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Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR -

C’est la ma­lé­dic­tion du Front na­tio­nal. « C’est un ex­cellent par­ti de pre­mier tour, mais il ne fran­chit ja­mais l’obs­tacle au se­cond », ré­sume le po­li­to­logue spé­cia­liste du par­ti d’ex­trême droite, Jean-Yves Ca­mus. Il bute tou­jours sur ce fa­meux pla­fond de verre qui l’em­pêche de fran­chir la barre des 50 %. Le scru­tin d’hier est à ce titre un vé­ri­table cas d’école. En tête di­manche der­nier, le FN n’a pas mis la main sur une seule ré­gion hier. Et ce alors même que le but n’avait ja­mais sem­blé aus­si proche. Oui, mais voi­là, le front ré­pu­bli­cain fonc­tionne tou­jours et de nom­breux élec­teurs se sont mo­bi­li­sés — com­ment l’at­testent les chiffres de par­ti­ci­pa­tion en hausse — pour lui bar­rer la voie. « C’est tou­jours un par­ti repoussoir pour une ma­jo­ri­té des Fran­çais », ren­ché­rit Syl­vain Cré­pon, cher­cheur à l’uni­ver­si­té de Tours. Seul contre tous, le FN n’a au­cun ré­ser­voir de voix et n’est pas en me­sure de faire des al­liances pour ac­cé­der au pou­voir. Certes, au fil des ans, il ne cesse de pro­gres­ser et d’élar­gir sa base élec­to­rale, mais ce n’est tou­jours pas suf­fi­sant. « Ma­rine Le Pen n’est ab­so­lu­ment pas en po­si­tion d’être élue pré­si­dente de la Ré­pu­blique en 2017, elle se­ra de toute fa­çon éli­mi­née au se­cond tour », an­ti­cipe Syl­vain Cré­pon. Et de pour­suivre : « Son prin­ci­pal ca­pi­tal, c’est la ra­di­ca­li­té, mais si elle se ra­di­ca­lise trop, elle se mar­gi­na­lise, et si elle se nor­ma­lise, elle se ba­na­lise. »

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