt bon pour les par­tis de gou­ver­ne­ment », dit un autre. En réa­li­té, tout le monde avance à l’aveugle. « C’est l’in­con­nu », ad­met Jean-Ma­rie Le Guen, se­cré­taire d’Etat aux Re­la­tions avec le Par­le­ment pour qui, dans cer­taines ré­gions, « ça peut se jouer à quelques cen­taines de voix près ».

Ce soir, Fran­çois Hol­lande, à l’Ely­sée, et Ma­nuel Valls, à Ma­ti­gnon, scru­te­ront le nombre de ré­gions que la gauche conser­ve­ra. « Cinq ou six ré­gions, c’est cham­pagne ! » lance un mi­nistre. Le gou­ver­ne­ment compte sur les al­liances tis­sées cette se­maine avec les par­te­naires de gauche par­tout où le PS se pré­sente au se­cond tour, sauf en Bre­tagne.

L’Ile-de-France, un ba­ro­mètre

Mais la soi­rée élec­to­rale du duo Hol­lande-Valls dé­pend sur­tout de la ré­ponse à ces ques­tions : le FN ac­cé­de­ra-t-il pour la pre­mière fois à une pré­si­dence de ré­gion, sous un quin­quen­nat de gauche de sur­croît ? La France de Hol­lande se­ra-t-elle mon­trée du doigt à l’étran­ger comme le pays où l’ex­trême droite ar­rive, dou­ce­ment mais sû­re­ment, aux res­pon­sa­bi­li­tés ? « C’est un sym­bole po­li­tique qui compte », re­lève l’en­tou­rage de Ma­nuel Valls. No­tam­ment pour le Pre­mier mi­nistre qui s’est en­ga­gé contre un FN sy­no­nyme un jour de « guerres de re­li­gions », l’autre de

LE MAU­VAIS SCÉ­NA­RIO. « guerre ci­vile ». Et qui a de­man­dé à son propre camp de se faire ha­ra-ki­ri en se re­ti­rant en Paca et dans le Nord au pro­fit de Ch­ris­tian Es­tro­si et de Xa­vier Ber­trand. « Il vau­drait mieux pour lui que ça marche parce que, si on s’est sa­cri­fiés pour rien, ça va tan­guer », gronde un chef de file dé­par­te­men­tal en Paca. « Ma­nuel, il ne faut pas l’em­mer­der en ce mo­ment, si­non tu ra­masses ! » confie un élu PS après une ren­contre avec le Pre­mier mi­nistre. Ce der­nier pour­rait s’ex­pri­mer dès ce soir.

Seule in­cer­ti­tude, le sort de l’Ilede-France, qui joue un rôle cen­tral dans l’in­ter­pré­ta­tion des résultats. Si, comme le pré­disent les son­dages, le score est ser­ré entre le so­cia­liste Claude Bar­to­lone et la can­di­date LR Va­lé­rie Pé­cresse, Valls pour­rait n’in­ter­ve­nir qu’as­sez tard. En at­ten­dant, les té­nors ont été priés d’oc­cu­per les pla­teaux des JT de 20 heures. Et, cette fois, au­cune consigne de dis­cré­tion. « C’est free­dom ! » clame un se­cré­taire d’Etat.

@eri­chac­que­mand

au ta­pis dans le Nord et en Paca. C’est quand même pas si mal ! Sur­tout pour un par­ti qui ne di­rige qu’une seule ré­gion sur vingt-

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