Rey­nié, la rude chute du no­vice

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Tou­louse (Haute-Ga­ronne) De notre en­voyée spé­ciale MAR­TINE CHE­VA­LET

MAIGRE CONSO­LA­TION : les co­lis­tiers de Do­mi­nique Rey­nié sa­vaient de­puis di­manche der­nier que la par­tie était per­due. Mal­gré 3 points re­ga­gnés en une se­maine (21,3 % hier contre 18,8 % au 1er tour, 33,9 % au FN et 44,8 % à la gauche), la greffe du can­di­dat LR is­su de la so­cié­té ci­vile a ra­té. Hier soir dans les sa­lons d’un hô­tel de Tou­louse, ce­lui qui avait dé­fié Ni­co­las Sar­ko­zy en dé­po­sant une autre liste que celle que vou­lait im­po­ser le pa­tron des Ré­pu­bli­cains n’avait au­cun re­gret. Ni ce­lui de s’être main­te­nu bien qu’ar­ri­vé troi­sième, ni d’avoir choi­si ses co­lis­tiers en­vers et contre tout. « J’ai tou­jours été contre le front ré­pu­bli­cain. Ni fu­sion, ni re­trait, c’était ma ligne, si­non ce soir il n’y au­rait plus de droite dans la ré­gion, le FN pre­nait la place et ne la ren­dait plus. »

Il rêve des lé­gis­la­tives

Quant aux foudres de Ni­co­las Sar­ko­zy qui pour­raient s’abattre sur lui, alors qu’il rêve des lé­gis­la­tives, « ce n’est pas mon su­jet », lâche-t-il. Crâne, mais se­coué, Rey­nié, qui n’était jus­qu’à pré­sent qu’un ana­lyste pro­fes­sion­nel de la vie po­li­tique, garde une cer­taine amer­tume de sa pre­mière cam­pagne. « Sur le ter­rain, les ren­contres avec les gens étaient ma­giques. Mais la tuyau­te­rie po­li­tique a

44,8 % été dé­plai­sante et désa­gréable », confie-t-il. Outre la co­lère de Sar­ko­zy, à la­quelle les militants LR ont été sen­sibles, Rey­nié a af­fron­té dans son propre camp « les coups bas », comme la ru­meur le di­sant in­éli­gible. « J’ai re­çu des coups de ceux qui dé­cou­ragent et exas­pèrent nos conci­toyens », confiait l’an­cien prof de Sciences-po hier soir, lais­sant aus­si écla­ter sa co­lère contre les mé­dias lo­caux ac­cu­sés de l’avoir dé­fa­vo­ri­sé. « Pour­tant, Do­mi­nique est un homme neuf, libre, pas for­ma­té par un par­ti. On a vrai­ment cru que les gens at­ten­daient ce­la », re­grette John­ny, l’un des co­lis­tiers.

Dé­çu mais dé­ter­mi­né à sié­ger ac­ti­ve­ment pen­dant six ans au con­seil ré­gio­nal de Mi­di-Py­ré­nées, Rey­nié s’in­ter­roge sur les résultats na­tio­naux. « Le FN ne gagne au­cune ré­gion. Est-ce une bonne ou une mau­vaise nou­velle, car ils ne se­ront pas confron­tés aux réa­li­tés de la ges­tion. Ils ar­ri­ve­ront en 2017 avec leur au­ra de seuls op­po­sants à l’UMPS, de ceux contre les­quels tout le monde s’était li­gué. » Et il pointe le pe­tit cal­cul du vice-pré­sident du FN, Louis Aliot, can­di­dat dans sa ré­gion. « Il s’était mis 5e et ne sié­ge­ra même pas. Il tourne le dos à ceux qui lui ont fait confiance pour re­trou­ver sa si­né­cure de dé­pu­té eu­ro­péen. »

(AFP/Jo­sé A. Torres.)

Onet-le-Châ­teau (Avey­ron), hier. Ar­ri­vé en troi­sième po­si­tion loin der­rière le PS et le FN, le po­li­to­logue Do­mi­nique Rey­nié ne nou­ris­sait au­cun re­gret.

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