Après 15 ans, quel est leur ave­nir ?

Le Parisien (Paris) - - SPORTS - Ni­co­las Bu­rand, coach des moins de 15 ans du Pa­ris-Le­val­lois É.M.

VERS 2020, cer­tains ani­me­ront le der­by Nan­terre - Le­val­lois en Pro A. Un ou deux vei­nards condui­ront peut-être l’équipe de France olym­pique en 2024 à Pa­ris ou ailleurs. Dans un der­by Nan­terre - Pa­ris-Le­val­lois des moins de 15 ans na­tio­naux, on croise nor­ma­le­ment les meilleurs joueurs de leur gé­né­ra­tion. Comme les Fran­ci­liens Par­ker, Four­nier ou Diaw avant eux. « La NBA leur donne plein d’étoiles dans les yeux. Tous veulent faire car­rière et ont en­vie d’être pros : c’est leur rêve, ils n’ar­rêtent pas d’en par­ler », ré­vèle Ni­co­las Bu­rand, le coach des moins de 15 du PL.

En at­ten­dant la gloire que sta­tis­ti­que­ment peu tou­che­ront au fi­nal, les ap­pren­tis cham­pions se sont dé­fiés comme des grands hier. C’est Nan­terre qui a rem­por­té le der­by (79-69) moins élec­trique qu’en Pro A. « Les ga­mins se connaissent, se croisent en sélections. Leur seul dé­fi est de battre leur pote d’en face », constate Mi­chaël Alard, le coach de Nan­terre.

Sauf pour l’or­gueil, le score est presque anec­do­tique. Les deux voi­sins étaient dé­jà qua­li­fiés pour les poules « hautes » du Cham­pion­nat de France. « C’est une an­née im­por­tante pour nos ga­mins, con­ti- nue Alard. A la fin, la ma­jo­ri­té in­té­gre­ra un centre de for­ma­tion, le nôtre s’ils le sou­haitent. » Tous n’au­ront pas cette chance : sur un groupe de seize, cinq ou six res­te­ront sur le bord de la route. Les autres en­tre­ront dans un cur­sus long et dif­fi­cile qui pour­rait pas­ser par l’In­sep. « Tous savent qu’on peut être un su­per joueur à 15 ans et plus grand­chose quelques an­nées plus tard, pré­cise Bu­rand du PL. Il faut donc les gé­rer. Cer­tains veulent briller pour se faire re­mar­quer. Ils en ou­blient les consignes col­lec­tives… » Dans les deux camps, qui ali­mentent ma­jo­ri­tai­re­ment le pôle Ile-de- France de Châ­te­nay-Ma­la­bry, quelques pé­pites ont dé­jà été re­pé­rées par la Fé­dé­ra­tion. Au contraire des grands clubs étran­gers où même de la NBA. Un pa­lais des sports de basket n’est pas un ter­rain de football : au­cun re­cru­teur, même d’un puis­sant club d’Eu­ro­ligue, n’y vient faire ses em­plettes. C’était le cas hier. « A quoi bon ? Nos gar­çons n’ont pas en­core en­vie d’al­ler voir ailleurs, ex­plique en­core Mi­chaël Alard. S’ils le font, c’est pour al­ler dans un club équi­valent du nôtre. Ça ne pré­sente pas beau­coup d’in­té­rêt, ni pour Pa­ris, ni pour nous. » C’est une fois en centre de for­ma­tion, où les dia­mants bruts se taillent une ré­pu­ta­tion, que les pro­po­si­tions com­mencent à tom­ber. A 15 ans, c’est en­core trop tôt.

« On peut être un su­per joueur à 15 ans et plus grand-chose quelques

an­nées plus tard »

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