« Chaque fois qu’il y a un en­jeu, les Fran­çais votent »

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - CA­RO­LINE BRAUD

UN SUR­SAUT EX­CEP­TION­NEL. La par­ti­ci­pa­tion pour ce se­cond tour des élec­tions ré­gio­nales a at­teint en­vi­ron 58,4 % contre 49,9 % au pre­mier tour. Près de dix points de plus ! Un sur­saut riche d’en­sei­gne­ments.

« On a ra­re­ment vu un tel boom de par­ti­ci­pa­tion entre deux tours d’une même élec­tion », in­dique Gaël Sli­man, pré­sident de l’ins­ti­tut de son­dages Odoxa. Une par­ti­ci­pa­tion à en­vi­ron 58,4 %, c’est près de huit points de plus qu’au se­cond tour des ré­gio­nales de 2010 (51,2 %) et neuf de plus qu’aux dé­par­te­men­tales de mars (49,9 %). Une mo­bi­li­sa­tion d’au­tant plus « spec­ta­cu­laire », sou­ligne Sli­man, qu’une par­tie des élec­teurs n’ont pas vo­té pour leur liste pré­fé­rée. « En Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die et en Paca, les élec­teurs de gauche étaient or­phe­lins », re­lève-t-il.

Pour Gaël Sli­man, « à chaque fois que les Fran­çais ont le sen­ti­ment qu’il y a un en­jeu, ils votent. A l’in­verse, s’ils se dé­tournent des urnes, c’est parce que la cam­pagne ou l’offre po­li­tique sont in­dignes, non pas parce qu’ils ne se sentent pas ci­toyens ». Même si « l’en­jeu est dra­ma­tique », comme ce­lui de faire bar­rage au Front na­tio­nal, les Fran­çais se mo­bi­lisent. « Dans trois ré­gions (Paca, Nord-Pas-de-Ca­lais - Pi­car­die, Al­sace - Lor­raine - Cham­pagne-Ar­denne), l’en­jeu n’était pas de vo­ter pour, mais de vo­ter contre, ex­plique le po­li­to­logue. La peur [de voir le FN l’em­por­ter] pousse les Fran­çais à vo­ter. » Un front ré­pu­bli­cain qui fait écho au 21 avril 2002 quand JeanMa­rie Le Pen ac­cé­da au se­cond tour de la pré­si­den­tielle.

Autre en­sei­gne­ment, les élec­teurs ont, cette fois, sui­vi les consignes des par­tis. C’est no­tam­ment le cas dans la grande ré­gion Est, où le can­di­dat de gauche Jean-Pierre Masseret, qui s’est main­te­nu au se­cond tour mal­gré les consignes de re­trait du PS, réa­lise le même score qu’au pre­mier tour : 15,5 %. Avec, ce­pen­dant, une par­ti­ci­pa­tion beau­coup plus im­por­tante. C’est donc que la grande ma­jo­ri­té des élec­teurs de gauche sup­plé­men­taires ont vo­té… pour la droite, ap­pli­quant les consignes de Pa­ris. « L’ap­pel au front ré­pu­bli­cain a mas­si­ve­ment fonc­tion­né », sou­ligne le pa­tron d’Odoxa. Le FN, qui ne rem­porte ce soir au­cune ré­gion, « est très fort pour mo­bi­li­ser son élec­to­rat au pre­mier tour, re­lève Gaël Sli­man, mais il reste un par­ti à part, qui mé­rite qu’on s’op­pose à lui ».

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