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Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - PIERRE ROE­DER

« Si le FN passe, je vais m’en prendre plein la gueule ! » Cette phrase, Jean-Pierre Masseret, pré­sident so­cia­liste sor­tant du con­seil ré­gio­nal de Lor­raine, l’a pro­non­cée des di­zaines de fois entre les deux tours. « La pire se­maine de ma vie po­li­tique », re­con­nais­sait hier soir ce­lui qui s’est main­te­nu en­vers et contre tous. Dans le lo­cal de la fé­dé­ra­tion du PS de Mo­selle à Mai­zières-lès-Metz, le vi­sage de JeanPierre Masseret s’est dé­ten­du dès les pre­mières es­ti­ma­tions, qui don­naient Phi­lippe Ri­chert vain­queur avec près de 10 points d’avance sur le can­di­dat fron­tiste. « Il semble bien que Florian Philippot ne se­ra pas le pre­mier pré­sident de l’Acal », iro­nise ce­lui qui est un « traître » pour les uns, un « héros » pour les autres.

Un PS lo­cal en lam­beaux

A 71 ans, le sé­na­teur so­cia­liste souf­frait d’un dé­fi­cit de no­to­rié­té. Ce pro­blème est au­jourd’hui ré­glé. Au pre­mier tour, ses 16,1 % étaient un échec as­su­mé au mi­lieu d’une pe­tite poi­gnée d’ir­ré­duc­tibles militants. Au se­cond tour ses 15,5 % sont une vic­toire fil­mée par des di­zaines de ca­mé­ras. « Sur le plan dé­mo­cra­tique, je pense que mon choix était le bon », mar­tèle Jean-Pierre Masseret, qui as­sure ain­si une pré­sence so­cia­liste dans l’as­sem­blée de la grande ré­gion est. Pas­sé le soulagement, il ana­lyse le scru­tin : « Les 11 points sup­plé­men­taires de par­ti­ci­pa­tion » aux­quels il ne se sent pas étran­ger ; ses élec­teurs du pre­mier tour dont beau­coup se sont re­por­tés sur Ri­chert, ré­pon­dant à la consigne de la di­rec­tion du PS ; une gauche plus ra­di­cale qui s’est por­tée sur lui, sé­duite par sa ré­sis­tance. Hier soir, au­cun ca­cique d’un PS lo­cal en lam­beaux ne l’a re­joint.

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