Notre jour­nal cé­lèbre ses étoiles

Mu­sique, té­lé­vi­sion, ra­dio, hu­mour, spec­tacle, édi­tion, théâtre, ci­né­ma, ex­pos… nos coups de coeur de l’an­née 2015.

Le Parisien (Paris) - - FRONT PAGE - YVES JAEGLE

CE N’ÉTAIT PAS UNE SOI­RÉE comme les autres. Les lettres du « Pa­ri­sien » cli­gnotent sur la scène du Ca­ba­ret Sau­vage, hier soir, au parc de la Villette (Pa­ris XIXe). Comme si nous étions un peu ac­teurs. Ac­teurs de nos coups de coeur, pour cette troi­sième cé­ré­mo­nie des Etoiles. Ça sen­tait dé­jà Noël, avec dix jours d’avance. C’était bon de re­faire la fête, d’of­frir des pré­sents et de ré­pondre pré­sent, pour notre famille rê­vée, ou­verte, du spec­tacle, de la mu­sique, du ci­né­ma, de l’édi­tion, de la ra­dio et de la té­lé­vi­sion, parce que, pour nous, la culture n’est pas d’en haut ou d’en bas, elle ne se di­vise pas. A prendre ou à lais­ser. Le sens le plus pro­fond qui peut naître du di­ver­tis­se­ment le plus pur.

Comme elles son­naient fort, au bout d’un au­tomne si éprou­vant, ces pa­roles de « Ré­siste » de France Gall, Etoile de la meilleure co­mé­die mu­si- cale : « Cherche ton bon­heur par­tout, va, re­fuse ce monde égoïste. » Ça n’a pas de prix.

Des coups au coeur

Ni­co­las Can­te­loup, per­son­na­li­té ra­dio de l’an­née, tout en confiant que « le Pa­ri­sien, c’est mon jour­nal », nous a un peu cham­brés, c’est son mé­tier : « Ça sent la soi­rée réus­sie. Vous n’in­vi­tez que des ga­gnants et leur en­tou­rage. Aux Cé­sars et aux Mo­lières, les trois quarts de la salle font la gueule. » Nous, c’était du gâ­teau, du quatre-quarts avec Faa­da Fred­dy, voyageur sans fron­tières du rap au gos­pel, prix du meilleur al­bum in­ter­na­tio­nal, Sé­né­ga­lais de­ve­nu « Pa­ri­sien », in­vi­tant tout le monde sur la piste pour dan­ser après avoir lan­cé : « Pa­ris a été à ge­noux, mais Pa­ris peut être aus­si la ca­pi­tale de l’amour. »

Nos coups de coeur sont des coups « au » coeur, au plexus. Ça touche aux tripes. Des oeuvres si fortes qu’elles font mal. Comme « la Loi du mar­ché », sur la vio­lence so­ciale su­bie par un vi­gile au su­per­mar­ché, su­per­be­ment in­ter­pré­té par Vincent Lin­don. L’ac­teur vou­lait lais­ser à son réa­li­sa­teur Sté­phane Bri­zé toute la lu­mière, mais ses quelques mots, « Ça me donne en­vie de conti­nuer », étaient char­gés comme tou­jours d’une épais­seur hu­maine unique.

Le monde est comme ça, joyeux et sombre. Va­lé­rie Le­mer­cier avait tout ré­su­mé en re­ce­vant son prix : « Je ne vais pas en­com­brer la soi­rée plus long­temps. Je vais al­ler chan­ter Ima­gine place de la Ré­pu­blique ». Une blague sur Ma­don­na, mais tout nous ra­me­nait à ça. Yael Naim avait lan­cé la soi­rée en chan­tant son amour de Pa­ris, en fran­çais et en hé­breu. Louise At­taque, pour son pre­mier concert sur scène de­puis près de dix ans, an­non­çait un nou­veau dé­but, et tout le monde s’est le­vé. A l’abor­dage du spec­tacle de la vie, dans un Ca­ba­ret sau­va­ge­ment heu­reux. Une fête ca­pi­tale.

Ni­co­las Can­te­loup. Mi­chel Cymes. Faa­da Fred­dy. Lucie, Eli­sa et Ju­liette, les L.E.J. Léa De­leau dans «Ré­siste».

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Pa­ris (XIXe), hier soir. Ar­naud Sa­muel, Gaë­tan Rous­sel et Ro­bin Feix du groupe Louise At­taque.

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