Le fa­bu­leux des­tin d’Her­vé

Le Parisien (Paris) - - TÉLÉVISION ET MÉDIAS - EM­MA­NUEL MAROLLE HU­BERT LIZÉ

cu­men­taire de Yo­han Kha­tir. 55 mi­nutes FRANCE 3, 23 H 55. Pour beau­coup, Her­vé Vilard, c’est un tube : « Ca­pri, c’est fi­ni », ro­mance à l’eau de rose de 1966. Mais c’est un Her­vé Vilard moins connu qui se confie dans cet ex­cellent do­cu­men­taire : l’en­fant pas­sé par de mul­tiples fa­milles d’ac­cueil, le Ga­vroche de Pi­galle, qui dor­mait dans la rue et était pro­té­gé par les pros­ti­tués du quar­tier, l’ado­les­cent qui fait la connais­sance de Da­niel Cordier. L’an­cien se­cré­taire de Jean Mou­lin, de­ve­nu ga­le­riste, le prend sous son aile, lui paie des cours de chant, lui trouve une place chez un pres­ti­gieux dis­quaire. Le pe­tit Her­vé va alors conseiller des 33 tours à la Cal­las, à Miles Da­vis, va de­ve­nir l’ami de Mar­gue­rite Du­ras. C’est aus­si le pre­mier chan­teur à as­su­mer pu­bli­que­ment son ho­mo­sexua­li­té, en 1967, dans une France conser­va­trice. A tra­vers son ré­cit tou­chant et pas­sion­nant, c’est une par­tie de la culture du XXe siècle qui dé­file, celle d’un ar­tiste à la fois éru­dit et po­pu­laire. GUL­LI, 20 H 45. Sous la Ré­vo­lu­tion, le sym­pa­thique Ca­det Rous­selle (Fran­çois Périer), ro­tu­rier sans for­tune mais ma­lin et ha­bile avec les dames, vit trois aven­tures amou­reuses sous les yeux com­plices de son ca­ma­rade Jé­rôme Ba­guin­det (Bour­vil). L’une avec Isa­belle, au grand dam du père de la jeune fille, une autre avec Vio­let­ta, une bo­hé­mienne qui lui fait ris­quer la pri­son. Heu­reu­se­ment, la troi­sième, Mar­gue­rite, ir­ré­sis­tible in­di­ca­trice, le sauve des geôles ré­vo­lu­tion­naires. Obli­gé de s’en­ga­ger dans l’ar­mée de l’em­pe­reur, Ca­det de­vient quelques an­nées plus tard gé­né­ral d’em­pire, et va tra­ver­ser les cam­pagnes na­po­léo­niennes en évi­tant les coups de mous­que­ton pour fi­na­le­ment choi­sir Vio­let­ta comme com­pagne dé­fi­ni­tive… Cette co­mé­die de cape et d’épée comme on en fai­sait dans les an­nées 1950 se dis­tingue par son hu­mour bon en­fant et fran­chouillard. Bour­vil n’est pas en­core une star mais sa po­pu­la­ri­té est dé­jà gran­dis­sante.

(Pris­me­dia.)

A 69 ans, l’in­ter­prète de « Ca­pri, c’est fi­ni » re­vient sur une car­rière hors du com­mun.

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