Ce que vous n’avez pas vu de la cé­ré­mo­nie

Le Parisien (Paris) - - EURO 2016 - RO­NAN FOL­GOAS

LES DAN­SEUSES DU LI­DO de­vaient faire mon­ter la tem­pé­ra­ture du pa­lais des Congrès de quelques de­grés. Mis­sion réus­sie. Le temps d’un nu­mé­ro de french can­can, elles donnent d’em­blée une note gla­mour et fes­tive à une cé­ré­mo­nie lar­ge­ment sa­luée pour son rythme et sa créa­ti­vi­té. Autre mo­ment fort de la soi­rée, fur­tif mais si­gni­fi­ca­tif, le pré­sident de l’UEFA, Mi­chel Pla­ti­ni, ab­sent pour cause de sus­pen­sion, est chau­de­ment ap­plau­di lors­qu’il ap­pa­raît sur les écrans de la salle, à l’oc­ca­sion d’une sé­quence rétrospective consa­crée aux buts dé­ci­sifs de l’his­toire de l’Eu­ro. Dans la salle, trois can­di­dats à l’élec­tion pré­si­den­tielle de la Fifa pro­fitent de l’évé­ne­ment pour me­ner cam­pagne : le prince Ali de Jor­da­nie, le cheikh Salman de Bah­reïn et, à un de­gré moindre, Gian­ni In­fan­ti­no, se­cré­taire gé­né­ral de l’UEFA et grand maître de la cé­ré­mo­nie du ti­rage au sort.

A proxi­mi­té du ta­pis rouge, 150 po­li­ciers en ci­vil

En de­hors de Pla­ti­ni, un autre ab­sent de marque, Fran­çois Hol­lande, mo­bi­li­sé au Bourget dans le cadre de la COP21, suit lui aus­si la cé­ré­mo­nie à dis­tance. « Nous tien­drons le pré­sident in­for­mé par tex­tos des résultats du ti­rage au sort », nous souffle l’un de ses conseillers.

Mais l’en­jeu le plus im­por­tant de la jour­née est ailleurs. « Au tra­vers de la sécurité de l’évé­ne­ment, c’est l’image de la France qui est en jeu, ré­sume un po­li­cier. S’il se passe quoi que ce soit, ce­la au­ra des ré­per­cus­sions énormes. » En dé­but d’après-mi­di, quatre heures avant le dé­but du ti­rage au sort, le site du pa­lais des Congrès est bou­clé par plu­sieurs com­pa­gnies de CRS. Un hé­li­co­ptère sur­vole le quar­tier de temps à autre. A l’in­té­rieur, à proxi­mi­té du ta­pis rouge où doivent pas­ser les in­vi­tés comme dans les tra­vées, près de 150 po­li­ciers en ci­vil qua­drillent les lieux. Et plus de 200 agents de sécurité contrôlent les ac­cès. Quatre chiens spé­cia­li­sés dans la re­cherche de pro­duits ex­plo­sifs com­plètent le dis­po­si­tif. L’un d’entre eux, bap­ti­sé Iron, 2 ans, de race staf­fie, poil court et pe­tite taille, at­tire la sym­pa­thie de tous. Après la

Pa­lais des Congrès (Pa­ris, XVIIe), hier. Les dan­seuses du Li­do ap­portent une note gla­mour à la cé­ré­mo­nie.

cé­ré­mo­nie, l’an­cien gar­dien de but Jé­ré­mie Ja­not se prend d’af­fec­tion pour lui et ne peut ré­sis­ter à la ten­ta­tion de le ca­res­ser. Non loin, le pa­tron de la sécurité pu­blique, re­pré­sen­tant de la pré­fec­ture de po­lice de Pa­ris, reste sur ses gardes. Un seul in­ci­dent à si­gna­ler à quelques mi­nutes du ti­rage au sort : une cliente du ma­ga­sin Lan­cel, si­tué juste à cô­té de l’en­trée VIP, s’écharpe avec les agents de sécurité parce qu’elle es­time avoir été brus­quée par l’un d’entre eux. Tout rentre dans l’ordre au bout de quelques mi­nutes. « Tout s’est bien pas­sé, au­cune in­ter­pel­la­tion à si­gna­ler à 20 heures », nous fait sa­voir une source po­li­cière.

Au-de­là des consi­dé­ra­tions spor­tives, le ti­rage au sort est aus­si scru­té pour d’autres rai­sons. Dès hier soir, les au­to­ri­tés se livrent à une pre­mière ana­lyse du ta­bleau des matchs à hauts risques. Sur les ra­dars, trois af­fiches cli­gnotent dé­jà en rai­son des mou­ve­ments de sup­por­teurs hoo­li­gans qu’elles risquent de pro­vo­quer : Angleterre - Rus­sie et Ukraine - Po­logne, toutes deux or­ga­ni­sées à Mar­seille les 11 et 21 juin, et Al­le­magne - Po­logne, pré­vu au Stade de France le 16 juin. Une étude plus dé­taillée des ren­contres sen­sibles doit être ef­fec­tuée cette se­maine.

Le prince Ali de Jor­da­nie, l’un des can­di­dats à l’élec­tion pré­si­den­tielle de la Fifa.

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