Le Père Noël dé­mas­qué… à 6 ans et de­mi

Les pe­tits Fran­çais d’au­jourd’hui ap­prennent à l’âge du CP que le Père Noël n’existe pas. C’est un peu plus tôt qu’avant, d’après une en­quête in­édite. Leurs pa­rents y croyaient, eux, en­core à 7 ans et de­mi.

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - FLO­RENCE DEGUEN

ILS ONT PRIS leur ma­man sur le fait en train d’em­pa­que­ter à grand mal l’épée « Star Wars ». Ou bien ont fi­ni par trou­ver bi­zarre que Li­na, Emi­lie et Jor­dan mar­tèlent tous à la ré­cré que « c’est les pa­rents qui amènent les ca­deaux ». A quelques en­ca­blures du grand soir, il y a chaque an­née des en­fants pour qui le mythe prend fin plus ou moins bru­ta­le­ment… Et glo­ba­le­ment as­sez tôt : le Père Noël est dé­mas­qué à 6 ans et 8 mois en moyenne en France, si l’on en croit une étude in­ter­na­tio­nale me­née au­près de 2 002 pa­rents dans l’Hexa­gone pour le compte de HMA!, un groupe amé­ri­cain de ré­seaux pri­vés vir­tuels sur In­ter­net.

Il y a les en­fants qui dé­couvrent la vé­ri­té pré­ma­tu­ré­ment en ma­ter­nelle, d’autres qui se cram­ponnent au mythe le plus long­temps pos­sible, mais glo­ba­le­ment, c’est au mo­ment du Noël de CP que les pa­rents, un peu dé­so­lés, sont contraints d’avouer : « Bah oui, c’est nous. Mais chh­huuut… » Et, à les en­tendre, le se­cret s’évente près d’une an­née plus tôt que pour eux-mêmes puisque, dans leur sou­ve­nir, ils as­surent avoir ces­sé de croire au Père Noël à l’âge de 7 ans et de­mi.

Ce ra­jeu­nis­se­ment de l’âge au­quel « on n’y croit plus » s’ob­serve dans tous les pays où a été me­née l’en­quête… Mais les pe­tits Fran­çais sont, comme leurs co­pains al­le­mands ou an­glais, par­mi les plus pré­co­ce­ment af­fran­chis. Les jeunes amé­ri­cains (7 ans et 2 mois) ou les Aus­tra­liens (7 ans et de­mi) bé­né­fi­cient d’une an­née en rab. Plus cré­dules ou plus pro­té­gés ? Sans doute. En Eu­rope, un en­fant qui pose la ques­tion : « Mais il existe vrai­ment, le Père Noël ? » droit dans les yeux à ses pa­rents écope ra­re­ment d’un men­songe en re­tour. Les adultes les plus pru­dents lui ren­ver­ront la ques­tion : « Et toi, qu’est-ce que tu crois ? » avant de cra­cher le mor­ceau si l’en­fant ré­pond : « Je crois qu’il n’existe pas. »

Pour au­tant, les pe­tits Pa­ri­siens, qui croisent des Pères Noël à tous les coins de rues et pour­raient lé­gi­ti­me­ment se po­ser plus de ques­tions que les autres, ne cessent pas d’y croire avant leurs cou­sins de pro­vince. Ils dé­couvrent même la vé­ri­té en moyenne cinq mois après les Bor­de­lais ! D’ailleurs, si ce n’est pas sta­tis­ti­que­ment très so­lide, il est amu­sant de no­ter qu’à Stras­bourg ou à Lille — où la tra­di­tion est sou­vent vive —, le mythe sur­vit quelques mois de plus, jus­qu’à dé­pas­ser les 7 ans de l’en­fant.

Il n’em­pêche… par­tout, on cesse s’y croire plus tôt qu’avant. Et c’est peut-être la faute… à In­ter­net. Près de 10 % des Fran­çais son­dés pour HMA! — qui met à dis­po­si­tion un ou­til pour pro­té­ger le se­cret (lire ci­contre) —, re­con­naissent que c’est l’or­di­na­teur fa­mi­lial qui a mis un terme au mythe. Soit, pour 35 % d’entre eux, que les pe­tits aient ta­pé en dou- ce « pere noel existe » ou « pere noel vrai » dans Google de leurs pe­tites mains qui viennent d’ap­prendre à écrire… Soit, et c’est bien plus triste, qu’ils se soient trou­vés nez à nez sur l’écran avec des pubs ci­blées af­fi­chant des pro­mos sur les jouets qu’ils ont com­man­dés, après que leurs pa­rents ont fait des re­cherches ! Plus de la moi­tié des adultes qui in­cri­minent In­ter­net se sont fait avoir de cette ma­nière… Et un quart en se fai­sant car­ré­ment prendre en fla­grant dé­lit de com­mande.

Du coup, c’est un cri du coeur : 81 % pensent que le Web est un gros caf­teur qui contri­bue lar­ge­ment à dé­mo­lir la croyance des en­fants dans le Père Noël.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.