Ma­rine Le Pen mise sur 2017

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Hé­nin-Beaumont (Pas-de-Ca­lais) De notre en­voyée spé­ciale Sé­bas­tien Che­nu, tête de liste dans la Somme PAU­LINE THÉVENIAUD

HIER APRÈS-MI­DI, après avoir mis son bul­le­tin dans l’urne et dé­jeu­né avec son équipe, Ma­rine Le Pen est al­lée à Lille (Nord) vi­si­ter une ex­po­si­tion sur les chats. « Elle s’est dé­ten­due », confie un proche. La fin de la jour­née, qu’elle a pas­sée en­fer­mée dans sa loge à écrire son dis­cours, a été moins zen. La pré­si­dente du FN a été en­voyée au ta­pis par Xa­vier Ber­trand (LR). 42,2 % contre 57,8 %. Une claque. « Elle le prend avec beau­coup de phi­lo­so­phie. A mi­di, elle m’a dit : Tu ver­ras, si on perd, on a la dé­faite as­sez co­ol... » dé­mine Sé­bas­tien Che­nu, tête de liste dans la Somme. Sous­titre du di­rec­teur de la cam­pagne, Bru­no Bilde : « Elle s’y at­ten­dait. Evi­dem­ment qu’il y a de la dé­cep­tion, mais c’est une ha­bi­tuée des scru­tins. » Dès la fin de ma­ti­née, en al­lant vo­ter à l’école JeanJacques-Rous­seau, la pré­si­dente du FN avait ton­né contre « l’UMPS dé­com­plexé », es­pé­rant que « les Fran­çais ne se laissent pas vo­ler leur es­pé­rance ».

Dans les tra­vées de l’es­pace Fran­çois-Mit­ter­rand d’Hé­nin-Beaumont, où étaient réunies les troupes fron­tistes hier soir, l’en­tou­rage de la can­di­date dé­faite l’a joué « à qui perd, gagne ». « En s’al­liant, le pôle UMPS va­lide nos ana­lyses. Ce­la va mo­bi­li­ser nos militants et nos élec­teurs pour la suite », dé­roule Che­nu. « A chaque scru­tin, nous pro­gres­sons ! Nous y ar­ri­ve­rons un jour », lance Steeve Briois, le maire d’Hé­ninBeau­mont. « Et, il n’y a plus de gauche re­pré­sen­tée dans la ré­gion ! » sa­voure-t-il. Ré­fé­rence au ha­ra-ki­ri du PS, qui s’est re­ti­ré pour faire bar­rage au FN. Pas de quoi dé­cro­cher un sou­rire aux militants. Un lourd si­lence ac­cueille les résultats. Les troupes se ra­gaillar­dissent en criant « Ma­rine ! » Crachent leur co­lère en vi­li­pen­dant Ber­trand qua­li­fié de « ven­du » lorsque le can­di­dat LR ap­pa­raît sur les écrans.

La cla­meur monte. Ma­rine Le Pen ar­rive sur l’es­trade. Son al­lo­cu­tion est brève, cen­trée sur les en­jeux na­tio­naux. La pré­si­dente du FN vante la « mon­tée inexo­rable » de son mou­ve­ment. Don­nant des sueurs froides à son ser­vice de sécurité, elle im­pro­vise un mi­cro-tour de salle. La pa­tronne du FN s'ar­rête de­vant une fan, par­ve­nue à fendre la foule mal­gré son fau­teuil rou­lant. Elle lui pro­digue une ca­resse sur la tête et s’en va. Di­rec­tion les cou­lisses. Et la pré­si­den­tielle. Son équipe l’a dit, si­tôt les résultats connus : « Main­te­nant, c’est cap sur 2017. A fond. »

« A mi­di, elle m’a dit : “Tu ver­ras, si on perd, on a la dé­faite as­sez co­ol” »

@Pau­li­ne_Th

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