Et si la gauche et la droite se ten­daient la main…

Le Parisien (Paris) - - LE FAIT DU JOUR - Pro­po­si­tion de Jean-Pierre Raf­fa­rin à la gauche

IL A AP­PE­LÉ DI­MANCHE soir tous les vain­queurs des ré­gio­nales — « sans dis­tinc­tion d’éti­quette », pré­cise-t-il — pour les fé­li­ci­ter. « Les Fran­çais veulent que nous tra­vail­lions en­semble, que l’in­té­rêt gé­né­ral soit pré­do­mi­nant », a ex­pli­qué Ma­nuel Valls hier au 20 Heures de France 2.

Plus que ja­mais, le Pre­mier mi­nistre tient à faire en­tendre sa dif­fé­rence. Sans craindre de se dé­mar­quer, no­tam­ment du pa­tron du PS, qui prône une « alliance po­pu­laire » rap­pe­lant la dé­funte gauche plu­rielle de Lio­nel Jos­pin.

« Contrai­re­ment à Jean-Ch­ris­tophe Cam­ba­dé­lis qui avait seule­ment ap­pe­lé à faire bar­rage contre le FN avant le se­cond tour des ré­gio­nales dans les trois ré­gions concer­nées, Valls avait de­man­dé ex­pli­ci­te­ment de vo­ter pour Es­tro­si, Ber­trand et Ri­chert au nom du front ré­pu­bli­cain, pré­fi­gu­rant pour lui une alliance plus large », re­lève le dé­pu­té PS fron­deur, Laurent Bau­mel. Et tant pis si beau­coup, au PS, grincent des dents…

Les évé­ne­ments tra­ver­sés par la France ces der­niers mois — at­taques ter­ro­ristes, mon­tée du Front na­tio­nal — n’ont fait que confor­ter l’an­cien maire d’Evry dans sa vo­lon­té de cham­bou­ler le jeu po­li­tique. A l’image du « big bang » lan­cé (sans suc­cès) en fé­vrier 1993 par son men­tor Mi­chel Ro­card, Valls dé­non­çait dès fin 2014 sur le site de « l’Obs » une « gauche pas­séiste han­tée par le sur­moi mar­xiste ». Et de dé­fendre son sou­hait d’une « mai­son com­mune » ras­sem­blant les ré­for­mistes du centre gauche et du centre droit. « Il pense qu’à plus long terme le PS est mort et qu’il faut in­ven­ter autre chose », ré­sume le ré­for­ma­teur Ch­ris­tophe Ca­resche.

Des ap­pels qui sont loin de res­ter sans écho à droite. Hier, au len­de­main d’un week-end élec­to­ral char­gé en adrénaline, Jean-Pierre Raf­fa­rin (les Ré­pu­bli­cains) a in­vi­té sa famille po­li­tique à une pe­tite ré­vo­lu­tion. « Je pense que nous de­vons tra­vailler avec le gou­ver­ne­ment car le Front na­tio­nal est un ad­ver­saire com­mun […]. On n’a pas à gou­ver­ner en­semble, sim­ple­ment on peut tra­vailler en­semble », a dé­cla­ré l’an­cien Pre­mier mi­nistre de Jacques Chi­rac sur BFMTV. Au même mo­ment, Na­tha­lie Kos­cius­ko-Mo­ri­zet ren­trait en conflit ou­vert avec Ni­co­las Sar­ko­zy pour avoir cri­ti­qué sa stra­té­gie du ni-ni. « Le FN est l’en­ne­mi de la na­tion, des va­leurs ré­pu­bli­caines. Or, dé- fendre les va­leurs ré­pu­bli­caines, c’est l’es­sen­tiel du com­bat », es­time l’an­cienne mi­nistre.

Ma­nuel Valls en­tre­tient aus­si des re­la­tions étroites avec de jeunes par­le­men­taires de droite, plu­tôt proches d’Alain Jup­pé et de Xa­vier Ber­trand. « On s’en­tend bien, c’est fa­cile de dis­cu­ter entre nous », té­moigne l’un d’eux. Les mêmes confient avoir res­sen­ti un cer­tain trouble en écou­tant le dis­cours de po­li­tique gé­né­rale pro­non­cé, à son ar­ri­vée à Ma­ti­gnon, par Ma­nuel Valls : « On était beau­coup à pen­ser qu’on avait de­vant nous un Pre­mier mi­nistre is­su de nos rangs. » Le cou­rant passe si bien qu’un jour Valls leur au­rait confié : « Un jour on se­ra dans le même groupe. »

« On peut tra­vailler

en­semble »

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