Hol­lande et Valls évitent la foudre

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - ÉRIC HACQUEMAND

UN AC­CORD HIS­TO­RIQUE sur le cli­mat sa­me­di, une soi­rée élec­to­rale plu­tôt cor­recte di­manche : le wee­kend a été plu­tôt bon pour Fran­çois Hol­lande et Ma­nuel Valls. Le couple exé­cu­tif n’a fi­na­le­ment pas pris aux ré­gio­nales la veste pro­mise ces der­niers mois. Ce qui n’a pas em­pê­ché des voix de s’éle­ver pour de­man­der un chan­ge­ment de cap… bien peu pro­bable. Dès 18 heures, la consigne est pas­sée au PS : ce se­ra le ni-ni, « ni triom­pha­lisme ni fan­fa­ron­nade », ri­gole l’ex-dé­pu­té PS Jé­rôme Guedj. Ma­nuel Valls, à la ma­noeuvre toute la se­maine avec

Fran­çois Hol­lande en cou­lisses, a pour­tant sau­vé les meubles. Certes, le Pre­mier mi­nistre rê­vait en pri­vé de rem­por­ter neuf ré­gions. Mais avec cinq dans son es­car­celle, le PS, fort de ses al­liances avec le reste de la gauche, fait mieux que pré­vu. « Il y a cinq mois, on au­rait si­gné », souffle un conseiller ély­séen.

Mais leur plus grand mo­tif de sa­tis­fac­tion est de voir Ma­rine Le Pen dé­faite. « Il n’y a pas de vic­toire du FN, ré­pète deux fois Sté­phane Le Foll, porte-pa­role du gou­ver­ne­ment, sur France 2. Un choix po­li­tique a été fait et il a pro­duit des résultats. » Ou com- ment ti­rer, l’air de ne pas y tou­cher, la cou­ver­ture à soi. De fait, la stra­té­gie mar­te­lée par Valls de « faire bar­ra­ge­ré­pu­bli­cain » à l’ex­trême droite, quitte à sa­cri­fier les so­cia­listes en Paca et dans le grand Nord, a été va­li­dée par les urnes. En ré­pu­bli­cain fier de sa dé­ci­sion, le Pre­mier mi­nistre a ap­pe­lé dans la soi­rée Xa­vier Ber­trand, Ch­ris­tian Es­tro­si et Phi­lippe Ri­chert. Seul bé­mol, l’in­ves­tis­se­ment per­son­nel du Pre­mier mi­nistre aux cô­tés de Claude Bar­to­lone n’a pas suf­fi à gar­der l’Ile-de-France à gauche.

Mal­gré la perte sur le fil de la ré­gion ca­pi­tale, l’exé­cu­tif ne compte pas ren­ver­ser la table. Ce mi­di, Fran­çois Hol­lande et Ma­nuel Valls dé­jeu­ne­ront en­semble. Après ces résultats, le Pre­mier mi­nistre est plus que ja­mais ac­cro­ché à son fau­teuil. « Qui peut par­ler à sa place ? in­ter­roge un dé­pu­té. Mar­tine Au­bry ? Elle est la­mi­née. Em­ma­nuel Ma­cron ? On ne l’en­tend plus de­puis deux se­maines. Be­noît Ha­mon ? Ce scru­tin n’est quand même pas mar­qué par une pous­sée à gauche. » Pour bien im­pri­mer sa marque, Valls a d’ailleurs pris soin de poin­ter hier que « le dan­ger de l’ex­trême droite n’est pas écar­té ». En clair, le com­bat contre le FN né­ces­site tou­jours que la gauche se ras­semble… der­rière lui et sur la ligne adop­tée de­puis les at­ten­tats du 13 no­vembre, celle d’une « Ré­pu­blique qui sé­cu­rise » et du « pa­trio­tisme ». Pas de cham­bou­le­tout en vue, donc.

L’hy­po­thèse d’un grand re­ma­nie­ment du gou­ver­ne­ment dans la fou­lée des ré­gio­nales a du plomb dans l’aile. « L’état d’ur­gence pousse de toute fa­çon à la sta­bi­li­té », re­lève un mi­nistre. Y com­pris en termes de ligne po­li­tique. Le pa­tron du PS Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis a bien de­man­dé hier une « in­flexion » et le dé­pu­té fron­deur Ch­ris­tian Paul « un in­ven­taire ». « Ce n’est pas le su­jet », ba­laie l’Ely­sée, où un conseiller pré­cise que « le cap reste le même ». A sa­voir : « la pro­tec­tion des Fran­çais face au risque ter­ro­riste ». Le pré­sident, plus que dis­cret sur ce test élec­to­ral, n’a pas pré­vu de s’ex­pri­mer sur les ré­gio­nales. Un dé­pu­té PS ré­sume : « C’est l’heure de la fos­si­li­sa­tion. »

« Ce scru­tin n’est quand même pas mar­qué par une pous­sée à gauche »

@eri­chac­que­mand

(AP/Bob Edme.)

Tulle (Cor­rèze), hier. Le pré­sident, Fran­çois Hol­lande, est al­lé vo­ter dans son fief du Li­mou­sin.

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