So­phie Montel, la dé­faite en sou­riant

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Rans (Ju­ra) De notre en­voyée spé­ciale AVA DJAMSHIDI

LE BRU­SHING BLOND est im­pec­cable, mais le sou­rire un brin for­cé. Seuls les yeux un peu brillants de So­phie Montel tra­hissent sa dé­cep­tion, hier soir, dans la mai­rie de poche de Rans (Ju­ra), vil­lage de 500 âmes où la can­di­date du Front na­tio­nal vient re­con­naître sa dé­faite. A 46 ans, cette mi­li­tante le­pé­niste de la pre­mière heure fi­nit à la der­nière place (32,4 %) d’une tri­an­gu­laire qui s’est jouée de peu. Ar­ri­vée en tête du pre­mier tour, la dé­pu­tée eu­ro­péenne avait as­som­mé le cen­triste Fran­çois Sau­va­det et la so­cia­liste Ma­rie-Guite Du­fay. Une per­for­mance qu’elle n’est pas par­ve­nue à trans­for­mer au se­cond tour.

« Nous avons eu af­faire à une vé­ri­table cam­pagne de haine à l’en­contre du FN, avec un Pre­mier mi­nistre par­ti­cu­liè­re­ment hys­té­rique », lâche-t-elle, avant de boxer le « sys­tème UMPS », qui, pré­dit-elle, « va bien fi­nir par se fis­su­rer ». Le sur­saut de mo­bi­li­sa­tion, dans cette ré­gion où plus d’un élec­teur sur deux s’était abs­te­nu au pre­mier tour, a pe­sé. Hier, la par­ti­ci­pa­tion s’est en­vo­lée à 61,2 %. Un com­mer­çant d’un vil­lage voi­sin ré­sume avec ses mots : « Au pre­mier tour, on vote avec ses tripes. Au se­cond tour, avec son cer­veau. »

Une per­cée spec­ta­cu­laire

« Un jour, l’ex­trême droite va fi­nir par l’em­por­ter », s’in­quiète pour­tant So­phie, pim­pante qua­dra­gé­naire née dans cet écrin de ver­dure au coeur du Ju­ra. Plu­tôt cen­triste, elle s’agace de « l’in­tel­li­gence » des cam­pagnes me­nées par « le gang des blondes », Ma­rine Le Pen au Nord, sa nièce au Sud et leur dis­crète ver­sion cham­pêtre, So­phie Montel, qui pousse len­te­ment mais sû­re­ment, loin du re­gard des mé­dias. « Elles ont le sou­rire, el- les sont comme nous, sym­pas, et les gens achètent leurs idées ré­gres­sives », s’in­digne la mère de famille. « Au fil des scru­tins, au lieu d’en ti­rer les consé­quences, la ré­ponse de la droite et de la gauche est de leur bar­rer la route, peste-t-elle. Ils ne nous pro­posent rien à la place ! »

Il est vrai que la per­cée du FN sur ces terres est spec­ta­cu­laire, tri­plant qua­si­ment son score de 2010. Ce simple constat suf­fit à conso­ler celle qui s’y voyait dé­jà. « Le FN n’est plus un vote de contes­ta­tion mais réel­le­ment un vote d’an­crage », se targue So­phie Montel. Elle sou­pire, cer­taine que les len­de­mains fi­ni­ront par chan­ter : « Je suis une vieille com­bat­tante, ce n’est pas ce genre de soi­rée qui va mi­ni­mi­ser mon op­ti­misme na­tu­rel, ni ma confiance dans mon mou­ve­ment. 2017 nous ré­serve de grandes sur­prises ! »

@AvaD­jam­shi­di

(LP/Oli­vier Le­jeune.)

Rans (Ju­ra), hier soir. La can­di­date FN re­gar­dait vers l’ave­nir.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.