Moins de bran­cards dans les cou­loirs

Le Parisien (Paris) - - ACTUALITÉ - DA­NIEL ROSENWEG

LES LONGUES FILES de pa­tients ins­tal­lés sur des bran­cards dans les cou­loirs faute de place dans les chambres ne sont plus qu’un mau­vais sou­ve­nir pour 159 hô­pi­taux pu­blics, dont 17 CHU. Ces éta­blis­se­ments ont bé­né­fi­cié du pro­gramme na­tio­nal de ges­tion des lits, lan­cé en 2013 par la mi­nistre de la San­té, Ma­ri­sol Tou­raine. « Il y a un vrai mieux, confirme Fran­çois Braun, pré­sident du syn­di­cat Samu-Urgences de France. Les ur­gen­tistes ne passent plus six heures par jour à cher­cher des lits. Mais il reste du tra­vail pour flui­di­fier les urgences. »

Toute la France a pu consta­ter l’ef­fi­ca­ci­té de ce pro­gramme lors des at­taques du 13 no­vembre à Pa­ris et Saint-De­nis. « Avant les at­ten­tats, tous les lits de l’As­sis­tance pu­bli­queHô­pi­taux de Pa­ris étaient pleins. Pour­tant, en quelques heures, 80 lits ont été trou­vés pour des urgences ab­so­lues et plus de deux cents lits pour les autres bles­sés. Main­te­nant, on sait gé­rer les flux de pa­tients », s’en­thou­siasme le pro­fes­seur Pierre Car­li, pré­sident du Con­seil na­tio­nal de l’ur­gence hos­pi­ta­lière, ins­pi­ra­teur du dis­po­si­tif. Se­lon lui, « un grand pas en avant » a été fait de­puis le dra­ma­tique hi­ver 2012-2013 et la sa­tu­ra­tion his­to­rique des ser­vices d’urgences, qui avait conduit à des grèves d’ur­gen­tistes.

12000 € par hô­pi­tal

« Ça a été un gros tra­vail, ra­conte Ch­ris­tine Kie­ner, chef du pro­gramme de ges­tion des lits à l’Anap, l’Agence na­tio­nale d’ap­pui à la per­for­mance des éta­blis­se­ments de san­té. Il a fal­lu ré­or­ga­ni­ser, chan­ger les men­ta­li­tés, convaincre les chefs de ser­vice de mettre à dis­po­si­tion les lits vides, per­sua­der les mé­de­cins de faire leurs vi­sites plus tôt pour fa­vo­ri­ser les sor­ties de pa­tients le ma­tin. On leur a de­man­dé aus­si de pré­voir la du­rée d’hos­pi­ta­li­sa­tion. Les per­son­nels du mé­nage ont dû s’or­ga­ni­ser pour que les chambres soient dis­po­nibles plus tôt… »

Un élec­tro­choc à 12 000 € par éta­blis­se­ment, fi­nan­cés par l’Anap, et un ré­sul­tat : les sor­ties ou trans­ferts contraints de pa­tients vers d’autres hô­pi­taux pour cause de pé­nu­rie de lits, y ont re­cu­lé de 26 %. Mais il reste 500 éta­blis­se­ments, do­tés d’un ser­vice d’urgences, qui n’ont pas en­core ré­vo­lu­tion­né leur or­ga­ni­sa­tion. Stan­dard & Poor’s (S&P) et Fitch ont main­te­nu leurs notes AA pour la dette à long terme de la France. S&P main­tient le pays de­puis une an­née dans une « pers­pec­tive né­ga­tive ». Fitch, en re­vanche, confirme la « pers­pec­tive stable ». nCUBA A CONCLU UN « AC­CORD HIS­TO­RIQUE » hier avec ses créan­ciers, dont le prin­ci­pal est la France, à pro­pos d’an­ciennes dettes qui n’étaient plus rem­bour­sées de­puis un quart de siècle, a dé­cla­ré le mi­nistre des Fi­nances, Mi­chel Sa­pin. Les in­té­rêts de re­tard de 4 Mds$ « se­ront in­té­gra­le­ment an­nu­lés, tan­dis que les ar­rié­rés (en­vi­ron 2,6 Mds$) se­ront rem­bour­sés sur une pé­riode de dix-huit ans. »

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